Le retour de l'inquisition ! Interview avec Ecclesia (Heavy/Doom occulte) 06 03 2019


Interview avec ECCLESIA : le retour de la Sainte Inquisition ! Tremblez Pêcheurs !


INTERVIEW AVEC ECCLESIA HEAVY DOOM METAL OCCULTE FRANCE
Copyright Devskin Photography

Salut Ecclesia, pouvez-vous nous éclairer sur les origines du projet ?

Salutations. Ecclesia est un projet que j’ai officiellement lancé en 2016 suite à ma rencontre avec Conrad the Inquisitor. Le projet était en réflexion depuis un certain temps et n’était au départ destiné qu’à être une simple expérience « studio » sans réel lendemain, mais le concept et la poignée de compositions déjà prêtes à cette époque intriguant et suscitant de l’intérêt parmi les personnes avec qui je les avais partagées m’ont poussé à prendre les choses plus au sérieux et prendre en main Ecclesia comme un groupe à part entière. Nous avons eu quelques tentatives relativement infructueuses de line-up courant 2017, puis quelques mois de pause pour revenir l’année suivante avec un line-up complet et une première prestation scénique le 24 novembre 2018 à Paris.

Vos influences musicales ?

C’est assez large donc je ne pourrai pas te les citer toutes, d’autant que je pense que tous les artistes qui m’ont marqué à ce jour ont contribué de près ou de loin à influencer les compos d’Ecclesia. Cela étant, je citerai tout de même en premier lieu bien évidemment Black Sabbath, Candlemass et Cathedral, qui représentent pour ainsi dire ma trinité en matière de heavy/doom. En autres influences je citerai des groupes somme toute assez classiques, tels que Iron Maiden, Venom, Motörhead, Saxon, Mercyful Fate, mais aussi des choses un peu plus récentes comme Chrome Division ou pas forcément dans un registre heavy à l’instar de Rammstein.

Vous jouez du Doom Metal mâtiné de Stoner et de Heavy, surtout au niveau du chant. D’ailleurs vous avez dégoté un sacré screamer de pur Heavy Metal, ce qui n’est pas chose courante ! Que pensez-vous de tous ces groupes de Stoner et de Doom rétro occulte psyché qui envahissent les bacs ? N’avez-vous pas peur de vous retrouver « noyés dans la masse » ?

Pour être tout à fait honnête, je ne baigne pas beaucoup dans toute cette scène Doom/Stoner actuelle, venant moi-même de milieux Metal plus extrêmes. Après, pour ce que j’en vois, c’est le même problème que dans d’autres scènes : quelques gros groupes importants et influents (au hasard : Electric Wizard), et une large majorité de suiveurs sans originalité qui ne font que surfer sur la mode du moment. Mais comme je dis, ce n’est pas propre au Doom, à la limite on retrouve le même phénomène dans le Black Metal avec tous ces groupes ritualistes à trois francs six sous qui te sortent tous la même bouillie infâme. Donc pour répondre à ta question, je pense que ce n’est qu’un effet de mode qui finira par mourir de lui-même.
Dans ce contexte, il s’avère effectivement plus ardu de sortir de la masse et proposer quelque chose un minimum différent et original sans être catalogué dedans. Je pense toutefois qu’Ecclesia ne peut par essence pas être intégré à cette scène dans la mesure où nous teintons notre doom de fortes influences Heavy, bien plus que Stoner. Nous ne nous forçons pas à faire sonner nos morceaux « old school » ou à les produire de façon à ce qu’ils sonnent comme il y a 30 ou 40 ans.  Le côté « Heavy classique » dans Ecclesia découle de lui-même, de par les riffs que nous écrivons mais aussi par la voix de notre chanteur Arnhwald. Sans compter que malgré notre imagerie et mise en scène religieuses, nous ne sommes pas dans une démarche psyché ni occulte. Nous préférons l’encens d’église et la bière d’abbaye aux effluves de sueur et odeurs de joints.

J’ai chroniqué votre EP dans les crocs du scribe en Décembre. Comme je le disais alors, j’ai été fasciné par le côté religieux des chants grégoriens et le concept de l’inquisition. Je n’ai qu’un « regret » c’est que le côté chants religieux ne soit pas davantage exploité. Est-ce une chose que vous comptez pousser davantage sur l’album ?

C’est drôle que tu aies ce point de vue, car à ce jour les retours que nous avons eus sur cet EP lui reprochaient justement une trop grande utilisation de ces chants religieux. Pour ma part – mais je suis subjectif – je les trouve utilisés à bon escient sur « Witchfinding Metal of Doom » : ils contribuent à instaurer une atmosphère d’adoration de par leur magnificence et à conclure la cérémonie en fin de disque.
L’album en verra figurer quelques-uns mais je peux d’ores et déjà te dire qu’ils seront moins présents dessus. Ce n’est pas tant une question de goût en soi mais plutôt de cohérence sur l’ensemble du disque.

ecclesia witchfinder metal of doom EP Heavy Doom Metal Occulte


Côté conceptuel, d’où vous est venue cette idée de « retour de l’inquisition » ?

