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Sélection

Les Crocs Du Scribe Special Maltkross Label Volume IV - French + English Text - Indus/Noise/Black Metal underground - Le Scribe Du Rock

Ce n'est pas nouveau pour moi que de chroniquer les sorties du label Maltkross puisqu'il s'agit déjà du 4ème Crocs Du Scribe que je réserve au label sans compter les chroniques indépendantes et les interviews de ses groupes. Voici deux ans que je collabore avec le label de Clovis avec grand plaisir. Ce qui est nouveau pour moi dans cet article ce n'est pas le fait d'évoquer de nouvelles compilations du label, mais que je sois présent en tant qu'artiste (Punkosaur) sur le volume 6, réservé aux groupes affiliés à l'industriel, à la Noise et à la musique rituelle. Me retrouver sur la même galette que Melek-Tha ou Drowning Hope, entre autres, est pour moi un grand honneur. Voici donc deux compilations gorgées de groupes 100 % underground et sans compromis. La numéro 5 est quant à elle réservée aux groupes de black metal les plus old school du label. Encore merci Clovis pour ces piqûres de rappel qui nous permettent de ne pas oublier que sous la surface de la ter

LES CROCS DU SCRIBE NUMÉRO 8 : SPECIAL LIVRES METAL BELZEBUBS/METAL STORY/VIOLENT INSTINCT

Chronique Belzebubs, chronique Metal Story, Chronique Saad Jones

Chères Scribeuses, chers Scribeurs. Nous voici déjà en Décembre et le macabre spectre de NoHell s'approche à grands pas ! Que faire ? Rester tapis dans l'ombre en attendant que ça passe où, comme le chantait le célèbre Thrasheur Tino Rossi, demander "tous les beaux joujoux que je vois en rêve" au petit papa Noël ? Ah ! Vaste sujet je sais...mais il est un moyen de ne pas choisir entre les deux options. En effet, même si, apparemment, les français lisent de moins en moins depuis vingt ans il n'en reste pas moins que le cadeau numéro un pour Noël reste...le livre ! Donc, pour pouvoir passer cette période tumultueuse et pleine de Kitsch (et de bouffe, et de bibine) sans avoir l'horrible sentiment de se renier, commandez des livres METAL au Papa Noël, ainsi, après la bûche, vous pourrez vous éclipser dans votre antre peinte en noire et bourrée de pentagrammes inversés pour dévorer les trois ouvrages que nous avons choisi de vous présenter...Nous ? Oui, car, pour la première fois, une des chroniques ne sera pas l'oeuvre de votre scribe mais de sa scribette Awa (le livre de Saad Jones)...Allez, bonnes lectures, et bonne déco du sapin 💀






CHOIX DE LIVRES METAL POUR NOEL 


JP AHONEN BELZEBUBS (Traduction française de Philippe Touboul, 2018 Editions Glénat)

128 pages
9,90 €

Le Style : Bande dessinée rigolote finlandaise sur une famille Black Metal

Enfer ! Damnation ! Sacrilège ! J'imagine aisément la tête de certains Black Métalleux quand ils ont  eu l'horreur d'apprendre qu'une bande dessinée COMIQUE était publiée sur le thème du Black Metal. My Gaahl ! (cf-la BD) Comment a t'on pu en arriver là après l'essorage du Blackgaze et du Post-Black Metal pour Hipsters !? Bon, j'imagine, hein, parce que ce n'est absolument pas cela que j'ai ressenti en lisant cet album signé du dessinateur finlandais JP Ahonen, déjà coupable d'autres forfaitures illustrées (Perkeros chez le concurrent Casterman). Un album qui, à la base, est la compilation des strips publiés façon web-série par Ahonen. 
Pour le pitch, ça va être simple , Belzebubs est un groupe de BM qui se trouve être d'abord une famille avec enfants inclus, tout le monde en corpse paint et pentagrammes, blasphèmes inclus. Le groupe galère à trouver un batteur et va tenter toute une série de combinaisons (fort drôles) pour y arriver. Les traits communs avec la famille Addams sont légions (mots d'amour ignobles au cœur du couple des parents, enfants jouant avec des monstres dégueulasses). Tout ce petit monde semble vivre une vie "normale" de pandas tristes plutôt insérés socialement (n'oublions pas que la Finlande, déjà pays du Père Noël, est aussi le pays du Metal, tant ce genre musical est écouté là bas, et présent régulièrement dans les charts). 
Belzenubs bande dessinée JP Ahonen éditions Glénat
On se marre du début à la fin tant chaque double planche se termine sur un gag efficace. Sans trop en dire, on peut citer ce passage où l'enfant de la famille trouve Jésus et se met à faire des cauchemars avec sa maman (sataniste, forcément) l'engueulant en lui rappelant de ne plus regarder la télé évangeliste. 

