VARIÉTÉ SOMBRE DE BELGIQUE ???? INTERVIEW AVEC MOYEN

La Belgique, cette terre quasi-inconnue du céfran qui n'y voit que frites à la graisse et Jaunit A l'idée. Annie Cordy's not dead. Belgique, terre de déconne et d'autodérision (poil au ...) qui a bien plus a nous apporter en matière d'humilité et de bande dessinée. La musique belge est souvent unique, spéciale, folle, drôle. MOYEN, c'est son nom, fait de la Variété sombre de Belgique. Ne me demandez pas ce que c'est lui-même n'en sait rien. Toujours est-il que cette interview foutraque, comme l'oeuvre de MOYEN, me rappelle si besoin pourquoi j'aime autant la Belgique et si peu les Tripes à la mode de Caen. Vous allez apprendre beaucoup ou rien en lisant les lignes suivantes, mais de toutes façons Che Guevara s'en fout. 
LE SCROBE DU RICK



Bonjour Moyen, digne représentant de la « Variété sombre de Belgique ». Peux-tu te présenter et dire aux lecteurs d'où tu viens géographiquement et musicalement ?

Géographiquement : d'une ville qui pue la merde.
Musicalement : de chansons traditionnelles que j'écoutais, enfant, dans un village montagnard italien qui schlingue le purin.


MOYEN VARIETE SOMBRE DE BELGIQUE

Musicalement tu navigues entre de nombreux courants comme le Black Metal, la chanson, l’expérimental surtout, la musique électronique. Comment se fait le choix ?

La musique importe peu. Ce que j'aime c'est une belle pochette.

Tu joues avec des groupes de Metal et d'autres genres sur tes disques. Comment se passent les rencontres ? Comment naît le projet ?

J'impatronise ma volonté de collaboration à chaque musicien que je rencontre. Ça marche pas toujours.


MOYEN PLAINTES 2019

Tu me fais penser dans ta démarche à l'un de nos artistes performeurs français préféré, Jean-Louis Costes. Est ce une influence que tu revendiques ?

Oui et non.

Comme lui tu as sorti un nombre invraisemblable de disques. T'y retrouves tu ?

Non. Y en a même dont j'ai honte. Heureusement que je les ai oubliés et que je suis pas obligé de les écouter à nouveau pour les sortir ou les jouer bêtement en concert vu que je refuse d'en faire.

Pour toi, le concept et la performance artistique sont-ils prioritaires sur la musique ou non ?

Les concerts m'emmerdent. Alors les concepts et autres ''performances'' n'en parlons même pas.

Si tu devais décrire ton travail à quelqu'un qui ne te connais pas, que lui dirais tu ?

Qu'il aimera minimum 4 chansons sur les 700 existantes

Si tu devais lister tes 20 artistes préférés ?

Mayhem Miller, Tony Ferguson, Stipe Miocic, Nick Diaz, Derrick Lewis, Israel Adesanya, Rose Namajunas, Karolina Kowalkiewicz, Al Iaquinta, Gegard Mousasi, Jason Knight, Elizeu Zaleski Dos Santos, Michael Bisping, Fedor Emilianenko, Travis Fulton, Rampage Jackson, John Gunther, Donald Cerrone, Lenny McLean et Cat Zingano.

Si Moyen était un proverbe ou une citation ?

« Aujourd'hui, je vis avec moi-même. Je me vois toujours à côté de moi, donc je suis toujours à deux, avec l'un qui se moque de l'autre. Qui est lucide. » (Karl Lagerfeld)




MOYEN PAS MAL VARIETE SOMBRE DE BELGIQUE

Y'a t'il un message derrière ton travail ?

Non.


MOYEN VARIETE SOMBRE DE BELGIQUE



Un album préféré dans ta pléthorique discographie ?

Aucun.

La Belgique a souvent produit des artistes « hors normes ». Comment l'expliques tu ?

Aucune idée.

Espace vierge : dis ce que tu veux !
Voilà.

Merci Moyen !

