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Sélection

Review - Endless Funeral - Le Grand Silence - Epictural Production - 2021 - DSBM - French + English Text

  ENDLESS FUNERAL Le Grand Silence 2021 Epictural Production Depressive Black Metal Après la grosse claque que je me suis pris avec le dernier Ferriterium ( Calvaire dont vous pouvez lire la chronique ICI  et dont je ne peux qu'à nouveau recommander l'absolue nécessité de vous le procurer) je ne pouvais que m'intéresser de près a la nouvelle sortie du label Epictural Production, qui a sorti Ferriterium (et est géré par Raido, de Ferriterium, la boucle est bouclée. Quand ce dernier m'a appris qu'en plus la sortie en question serait un groupe de DSBM composé de membres prestigieux comme Apathy (de Karne), Psycho (Hats Barn, Lord Ketil) au chant partagé, entourés par le compositeur et auteur des textes Thomas Allam (que l'on retrouve aussi à la lead guitar et a la batterie), accompagnés par John Monier (basse, claviers, enregistrement et mix) et Visceral Vince à la guitare solo, je ne pouvais que m'enthousiasmer. Voici donc venir le premier album d'Endless

LES CROCS DU SCRIBE N°5 ARYOS/AEVANGELIST/DEAD CAN DANCE




LES CROCS DU SCRIBE NUMERO 5 : ARYOS/AEVANGELIST/DEAD CAN DANCE


Salut les musclé(e)s ! ça va ? Bienvenue dans cette cinquième fournée/fournaise bien éclectique des "Crocs du Scribe". Éclectique, oh ben oui et sacrément sacrebleu de Jean-Foutre ! Au menu rien de moins que Aryos, groupe françois de Black Metal particulièrement occulte et original ; Aevangelist et leur dernière livraison venue d'une autre dimension où coexistent Death/Black Metal et industriel ambient effrayant et enfin, faut-il les présenter ? les dieux vivants de Dead Can Dance pour leur dernière petite merveille mythologique qui s'apprivoise plus doucement que d'habitude. On peut dire qu'il y en a pour tous les goûts ! Bon, j'ai hésité à chroniquer le dernier Christine and the Queens et....ben non j'ai pas hésité en fait. Je vous souhaite donc une belle lecture, une bonne découverte d'Aryos et de prendre des nouvelles de vos idoles des jeunes comme disait Charles Aznasmet. Allez je vous laisse avec le Scribe et gros bisous baveux...


ARYOS "Les Stigmates d'Hécate" (EXU REI Records, 2015)

Le genre : Avant garde Unique Underground Black Metal

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Avec Aryos, entité d'art noir originaire de Nouvelle-Aquitaine, formée en 1994 (eh oui, pas des p'tits nouveaux) nous entrons de plein pied dans un territoire fait d'étrangeté, d'ésotérisme et d'ambiances sombres. Dans une démarche réellement underground, le groupe reste fidèle à une certaine idée du Black Metal, foncièrement singulière. Avec ce dernier album en date, paru en 2015, les sorciers d'Aryos nous initient aux arts divinatoires et chthoniens. Musicalement, nous voici en présence d'un Black Metal que l'on ne peut que qualifier d'Avant-gardiste faute de mieux tant ils ne sonnent comme personne d'autre et semblent se foutre au plus haut point des modes et des temps. Il y d'abord ce chant si particulier, celui de Napharion, semblable à une sorcière putréfiée ayant survécu au bûcher sur intervention du seigneur Satan lui-même. Parfois accompagné d'une voix féminine déclamant ses textes, le sieur ne semble pas être ici que pour s'amuser. Au niveau instrumental, le groupe surprend tout autant, passant de passages Black old-school à d'autres franchement Heavy/Doom avec force guitares Thrash, on entend vite que l'on a affaire avec des personnes ayant déjà un vécu dans le milieu, et non pas ces petits jeunes fans de Slipknot qui montent un groupe de Blaqueu avec une burqa "passke sa fou la trouille tavu". Non, les musiciens ont leur propre son, forgé dans le Metal du passé, sans être passéiste non plus? ça joue vraiment très bien, ce qui ne gâche rien au plaisir. Ce qui m'a attiré au premier abord chez Aryos, c'est leur authenticité, et aussi leur originalité profonde, venue d'êtres libres, avec une vjsion propre.