Belzebubs JP AHONEN éditions Glénat
Le dessin est vraiment bon, avec une fluidité de trait pas si éloignée que ça du Manga (influence de l'auteur) et d'une certaine bande dessinée belge version ligne claire. Un album qui a l'immense avantage de pouvoir plaire à tous, amateurs de Metal ou non, même si Ahonen distille tout du long des références pointues en la matière (c'est clairement un fan qui s'est fait plaisir, et c'est tant mieux), bref, un grand moment de bonne humeur en ces temps gris, et de décalage sur un genre où l'humour n'est pas toujours perçu d'une façon positive (même si les choses ont beaucoup changé depuis les années 90).
JP AHONEN auteur de la BD Belzebubs
L'auteur a eu aussi l'idée plutôt intéressante de développer son univers façon "crossmédia" en donnant vie au groupe Belzebubs le temps d'un clip animé très bien fait, où les Belzebubs partiquent un Black/Death pas très lointain de Behemoth (qui semble une des références de l'auteur). Bon, évidemment on ne nage pas vraiment dans l'underground, les Editions Glénat n'étant pas Satanic Witches 666 label (PS : si ça existe je m'en excuse par avance) mais on ne peut bouder son plaisir tant l'album est un moment jouissif de dérision et d'autodérision et que, ce n'est pas parce qu'on prend notre musique au sérieux qu'on ne peut pas en rire, et en profiter pour rire des manies des musiciens (bien retranscrites ici) et de nos propres manies à nous, fans de Metal ! Un album chaudement recommandé à coller au pied du sapin à un prix, en plus, plus qu'attractif ! 

Le clip des Belzebubs, Spinal Tap sort de ce corps(e paint) !

La note : un bon 8/10 (9 si les personnages avaient porté des Doc Martens ou des New Rock)

                                                                                   Pierre Avril
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ANDREW O'NEILL Metal Story (Traduction française de Philippe Touboul (Again !) 2018, Editions Hachette, collection Heroes)

305 Pages
19,95 €

Le Style : Histoire du Metal en rigolant

Bon, on reste dans l'underground absolu avec les Editions Hachette qui publient la version française du Metal Story du comique britannique Andrew O'Neil (et dire qu'à une époque il n'y avait que le Camion Blanc qui faisait du livre sur la musique en France, époque qui paraît lointaine). Ce jeune homme de 39 ans nous présente ici une version extended de son spectacle de Stand-Up, basé sur l'histoire du Metal avec un humour british dévastateur. L'objet dont il est question ici est donc la version française de son History of Heavy Metal, qui a connu un beau succès international à sa parution en 2017 recevant même les éloges d'un certain Alan Moore !