Merci à toi, Scribe. J'espère que mes réponses ne sont pas trop brèves (au pire on mettra plein de photos de ma gueule). Ça fait quatre jours que j'ai la crève et que je suis nerveux pour des raisons insignifiantes. Tout le monde se foutrait de ma gueule si je les rapportais ici dedans bien qu'habituellement ça m'amuse de passer pour un handic. Là je sais pas, le temps est pourri, dehors c'est que de la merde, tout le monde est de la merde, y a rien qui va... je vois des chats perdus ça me brise davantage le cœur que n'importe quel drame humain...
J'aime être au lit. J'essaie d'apprécier mon plafond. Je suis absolument épuisé car j’ai sorti douze disques l’année passée et il m’en reste six à finir avant de jeter l’éponge, enfin.
Si y avait pas mon job à côté je serais tranquille à l’heure qu’il est.
Je suis en train de finaliser deux publications papier. La première rassemble toutes mes pantalonnades dans le plus gros réseau social actuel. La deuxième est plus personnelle, c’est des espèces de mémoires de moitié de vie, assez prétentieuses.
Pour tes lecteurs j'offre en exclusivité sept extraits de cet opus.
(Je n’ai pas encore trouvé de maison d’édition par contre. Pierre, je sais que tu as publié ta biographie de GG Allin chez Camion Blanc. Je trouve cet éditeur limite niveau traduction et mise en page mais j’écris en français et je peux (j'exige) être présent lors de la confection. S’ils acceptent de me sortir sur papier bible je suis partant).

[...] ça faisait deux semaines déjà ici à 500 km d'altitude, entre la maison de ma nonna et le bar (10 mètres). Un beau soir, enfin un peu d'action : Vincenzo, avec qui je n'ai jamais vraiment communiqué excepté complètement ivre, se met à menacer un groupe de huit gars du village voisin. Le ton monte, le bar a fermé, on est que deux mais ce fou renchérit. Par je ne sais quel magie de médiation dont j'ai le secret, les gars s'en vont non sans demeurer patibulaires et prometteurs de représailles. On se retrouve dans la maison du grand-père. Y a personne. Il me montre toute sa collection d'armes à feu puis se munit d'un fusil et me le pointe entre les deux yeux. Je prends ça à la rigolade et dégage le canon de ma face. C'est fou comme on se fait chier dans ce village... Je me suis longuement promené dans le cimetière durant les trois derniers jours qu'il me restait sur place. Ça allait être la dernière fois avant longtemps les vacances ici. Je réalise que ma vie est pas trop mal à Bruxelles. Le lendemain, énorme gueule de bois, j'appelle la fille que [...]

[...] avec ce qui a été convenu. Le nouvel album est écrit, j'ai quinze textes. Au lieu de me mettre à apprendre à jouer de la musique ou à maîtriser Garage Band, je passe deux heures à envoyer des emails enthousiasmés à une dizaine de musiciens dont j'aime et respecte le travail afin qu'ils m'offrent des instrus. Puis je regrette. Les mecs ont sûrement autre chose à foutre et surtout : ils ont leurs groupes à eux. Je passe pour un fan et un mendiant, tout ça pour ma connerie de projet musical... Comme si j'avais quelque chose à prouver alors que j'en ai rien à branler ! Je me râle dessus durant 1/4 d'heure avant de réaliser que je suis Moyen et qu'il peut tout se permettre. J'ouvre une bouteille de Pentro di Isernia [...]

[...] J'envoie le texte suivant à un groupe de discussion LGBT+azertyheiguhegzp :

Je suis contre le sexisme car qu'on soit homme ou femme on est la même merde de chair humaine. C'est là qu'on peut parler d'égalité. L'image de la femme (sa virginité, sa puterie et sa réalité) en fera toujours quelque chose de fragile que l'homme (chose lui aussi) se doit de protéger. ''Les femmes et les enfants d'abord'', j'ai l'impression qu'on a oublié.
Je suis contre l'homophobie. Il y a énormément d'artistes PD que j'admire et qui sont des héros pour moi. Je cite ici un excellent collègue homo à mon travail (c'est un des meilleurs de l'équipe, quand je lui confie une tâche - il est sous mes ordres - il s'applique et l'accomplit avec brio sans jamais faire une seule erreur) : ''Qu'on commence d'abord par engager des gens compétents au lieu de faire la promotion de l'inclusion à tout va''.
Bien qu'hétérosexuel, je pourrais me qualifier de bisexuel dans le sens où j'aime pratiquer la sodomie sur une femme ou encore dans le sens où quand l'homme fait l'amour à la femme, il se fait plaisir. Il fait plaisir à un homme qui n'est autre que lui-même. Ou aussi, comme certains disent : ''quand on peut lécher une chatte on peut lécher n'importe quoi'' (Bien que je m'en tienne à la chatte). Sans oublier tous ces rêves étranges avec des mecs dedans... ça n'arrive pas qu'aux gonzesses !
J'apprécie la camaraderie virile et le sport torse nu avec mes semblables masculins, chose inconcevable avec des femmes.
Voilà comment je caractérise et délimite ma bisexualité.
On a tous un côté masculin et féminin. Adolescent, je m'amusais à faire semblant d'être pédé (à la manière du grand Michel Serrault dans la Cage aux folles) car ça faisait rire les copains. D'autant que j'étais quelqu'un d'assez minaudier possédant un charme naturel plaisant tant aux meufs qu'aux mecs. Aujourd'hui, je fais moins de mon show excepté quand j'enregistre une chanson ou quand je fais un clip. Tout le monde s'offusque pour un rien de nos jours ! Le victimisme et le lobbying de votre mouvement idéologique est inacceptable. Analogie : On ne parle pas de Black-metal à des enfants. Laissez-les découvrir ça eux-mêmes. Les trve garderont ça souterrain, comme toute contre-culture qui se respecte. Les gays que je connais veulent vivre tranquille sans qu'on s'occupe de leur cul. La faute à Internet aussi...
De plus, en mai 1998, j'ai été très content que le transsexuel Diva machin ait gagné l'Eurovision en Israël pour la seule et unique raison que ça allait déplaire aux orthodoxes intégristes. Cela fait-il de moi un antisémite pro-LGBT ?

