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Sélection

PSYKUP en interview ! La Puissance du Karma ! - Autruche Core - Le Scribe Du Rock - 2021 - Agence Singularités

  "The crisis of today is the joke of tomorrow ". Une citation d’H.G. Wells que j’ai utilisée dans le texte de Crisis Of Today sur l’album précédent et qui m’a beaucoup aidé à relativiser en temps de crise" Bonjour Psykup et merci de me faire l'honneur de répondre à mes modestes questions ! Vous sortez votre nouvel album (le cinquième) Hello Karma dans les prochaines semaines (le 5 février)...J'ai eu la chance de l'écouter et je dois dire que ce qui m'a frappé, par rapport au précédent ( ctrl+alt+fuck ) c'est à la fois une continuité et de grosses différences...première chose : vous m'apparaissez comme beaucoup plus énervés sur cet album avec de nombreux passages de metal extrême (death, grind, core) et une tendance générale plus sombre... Ça vous paraît correct ? Si oui, qu'est-ce qui vous a rendus plus colériques et plus sombres ?  Bonjour et merci à toi de nous donner la parole ! Oui, c’est un fait, le nouvel album est plus violent et un p

NEW REVIEW - FR + ENGLISH - LE SCRIBE DU ROCK - NAPALM DEATH - THROES OF JOY IN THE JAWS OF DEFEATISM - 2020 - CENTURY MEDIA RECORDS - COLD WAVE GRINDCORE

 NAPALM DEATH


Comment, quand on va souffler ses quarante bougies dans un an, que l'on a toujours navigué dans les eaux fangeuses et extrêmes du grindcore, mâtiné de death metal ou d'un tas d'autres choses, que l'on sort son quinzième album (plus des kilos d'Eps et de splits), rester pertinent, frais, et apporter une touche innovante a sa musique ? Vous avez deux heures ! Mais un indice : on parle bien sûr de Napalm Death.

Nous n'allons pas remonter le temps jusqu'aux premiers soupirs de la mort au napalm en 1981, mais simplement situer sur une carte imaginaire un point important : en 2015, les gars de Birmingham, UK, donnaient un bel album au monde, plein de leur fureur habituelle mais rendu palpitant par des ajouts post-punk et industriels qui ont toujours plus ou moins trotté dans la tête des anglais, ressortant ça et là. Cet album se nomme Apex Predator - Easy Meat, et, déjà, on est esbaudis par la capacité du groupe a distiller quelque chose de nouveau au sein de ce grindcore qu'ils ont créé : ils inventent ni plus ni moins qu'une forme de grind/death auquel on pourrait ajouter les sous-genres post-punk et cold wave, voire industriel. Un grind brulant et glacial a la fois que l'on retrouve ici encore dans ce Throes Of Joy In The Jaws Of Defeatism (Des larmes de joie dans les mâchoires du défaitisme, quel titre !). Ici, les anglais continuent la route entamée sur Apex Predator, en poussant les curseurs encore un peu plus loin.

Napalm Death

De ce quatuor en passe de virer trio (Mitch Harris, à la six-cordes, devenant ici un "simple exécutant" des œuvres riffesques de Sir Shane Embury) voici venir la bande son de nos cauchemars. D'un "Contagion" au refrain cold digne d'un Jaz Coleman en plein délire mystique on passe a cet étrange objet batcave qu'est le trés noir "Joie de Ne Pas Vivre" (en français dans le texte). Mais que se rassurent ici les amateurs de bastonnade, le groupe sait encore grinder ! Les premiers titres de l'album, comme "Fuck The Factoids" ou le déjà connu "Backlash Just Because" démontrent, si besoin était, que les sulfateurs de napalm en ont encore sous le pied. On retrouve donc dès ces titres les riffs dissonants, dignes du Voïvod des débuts, avec cette ambiance sinistre d'un Killing Joke sous amphétamines, et l'on comprend que Napalm Death n'a pas rangé l'artillerie lourde, juste rajouté une bonne couche de noirceur dans leur venin. Rapidement on se dit que les géants du grind viennent de pondre une bande-son parfaite pour la période angoissante que nous traversons. C'est un peu comme si le coronavirus, les délires politiques des deux bords (même si l'on sait que le coeur de Napalm bat à gauche), la dérive autoritaire de nos "démocraties", l'absence de perspectives positives donnent toute force a ces larmes de joie dans les mâchoires du défaitisme. Non, Napalm Death n'a pas renoncé, que ce soit au niveau des idées mais aussi au niveau musical, a avancer, coûte que coûte, en se disant que la stagnation ou la répétition seraient la mort.  Et l'on réécoute en boucle ce "Bellyfull of Salt And Spleen", judicieusement placé en dernière position sur l'album, une chanson sublime, noire comme le charbon, comme une machinerie qui avancerait à la recherche de son âme perdue. 