Andrew O'Neill Metal Story Editions Hachette 2018
"Le monde se divise en deux catégories : ceux qui aiment le Metal, et les cons". C'est par ce coup de boule direct que l'on entame le livre, et cela va poser le décor : Andrew O'Neill s'adresse aussi bien au fan de Metal qu'au "con" (dans le sens ignare en la matière) avec un livre ambitieux et drôlissime à la fois (pas simple !).
Alors que nous, français, avec notre plaisir masochiste de couper les cheveux en quatre, à s'autocensurer derrière une série de règles prescrites par un grand inconnu et à juger de façon le plus souvent négative les écrits des autres (français) parce que ce n'est pas nous qui les avons écrits, Andrew réussit le prodige de nous sortir un livre fondamentalement Punk dans l'esprit : il ne respecte rien (ni les conventions journalistique, ni littéraires, ni la forme du livre "sur la musique") et c'est ce qui est rafraîchissant ici. Erudit (et musicien au sein de son groupe délirant de SteamPunk Thrash/Grind cockney The Men That Will Not Be Blamed for Nothing) Andrew tient une rubrique régulière dans Terrorizer. La lecture de ce livre peut intéresser aussi bien le néophyte que l'expert dans la mesure où le néophyte va apprendre à peu près l'essentiel sur cette musique que nous aimons tant, alors que l'expert va se délecter des notes de bas de pages (dignes de la "coccinelle" de Gotlib et à se pisser dessus de rire) que des nombreuses anecdotes qui traversent le livre. De plus, comme je l'ai dit, Andrew ne s'emmerde pas avec les conventions : quand il aime, il aime, quand il n'aime pas il n'aime pas non plus (son chapitre excellent sur le Glam Metal), pas de volonté d'objectivité ici, il s'en fout, et il a raison.
Andrew O'Neill Metal Story Editions Hachette
Le livre se découpe ainsi en 17 parties couvrant les origines du Metal à l'âge de pierre (hilarant) jusqu'au Metal d'aujourd'hui (et même une partie sur l'avenir du genre, savoureuse) en passant par Black Sabbath, la NWOBHM, la première et la deuxième vague du Black Metal, le Thrash, le Death, le Grunge et le Groove Metal. On comprend vite que le bonhomme est avant tout un grand fan de Metal extrême et là aussi, il assume ! Si vous aimez la mauvaise foi, la rigolade (et l'humour briton à la Monty Python) mais que vous voulez apprendre des choses en même temps, c'est le livre idéal, car même un érudit du genre se délectera des petites anecdotes et révisera, tout en rigolant, ses grands classiques. Chapeau bas l'artiste !

                                                                                                                                 

La Note du Scribe : 8,5/10

                                                                                                                                   Pierre Avril
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SA(A)D JONES Violent Instinct (Autoédition/Amazon 2017)

253 pages
16,66 €

Le Style : Thriller Metal mais pas que


Un livre sur le Metal ? Oui et non. Mais si ….mais non…. Enfin….Bon, alors, il est bien, ce livre, ou bien ?
Un mot sur l’auteur ? Ben non. Saad Jones c’est (à priori) un type. Il porte un masque, et écrit sous pseudonyme pour de multiples raisons . Nous laisserons planer le mystère. C’est sympa, le mystère, non ?
Tout se passe entre l’Angleterre et le Liban. C’est l’histoire d’un groupe de Death Metal et de ses tensions, de ses ambitions, de ses doutes… Un groupe dont les membres d’origines diverses ont aussi des objectifs divers, plus ou moins louables. Mais un groupe qui cartonne, qui est sur le point de devenir un gros truc. Cet aspect est très important. Ce groupe a des fans, et même un blogueur qui ne se consacre qu’à eux. Il y aura de la violence, oui, mais pas celle que l’on imagine à partir de cette combinaison de faits.
Belle scène d’ouverture façon thriller hollywoodien. Tilio, chanteur torturé, se retrouve sur scène en début de concert.  Il se fait tirer dessus. Par qui, pourquoi ? Tilio a vu qui a tiré. Nous, nous ne le saurons pas tout de suite. Il va nous falloir le découvrir, cela sera une part de notre quête. Oui, ce roman est un thriller, il en respecte tous les codes : chapitres courts, incisifs, phrases sèches, efficaces, mais plutôt bien construites. Cliffhanger à la fin de chaque chapitre. Pas d’enquêteur, ami, tu es l’enquêteur….J’ai dit thriller, hein, pas « roman policier, alors on se calme !
Cependant, comme tout thriller intéressant, tout ne se résume pas à un « whodunit »… Les mobiles sont complexes, enracinés dans une réalité géopolitique spécifique, des situations personnelles, des affres existentielles. Tout cela est un excellent prétexte pour  observer la scène Metal avec un regard  moins binaire que ce que certains, de l’extérieur, peuvent imaginer. Saad Jones traine autant du  côté des fans, des musiciens, des organisateurs, que du côté des « non convertis ».