 D'ailleurs, en faisant un saut dans le passé, à l'écoute de leur premier album Maître des Dominations Cérébrales on était déjà esbaudi par la liberté du propos, avec par exemple un titre comme "Ouverture à la possession" et son piano de concert digne d'un Chopin endiablé. Avec Aryos, en termes de liberté on pense à des grands comme Solefald, Dodheimsgard, Fleurety ou le Arcturus des débuts (sans qu'ils leur ressemblent non plus), cette même folie assumée et profonde. Aryos fait partie de ces rares groupes, ami lecteur, qu'il faut absolument aller chercher et écouter, sinon tu risques de rater l'essence d'un vrai Black Metal défait de toutes chaines. A moins que tu ne préfères les Slipknot en Burqa ? C'est aussi une possibilité, en ce cas je te demande d'aller jouer aux Pokémons et de laisser les grands discuter. Ecoutez "Chthonienne Totem" et prenez des leçons de maestria musicale, ou encore l'incroyable "gromoviti znaci" et son refrain qui reste en tête. Il y a dans ce disque incroyablent riche, des passages industriels et même des claviers renvoyant à King Crimson ou Tangerine Dream (" les Six Profanes") qui, au fil des écoutes, révèlent tout leur suc.  Si vous aimez l'art noir, le vrai, profondément spirituel et en quête, artistique jusqu'au bout des doigts, Aryos est pour vous. J'en profite pour vous signaler que nous retrouverons bientôt Aryos dans ces pages, cette fois en interview, afin de creuser davantage avec eux ce que cache cet art noir profond et singulier. 

 Et enfin, va lecteur, faire un tour du côté du label du groupe EXU REI, tu ne seras pas déçu !. 

La Note : 9,99/10 (Pour la blague, sinon ça vaut un beau 10)






AEVANGELIST "Matricide in the temple of Omega" (I, VOIDHANGER Records, 2018)

Le genre : Industrial Death/Doom/Ambient/Avant-garde Black Metal


Aevangelist ! Rien que ce nom, déjà, je le sais, ami lecteur, te fais frémir dans ta chaumière, bien caché sous ton plaid de cette fin d'Automne.
 Car oui, Aevangelist fait partie de ces rares formations dont on sait qu'elles sont capables de tout, y compris de brouiller nos repères bien pépères et rassurants en matière de musique "Metöl". Depuis leurs débuts en 2010, nos amis américains ne font que surprendre et brouiller les pistes. Matron Thron et Ascaris se jouent de tout et surtout des genres. Bien que partis à la base sur une "ossature" Black/Death Metal industrielle et chaotique, ils n'ont eu de cesse, depuis, sans renier cette première orientation, de l'enrichir avec d'abord des instruments non conventionnels, comme le saxophone et le violoncelle d'Ascaris, les bruits étranges synthétisés par Matron Thorn pour générer une musique profondément ésotérique dans une visée clairement spirituelle. Car Aevangelist, ce n'est pas que de la musique, aussi géniale soit-elle, c'est une idée, sans doute un mode de vie. Trouvez moi un autre exemple de groupe assimilé à cette scène dont l'un des membres (Ascaris) est en train de transiter d'une identité d'homme à celle d'une femme, et un Matron Thron, qui, déjouant tous les archétypes machistes du Metal Extrême, aime à se vêtir d'une façon ambigue et tout à fait éloignée des canons du genre. Point de corpsepaint ou de Burqua ni de capuches de moines ici, les deux individus clament haut et fort leur liberté. Après le remarquable split avec le tout aussi remarquable Blut Aus Nord, Aevangelist nous proposent donc, avec ce déjà cinquième album, une forme subtile de "retour aux sources" vers les sonorités du premier méfait (De Masticatione Mortuorum in Tumulis en 2012) c'est à dire un renouveau de sonorités Death Metal obscures, dans une ambiance de Black Metal marécageuse et des dissonances comme s'il en pleuvait. 
Si Entrhall to the void of bliss avait davantage accentué l'aspect dark ambient du groupe, ici la machinerie de fer rouillé de leur Metal industriel ressort ses plus beaux atours. Bref, comment être déçu par Aevangelist ? Si, éventuellement, si demain ils annonçaient leur split, ce serait décevant. Leurs disques sont comme des pavés de lèpre tellement symptomatiques de l'époque "fin de règne" dans laquelle nous évoluons. On pense parfois au sublime M.O.R.T de Blut Aus Nord pour l'inconfort mélodique et les sonorité sidérurgiques engendrées par ces génies. Que dire de plus à présent ? Jetez vous dans cette oeuvre dépravée si vous en avez le courage, si pour vous le Metal Extrême ne s'arrête pas aux dinosaures blasteurs et riffeurs d'une efficacité certes redoutable mais parfois prévisible. Aevangelist ne fait pas du Metal, ils font du Aevangelist, et c'est ce qui est fabuleux chez eux. 

