Nouvelle Interview - 26 03 2026 - WARKUNT : Forever Death Metal !!!


 


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Bonjour Laurent ! Tu es guitariste chez Warkunt, un groupe de Death metal strasbourgeois qui sévit depuis 2016. Déjà dix ans ! Peux tu nous en dire plus sur la genèse et le parcours du groupe ?


Laurent : Salut ! Oui, ça commence à faire une belle tranche. Warkunt est né à Strasbourg en 2016 avec l’envie très simple de faire du Death metal sans tricher : quelque chose d’intense, agressif, mais aussi travaillé, avec une vraie identité. À la base, on voulait surtout jouer la musique qu’on avait envie d’entendre nous-mêmes : du brutal, du sombre, du viscéral, mais avec du relief, des ambiances, des riffs qui restent.

Au fil des années, le line-up s’est stabilisé, le groupe a mûri, et on a pas mal roulé notre bosse sur scène, en France et ailleurs. On a sorti plusieurs disques, joué avec des groupes qu’on écoutait déjà comme fans, et surtout on a continué à avancer avec la même envie : faire une musique extrême, mais sincère et habitée. Donc oui, dix ans… on vieillit, mais heureusement le son, lui, reste hostile.

L'année dernière vous avez sorti un album que j'ai particulièrement aimé, « Cyclonic Abyss . De quoi parle cet album et comment l'avez vous réalisé ?


Loïc : Merci pour ton retour, content que tu aies apprécié l'album :)

Pour les thèmes abordés sur "Cyclonic Abyss", c'est un mélange de plusieurs émotions qui parfois vont ensemble, et parfois sont opposées. Pour faire court, on a la rage et la colère d'un côté, impulsives et dynamiques, et de l'autre on a la dépression et l'anxiété, incapacitantes et limitantes. Ces différents états d'âme s'entremêlent pour former une espèce de tornade (d'où le vortex sur la pochette). Le monde intérieur humain est plein de contradictions, et lorsqu'elles se rencontrent, ça se passe rarement en douceur... c'est l'idée que j'ai voulu mettre en avant sur cet album.


Laurent : On l’a conçu comme un bloc cohérent, pas juste une suite de morceaux. On voulait un album dense, intense, avec une vraie dynamique, des titres qui cognent mais aussi des moments plus atmosphériques, plus mélodiques, presque hypnotiques parfois. On a pris le temps de bosser les arrangements, les textures, les transitions. L’idée était de rester très frontal tout en apportant plus de profondeur. En gros : te mettre une droite, mais une droite un peu poétique.


Amir : Pour mes parties j'ai pas vraiment cherché à "faire death" par crainte de sonner faux, mais plutôt à jouer des trucs qui m'éclatent, en itérant tant que c'est pas aussi bon à écouter qu'à jouer


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Comment êtes-vous tombés dans la marmite du Death metal ?


Laurent : Probablement par manque de prudence. Au départ, comme beaucoup, j’ai commencé par des portes d’entrée plus “classiques” vers le Metal, puis j’ai eu besoin d’aller vers quelque chose de plus extrême, plus organique, plus radical. Le Death metal m’a tout de suite parlé parce qu’il y a dedans une énergie très physique, mais aussi une richesse musicale énorme.

Quand on gratte un peu, ce n’est pas juste de la violence : il y a du groove, de la technique, des ambiances, parfois même une vraie noirceur presque cinématographique. Et puis il y a ce côté sans compromis qui me plaît énormément. Une fois qu’on a mis le doigt dedans, en général on finit avec une collection de t-shirts noirs et des cervicales un peu fatiguées.



Loïc : Personnellement, c'est en découvrant les très fameux Cannibal Corpse vers 13 ans. Ce qui m'a donné envie de découvrir d'autres groupes par la suite, et j'ai assez rapidement accroché sur des groupes comme Hate Eternal, Origin, ou encore Severe Torture, qui sont devenu des références pour moi dans ce style.


Amir : Tombé au hasard sur un live de Necrophagist y'a 10 ou 15 ans, et depuis c'est resté dans un coin de ma tête "c'est peut-être pas si mal le death finalement ?"


Vous sonnez plutôt moderne et les mélodies sont bien présentes dans votre musique.  Comment avez vous évolué jusque là, étiez vous déjà dans ce trip en lançant le groupe ?


Laurent : Il y avait déjà cette envie au départ, oui. On ne s’est jamais dit qu’on voulait faire du Death metal purement old school ou purement technique. Ce qui nous intéressait, c’était de trouver un équilibre entre impact, lisibilité, violence et mélodie. Pas la mélodie “gentille”, évidemment, mais celle qui donne de la profondeur, du relief, une forme de tension émotionnelle.

Avec le temps, on a appris à mieux assumer ça. Au début, tu testes, tu cherches, tu veux parfois en faire beaucoup. Puis tu comprends mieux ce qui fait l’identité du groupe. Aujourd’hui, on sait davantage doser les choses. On peut être très brutal sans renoncer à une écriture plus nuancée. On aime quand un morceau peut à la fois écraser et hanter un peu. C’est plus poli à dire que “on aime les riffs qui tabassent avec classe”, mais l’idée est là.