Saad Jones Roman Violent Instinct Thriller Metal


En effet, d’un chapitre à l’autre, nous sommes mis dans la peau d’un personnage différent, à travers son monologue intérieur la plupart du temps. Et, bien sûr, même si -merci à l’auteur-, on évite les grosses ficelles manichéennes, oui, il y a de vrais « méchants ». Franchement, qui lirait un bouquin sans méchants ? Bref, tous les critères d’un page-turner sont réunis. Y compris ce qui, nous le verrons, assombrit un brin le tableau : personnage à peine ébauchés, codes vraiment très (trop) bien respectés.
Et le côté « Metal », alors ?
Vous pouvez vous offrir ce livre pour vous délecter d’une histoire qui se déroule « chez les métalleux, les vrais ». Oui, ça fonctionne. Mais vous pouvez aussi l’offrir à quelqu’un de votre entourage qui vous soutient que le Metal c’est mal, ça fait du bruit donc c’est mal, tous les métalleux sont des brutes sataniques assoiffées de sang (je vous jure qu’il en reste, si, si… tremblez, claquez des dents !). Parce que Saad Jones est tout de même un peu sentimental et bien que je ne puisse pas dévoiler le moindre indice, et bien sachez que le Metal en sort grandi, humanisé (à vous de voir si vous préférez qu’on vous prenne pour une brute sanglante et satanique parce que comme ça, on vous fiche la paix, c’est cool….). Il y a même …..(Oserai-je aller jusque-là ?) une sorte de romance (après tout, si ça se trouve, je vous mens, je suis Saad Jones et je veux juste vendre ce livre, qui sait ?)…
Bref, un individu non métallisé peut très bien apprécier ce bouquin. S’il n’était pas auto-publié, sans doute s’en serait-il vendu pas mal…
Quant aux « vraies têtes de Metal », qu’y a-t-il pour vous dans ce bouquin, à part un hommage sincère à la musique que vous écoutez ?
Et bien….
Laissez-moi faire une petite digression (ou ne me laissez pas faire, je m’en fous, c’est moi qui tape sur le clavier, non de d…). Bref, Si vous avez vu passer un brin de pub concernant « violent instinct », la couleur « Metal » est mise en avant, et c’est à raison, ne le nions pas. Cependant, ceci n’est pas seulement un livre sur le Metal, ni même sur la musique, bien qu’il la célèbre d’une manière émouvante. Le Metal est à la fois le déclencheur de l’intrigue, et quasiment un des caractères principaux. L’auteur semble savoir de quoi il retourne et chaque chapitre porte le nom d’un grand morceau (d’un grand groupe)

Saad Jones écrivain Thriller Metal

S’il  n’en rajoute pas des kilos sur les références musicales, ce qui aurait pu alourdir l’intrigue, peut-être, on sent bien que derrière les noms des groupes qui figurent dans le livre, on peut retrouver certains grands groupes. Quant au choix du Liban comme lieu de développement d’une partie de l’intrigue, c’est précisément une des caractéristiques qui font que ce roman n’est pas seulement « un thriller Metal » mais qu’il fait mieux que cela : il lui rend en somme justice d’une façon très différente de ce que l’on peut se permettre dans un essai. A travers les émotions traversées par les personnages, tous impliqués dans la scène Metal, qu’il s’agisse de Tilio, le chanteur torturé, Ziad, l’organisateur de concert, ou « le fan », personnage un brin archétypal mais intéressant.
Donc, voilà, c’est dit, vous trouverez des références familières, mais c’est peut-être la dimension qui pêche : un brin plus de Metal aurait été bien plaisant, un peu plus de précision. Non pour en faire un essai, bien sûr, mais un peu comme certains thrillers nous permettent de découvrir des anecdotes, des univers en reliefs et permettent de faire un grand voyage. Un univers peut-être plus sombre m’aurait emporté encore davantage, et quelques risques pris quant à la psychologie des personnages, avec une évolution, un arc narratif plus sophistiqué. Bref, si je n’ai pas boudé mon plaisir, pour m’éblouir totalement, j’aurais franchement aimé qu’il y ait un peu plus de sexe, de sueur, d’odeurs, d’ambiguïté. Mais bon, je suis une emmerdeuse et « violent instinct » est le premier livre de l’auteur. Il y a derrière ce thriller un auteur aussi prometteur que mystérieux et j’avoue que malgré mes frustration de vieille pénible, j’attends la suite avec impatience….Hein, quoi, j’ai dit quelque chose ?
Nan, je vois pas….

La Note de la Scribette : 8/10

                                                                                                                                     Adeline Wall
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