La Note : 10/10


DEAD CAN DANCE "Dionysus" (PIAS, 2018)

Le Genre : Dead can Dance en mode oratorio conceptuel

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Chroniquer Dead Can Dance n'est pas chose aisée pour moi. Pourquoi me direz-vous ? Eh bien parce que ce groupe, depuis que je les ai découverts en 1988 avec ce chef d'oeuvre insurpassable qu'est The Serpent's Egg est pour moi comme un mythe, une légende, l'équivalent contemporain de demi-dieux de la musique. Compliqué dans ces cas là de donner un avis objectif. Je vais pourtant tenter l'expérience à l'occasion de la sortie de ce tout nouvel opus Dionysus. Déjà leur retour inespéré il y a six ans (déjà !) avec l'excellent Anastasis, sorte de synthèse leur oeuvre dans une version accessible au plus grand nombre, le duo semblait tenir la forme et, surtout, avoir réussi à surmonter une brouille qui les avait éloignés l'un de l'autre pendant plus de dix ans (et tout de même seize ans après leur dernier album que je n'ai jamais trop apprécié, Spiritchaser). Alors, à quoi s'attendre cette fois ? A un retour aux sonorités sombres et médiévales de The Serpent's Egg ou Within the realm of a Dying Sun ? Non, évidemment, non, Dead Can Dance ont lâché les sonorités "dark" liées à leur passé rattaché au mouvement gothique/post-punk depuis au moins Aion en 1990. Non, ils ont évolué depuis vers des sonorités beaucoup plus "world" en incluant force musiques arabes, africaines, chamaniques de tous bords (celitique, nordique, amérindien) avec bonheur ou moins (encore une fois ce Spiritchaser qui pour moi n'est pas digne d'eux). Ainsi lors de la première écoute de ce drôle de Dionysus  j'ai ressenti une chose que je n'avais pas ressenti depuis Spiritchaser : une profonde déception. Autant Anastasis m'avait séduit immédiatement par des chansons fortes et prenantes, directes, autant là je me suis retrouvé noyé dans des "non-chansons" étranges dans ce disque conceptuel (leur premier) sur Dionysos et différents éléments de la mythologie grecque (les bacchanales, le Dieu Pan, Bacchus) découpé en deux actes comprenant trois titres pour le premier acte et quatre pour le second. Au départ on est complètement désappointé, notamment sur cet Acte I sans chanson réelle où des bribes de voix lointaines de Lisa Gerrard font office de chant sur des instrumentaux toujours inspirés, mais pas si accrocheurs. L'Acte II fut d'un abord plus simple, avec ce "The Mountain" que le groupe nous avait dévoilé avant la sortie du disque où l'on retouve une ambiance plus tribale, et la voix de Brendan Perry (enfin) qui vient nous cueillir et nous rassurer, magnifiquement accompagné des vocalises de Lisa, marquée par sa récente collaboration avec Le Mystère des Voix Bulgares. Car il y a aussi de la musique de l'Est-Européen dans cet album, c'est indéniable. Ce "Mountain" titre traditionnel de Dead Can Dance, nous rassérène et nous remet sur les rails. Vient ensuite "The Invocation" où explose le talent de Lisa, toute en vocalises sublimes. On le comprend très vite : lors de cette première écoute, même si mon sentiment fut la déception, l'Acte II fut tout de même suffisamment qualitatif pour que je me dise alors, impossible de ne pas y retourner. Ce que je fis, et j'ai donc réécouté nombre de fois ce drôle de disque qui, au final, tel un venin à propagation lente, vous gagne et finit par ne plus vous lâcher, créant une belle dépendance. Ainsi au fil des écoutes l'ensemble prit sens et devint une sorte de symphonie dédiée au Dieu Dyonisos, un oratorio comme le groupe l'a lui même annoncé (oeuvre lyrique dramatique ayant pour sujet la religion mettant en scènes éléments vocaux et instruments symphoniques). Au bout d'une dizaine d'écoutes, le disque est devenu pour moi aussi bon qu'Anastasis, ce qui est déjà beaucoup. Si je ne pense pas qu'ils pourront jamais égaler le génie foudroyant dont ils faisaient preuve à l'époque de The Serpent's Egg, Within the realm.. où même au début de leur virage "world music" avec le fabuleux Into the labyrinth ils restent tellement au dessus de la mêlée que ça en est presque amusant. Qui pour prétendre au trône de DCD ? Personne, à part eux-mêmes.

La Note : 9,5/10




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