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L'artwork de l'album est particulièrement soigné et réussi, et l'on sait l'importance du visuel aujourd'hui. Comment avez vous procédé et avez qui avez-vous collaboré ?


Laurent : C'est Jo de Ben&JO qui nous l'a fait, un ami en plus du sixième membre officieux du groupe.

Le visuel était très important pour nous, parce qu’on voulait qu’il prolonge vraiment l’univers de l’album. Cyclonic Abyss a une identité sonore très marquée, donc il fallait une image qui ne soit pas juste “jolie”, mais qui raconte quelque chose, qui pose une atmosphère, une sensation de vertige, d’engloutissement, de menace.

On a travaillé avec quelqu’un capable de comprendre cette direction et de la traduire sans tomber dans le cliché. On avait déjà une idée assez précise de l’ambiance, des couleurs, de la composition globale, et ensuite il y a eu un vrai échange pour affiner tout ça. On est très attachés à la cohérence entre le fond et la forme. Aujourd’hui, le visuel compte énormément, c’est clair, mais pas seulement pour “vendre” : c’est aussi la première porte d’entrée dans l’univers du disque. Et dans le metal, on aime quand cette porte ressemble à un portail maudit.


J'imagine que vous devez faire des concerts en ce moment. Pouvez-vous nous en dire un mot ?


Laurent : Oui, clairement, la scène reste le cœur du réacteur. Warkunt, c’est un groupe qui prend tout son sens en live : le côté massif, l’énergie, l’intensité physique des morceaux… c’est là que ça se déploie vraiment. En ce moment, on cherche à défendre au maximum Cyclonic Abyss sur scène, à jouer le plus possible, et surtout à sortir un peu de notre zone immédiate pour aller toucher d’autres villes, d’autres publics.

On a déjà eu la chance de partager l’affiche avec de très beaux noms, et chaque concert nous conforte dans l’idée qu’on doit continuer à pousser plus loin. Le but, ce n’est pas juste d’enchaîner les dates pour remplir un agenda : c’est de proposer quelque chose de solide, de marquant, et idéalement de repartir avec un dos cassé, une gorge détruite et quelques nouveaux convertis.


Si Warkunt dévait être un proverbe ou une citation ça donnerait quoi ?


Laurent : Peut-être : “Si tu regardes trop longtemps dans l’abîme, prépare-toi à y laisser un riff.”

Ou alors, dans une version plus alsacienne et pragmatique : “Mieux vaut un bon blast qu’un long discours.”

On hésite encore entre Nietzsche et un type qui renverse sa pinte dans un squat après le soundcheck.


Pouvez-vous nous parler des influences du groupe ?


Laurent : Elles sont assez larges, même si la colonne vertébrale reste clairement Death metal. On a tous des racines dans le old school, le brutal, le death plus moderne, le blackened parfois, et aussi dans des approches plus mélodiques ou atmosphériques. Ce qui nous nourrit, ce n’est pas seulement un style figé, mais tout ce qui peut renforcer l’impact d’un morceau.

On aime les groupes qui savent être violents sans être monotones, techniques sans être froids, mélodiques sans perdre leur noirceur. Donc nos influences vont autant vers les piliers du genre que vers des formations plus récentes qui ont su faire évoluer les codes. Et au-delà du metal, il y a aussi des inspirations visuelles, littéraires, cinématographiques, tout ce qui peut nourrir un imaginaire. On essaie de digérer tout ça pour que le résultat ressemble à Warkunt, pas à un patchwork de références.


Amir : J'ai grandi en écoutant, entre autres choses, pas mal de rock japonais, et ça m'a laissé ce goût d'une approche un peu plus mélodique de la basse


Des coups de cœur récemment, que ce soit en musique ou autre ?


Laurent : Je reste coincé dans ma phase Punk-Rock depuis 2001. J'aime tout de NOFX, Descedants, Sublime, Co-Defendants.
Sinon le dernier Der Weg Einer Freheit m'a mis une énorme claque.


Loïc : Pour ma part j'ai une grosse période black depuis quelques années, avec des groupes comme Groza ou Der Weg Einer Freiheit pour n'en citer que deux, dont les derniers albums m'ont marqué. En grindcore également, avec des groupes comme Internal Rot, Sickrecy, et d'autres. Et en death, un groupe américain qui s'appelle Infuriate, qui a malheureusement arrêté suite au décès du chanteur/guitariste.


Je vous laisse les mots de la fin :


Laurent : Déjà, merci pour l’invitation et pour l’écoute attentive de Cyclonic Abyss. C’est toujours précieux d’avoir en face des gens qui prennent vraiment le temps d’entrer dans un disque, surtout dans des musiques qui ne sont pas exactement conçues pour accompagner un brunch en terrasse.

Merci aussi à toutes les personnes qui nous suivent, viennent aux concerts, parlent du groupe, partagent notre musique, nous soutiennent de près ou de loin. On a encore faim, on a encore du bruit à faire, et on compte bien continuer à défendre Warkunt sur scène et sur disque avec la même sincérité et la même rage.

Et pour ceux qui ne nous connaissent pas encore : approchez sans crainte.



Loïc : Un grand merci pour l'intérêt que tu portes à Warkunt et Cyclonic Abyss à travers cette interview :)


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