Pourquoi William Sheller est-il génial ?

William Sheller
William Sheller visiblement inspiré

Pourquoi William Sheller ?

Mais vous allez me dire : que vient faire William Sheller, pape de la chanson de qualité, dans un blog consacré au rock et à ses dérivés ? Le scribe du rock s'est-il vu imposer des quotas de la part de la commission francophone du blogging (copyright) ? 
Rien de tout cela, je vous assure. Non, la raison est toute simple en vérité. J'aime tellement la musique de William Sheller ! Et, pour moi, si Sheller avait été américain, il aurait été forcément classé dans le rock, anglais ? avec les Beatles ! Mais peu importe ! William Sheller a pondu des chefs d’œuvres de rock, de rock progressif vertigineux, de rock symphonique grandiose (Excalibur, au hasard)? D'ailleurs, est-il si français que ça ce William Sheller né William Hand (la main déjà, la prédestination sans doute) d'un père soldat américain et d'une mère française ? OUI ! a condition qu'il soit d'accord avec ça, quand on a la chance d'avoir un génie, on le garde. Les génies, ça court pas les rues non plus. Il y a beaucoup de faiseurs plus ou moins talentueux, des génies...très peu.
Et puis son premier tube à l'ami William, c'était du 100 % british : A year in a day, énorme tube des années 60 (1968 précisément, interprété par Les irrésistibles).
Pourquoi Sheller ? Parce que Shelley et Schiller, ses deux poètes préférés. D'abord arrangeur et compositeur d'orchestrations pour des chanteuses et chanteurs de "variétés", le petit William va finir par oser passer devant le micro, même si c'est souvent derrière un piano. Il faut dire qu'il en a des heures de vol en matière de musique "savante" notre Sheller : tout petit, son père l'avait ramené dans son Ohio originel où le petit William, trois ans, va voir et surtout entendre des jazzmen cultes, fréquentations des parents. William, à force de devoir rester bien sage assis à écouter une musique essentiellement basée sur le rythme (et donc forcément vaudou) en gardera une détestation du jazz, synonyme pour lui de quelque chose de si frustrant. Donc, le rock'n'roll !
Sauf qu'avant le rock, il y a aura la musique, la grande musique classique. William veut devenir Beethoven, c'est tout !

William Sheller enfant
Un petit William Sheller qui rêve à Beethoven


William Sheller : Symphoman

William a dix ans quand il prend cette incroyable décision. Revenu en France, c'est chez ses grands parents qu'il va trouver l'inspiration. Ces derniers l'emmènent voir quantité de concerts, d'opéras, qui touchent son âme d'enfant sensible. C'est avec Yves Margat, disciple du grand Gabriel Fauré, que William encore Hand va faire ses classes. Son instrument : le piano, son ambition : sans limites. Margat va le pousser, avec l'accord de la famille, dans les bras du conservatoire. Il compose de la musique sérielle, si sérieuse, lui qu'on découvrira si capable de drôlerie. La découverte des Beatles vont l'encanailler définitivement : le virus satanique du rock est rentré dans ses veines, lui faisant oublier la musique sérieuse. Son bagage important en matière de composition, d'orchestrations, sa compréhension fine de la musique classique et moderne associés à cette nouvelle maladie rockante vont créer le William Sheller que l'on connaît. Et que j'aime tant...

william sheller années 80

William Sheller : Un génie français

Les tubes vont alors pleuvoir : de "rock'n'dollars" à "Nicolas", si belle chanson semi-autobiographique d'un homme qui souffre des feux de la rampe et souhaite un peu de calme. Régulièrement notre Sheller alternera, et associera pop music et classique, symphonies ambitieuses ("Excalibur", les albums Ailleurs et Univers) et chansons faussement simples ("J'cours tout seul", "Mon dieu que j'l'aime") mais si belles. Car Sheller, en plus d'être un compositeur surdoué et un musicien incroyable, est aussi une plume des plus affûtées. Sa façon d'écrire des chansons d'amour est unique, tant il est capable de dire ses mots qui peuvent être si vite "niaiseux" chez d'autres. Chez lui, la langue française est décomplexée, comme si elle était interprétée par un anglo-saxon (tiens, tiens) qui n'a pas ce complexe de superiorité de l'auteur français se sentant toujours obligé de se comparer à Victor Hugo. 
Sheller est trés pur dans son art de la chanson. Evidemment, "Un homme heureux", tube sublime piano/voix, en est une brillante illustration. Décidément, Monsieur William, vous ne manquez pas de tenue !
Rock ? Ecoutez donc le rock progressif millésimé d'Avatars  ou le rock plus énervé d'Albion, oubliez un instant que le monsieur est français, donc forcément cantonné à la "variété". Vous verrez, ça marche.

Les filles de l'auroreJe peux encore les retrouverElles ont autour du corps
De l'amour et de l'or
Que l'on peut jouer aux désElles ont au fond des yeuxDes rêves que l'on ignore
Quand vous dormez encore



Merci William, et encore plein de musique pour nous !

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