Je me fais bannir après 10 minutes sans avoir eu le temps de faire la capture d'écran. Bande de fachos [...]

[...] ...par à-coups durant la matinée. C'est la cuite d'hier. C'est ce qui arrive à mon corps quand j'ingurgite plus d'un litre d'alcool fort. Bien fait pour moi. Impossible de surmonter la tristesse d'avoir fait souffrir volontairement ou involontairement des gens que j'aimais et que je ne revois plus. Ceci m'arrive en moyenne une fois par an, toujours en octobre / novembre, allez savoir pourquoi. Je suis pourtant arrivé à être moins émotif ces dernières années, sûrement grâce à la certitude consolatrice de la mort et la possibilité d'en finir à tout moment [...]

[...] Voilà deux heures que je parle à cette jolie fille, amie d'une copine, accompagnée d'un roumain qui ne tient pas l'alcool. On fait pas attention à lui. On est bourrés aussi, j'ai l'impression que c'est goal. On rentre à pied à travers la ville. Le mec est casse-couilles, à cause de lui y a eu un mini esclandre dans le bar où on était. Je suis toujours en train de draguer la meuf mais l'autre est insupportable. Je lui fous une claque et deux pêches. Il se défend misérablement. On s'empoigne devant ma future ex qui nous somme d'arrêter. Pile à ce moment-là déboule une voiture de flics nous apostrophant et nous menaçant de cellule de dégrisement. Toujours colleté au roumain je leur répond, énervé : ''C'est mon pote, c'est de la camaraderie virile, messieurs !''. La fille arrive à convaincre les poulets. Ils se barrent et on s'assied à trois dans un hall d'immeuble. Je suis à côté d'elle, le roumain est en face. On se regarde en chiens de faïence. Toutes mes heures de séduction sont tombées à l'eau. J'ai un léger rhume et renifle une shnot. Puis derechef. Personne a de mouchoirs. À ce moment-là me vient une lumineuse idée Georgescostanzienne / Larrydavidesque qui - sait on jamais - rattraperait le coup auprès de la gonzesse : je fais semblant de pleurnicher à l'aide de mon rhume afin qu'elle croie que je suis quelqu'un de sensible et de non-violent. Inutile de dire que ce stratagème n'a pas fonctionné du tout. Par après, elle a été raconter à tout le monde que [...]

[...] avec Sehie on discute d'organiser un Trve Francofolies à Bruxelles avec ces groupes miraculeux que sont Cobra, Costes, Peste Noire, Diapsiquir et Moyen. L'affiche de rêve ! Surtout que tous ces groupes ne jouent quasi-jamais. Sans parler de moi : aucune expérience. À savoir que je peux remplir 1/5 du M4 et qu'il sera sold-out d'office, ça ferait des bonus pour tout le monde. On abandonne peu à peu l'idée mais elle demeure... un jour, qui sait... [...]

[...] il ne comprend pas pourquoi, artistiquement, j'aime créer à partir de la nullité et de la spontanéité. Je lui explique que c'est une base de travail, tel une sorte de virginité qui déboucherait sur de l'excellence et que j'en ai rien à foutre de me taper la honte ou de passer pour un con. J'ai pas la prétention d'être autre chose que ce que je suis en partie, qu'y a même du charlatanisme là-derrière, c'est dans mes gènes (dans la famille y a toujours eu plein de filous et d'escrocs). Mon plus grand plaisir est d'à nouveau faire de la merde juste après un chef-d'œuvre, comme chier après avoir préparé soi-même un plat succulent [...]



PS du Scribe : si vous trouvez ça moyen je vous hais...