Il faut être un groupe du niveau de Napalm Death (autant dire qu'il n'y en a pas des masses !) pour réussir le pari fou de se renouveler, une fois encore, de créer des sonorités à la fois belles et terrifiantes, pour réussir le pari fou d'un album à la fois combatif et positif, mais qui dégage aussi une inquiétude de tous les instants. Quelle merveille ! Il faut croire que rien ne les arrêtera, et nous en sommes bienheureux !

How, when you're going to blow out your forty candles in a year, when you've always sailed in the muddy and extreme waters of grindcore, mixed with death metal or a lot of other things, when you're going to release your fifteenth album (plus kilos of Eps and splits), how do you stay relevant, fresh, and bring an innovative touch to your music? You have two hours! But here's a hint: we're talking about Napalm Death, of course.

We're not going to go back in time to the first sighs of napalm death in 1981, but simply to situate on an imaginary map an important point: in 2015, the guys from Birmingham, UK, were giving the world a beautiful album, full of their usual fury but made thrilling by post-punk and industrial additions that have always more or less trotted in the head of the English, coming out here and there. This album is called Apex Predator - Easy Meat, and, already, we are amazed by the band's ability to distil something new within this grindcore they created: they invent nothing more and nothing less than a form of grind/death to which we could add the post-punk and cold wave, even industrial sub-genres. A burning and icy grind that we find here again in this Throes Of Joy In The Jaws Of Defeatism (Tears of joy in the jaws of defeatism, what a title!). Here, the English continue the road started on Apex Predator, pushing the sliders a little further.

Napalm Death

From this quartet on the verge of turning into a trio (Mitch Harris, at the six-string, becoming here a "simple performer" of Sir Shane Embury's riff-raff works) here comes the soundtrack of our nightmares. From a "Contagion" with a cold refrain worthy of a Jaz Coleman in full mystical delirium we move on to this strange batcave object that is the very black "Joie de Ne Pas Vivre" (in French in the text). But that reassures here the amateurs of beating, the group still knows how to grind! The first tracks of the album, such as "Fuck The Factoids" or the already known "Backlash Just Because" show, if need be, that napalm sulphate still has some underfoot. One thus finds as of these titles the dissonant riffs, worthy of the Voivod of the beginnings, with this sinister atmosphere of a Killing Joke under amphetamines, and one understands that Napalm Death did not put away the heavy artillery, just added a good layer of darkness in their venom. Quickly we say to ourselves that the giants of the grind have just laid a perfect soundtrack for the agonizing period we are going through. It is a little as if the coronavirus, the political deliriums of both sides (even if we know that the heart of Napalm beats on the left), the authoritarian drift of our "democracies", the absence of positive perspectives give all force to these tears of joy in the jaws of defeatism. No, Napalm Death has not given up, whether it be on the level of ideas but also on the level of music, has not given up moving forward, whatever the cost, thinking that stagnation or repetition would be death.  And we listen again and again to this "Bellyfull of Salt And Spleen", judiciously placed in last position on the album, a sublime song, black as coal, like a machine that would advance in search of its lost soul. 


One must be a band at the level of Napalm Death (so much so that there aren't masses of them!) to succeed in the crazy bet of renewing itself, once again, to create sounds that are both beautiful and terrifying, to succeed in the crazy bet of an album that is both combative and positive, but which also exudes an ever-present anxiety. What a marvel! It is necessary to believe that nothing will stop them, and we are happy about it!









Century Media



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