Dur à dire, ça ne m’est pas venu du jour au lendemain en un claquement de doigt. C’est plus une réflexion dans la durée, dont l’aboutissement est le lancement d’Ecclesia. Notre dévotion pour l’Eglise et l’Inquisition vient notamment d’une lassitude par rapport aux sempiternelles adorations sataniques et blasphèmes de cour de récréation proférés par une pléthore de groupes de metal en tous genres, mais aussi d’un certain agacement vis-à-vis du metal chrétien, qui est à 99% composé de groupes sans intérêt ni talent (quand je dis metal chrétien, j’entends par là que la foi est revendiquée dans la musique). Soyons honnêtes, est-il réellement possible de prendre au sérieux des musiciens en chemises bien propres sur eux et bien coiffés qui te chantent « Jésus est amour » ? C’est à mourir de rire. Sans compter que beaucoup viennent des Etats-Unis, terreau fertile pour toutes les dérives hérétiques.
Ecclesia est là pour mettre le holà et rétablir un discours vrai ; la Foi catholique, l’Eglise, le Vatican, ce sont les croisades, les bûchers, la torture et l’intransigeance vis-à-vis des dogmes déviants. Soyons fiers, assumons notre discours et partons à la conquête de ces troupeaux de brebis égarées par trop de sous-culture rock délétère.
C’est pour cela que nous prenons à cœur notre sainte mission et que nous avons choisi comme arme la musique pour ramener les pécheurs à Dieu.

Le chanteur de l’EP sera-t-il présent sur la suite ? (Arnwhald). Il chante d’habitude du Black Sympho c’est ça ? C’est un prodige ou quoi ? J

Effectivement, Arnhwald sera présent sur l’album, il a rejoint le groupe à temps plein depuis le courant de l’année 2018 et je ne peux que m’en réjouir au vu de l’étendue de son talent. Il est en effet chanteur dans le groupe Deathcode Society, black sympho à la croisée d’un Emperor et Anorexia Nervosa, mais est aussi impliqué dans divers autres projets musicaux. Prodige, peut-être, en tout cas beaucoup de travail il me semble pour atteindre sa technique vocale et bien évidemment la bénédiction de Notre Seigneur Jésus Christ.

Peux-tu nous relater les conditions de création de vos compos sur l’EP et l’enregistrement de celui-ci, sachant que, comme je l’ai dit dans ma chronique, le son est vraiment excellent ?

A l’exception des soli qui sont du fait de Conrad the Inquisitor, la musique a été entièrement écrite par moi-même (The Witchfinder General), les premières compositions datant de 2016, et il en va de même pour les textes, entièrement imaginés et écrits par votre serviteur, à la nuance près qu’Arnhwald les a légèrement réadaptés pour qu’ils sonnent plus fluides et naturels. Une fois les compositions terminées, j’ai enregistré seul chez moi tout le EP de A à Z (sauf les soli comme je disais), de manière assez artisanale. J’ai ensuite envoyé à Arnhwald les pistes pour qu’il enregistre ses parties de chant et fasse un brin de mastering et le tour était joué. L’enregistrement en lui-même a été assez rapide sans être expéditif, notre volonté était que le disque sonne assez propre tout en gardant un côté spontané et surtout pas millimétré au poil de cul. Mais ça s’est fait assez naturellement.
Concernant l’artwork, il est l’œuvre de Maxime la Combe, notre sixième membre qui est complètement responsable de nos visuels et en grande partie à l’origine de notre scénographie. C’est une personne très talentueuse et son travaille apporte une véritable plus-value à Ecclesia : il est à l’origine de notre logo qui sort de l’ordinaire des logos typés doom ou heavy et a su parfaitement retranscrire dans la pochette l’ambiance médiévale qui imprègne nos compositions.

ecclesia heavy doom occulte français interview par le scribe du rock


Allez-vous jouer avec un « vrai » batteur ou cherchez-vous toujours l’oiseau rare ? ON sait que jouer du Doom n’est pas des plus simples pour un batteur.

Nous avons déjà trouvé notre batteur, il s’agit de The Priest qui nous a rejoints l’année dernière, peu de temps après Arnhwald. Notre line-up est donc complet (avec également Frater Ignis Sacer à la basse) et il nous a permis d’assurer un premier concert en novembre dernier à Paris.

Si Ecclesia devait être un proverbe ?

Drôle de question…je dirais : « Stat Crux dum voluitur orbis ».

Une image ?

L’image qui correspondrait bien à Ecclesia serait une scène de bûcher, une sorcière dévorée par les flammes et hurlant de douleur pour la vie de dépravation qu’elle aurait menée. Face à elle, la figure de l’Inquisiteur, l’homme d’Eglise vénérable qui la fixerait d’un regard victorieux et fier, un sourire au coin des lèvres. Ecclesia est à la fois ce sourire de satisfaction et ce regard triomphant.

A quoi doit-on s’attendre sur l’album ? du scoop, du scoop ! J

Il est encore un peu trop tôt pour en révéler beaucoup, ce que je t’en dirai à ce jour c’est que l’album s’intitulera « De Ecclesiæ Universalis » et comportera neuf titres. Nous aurons cette fois-ci une véritable batterie et de manière générale une véritable production studio, l’enregistrement ayant d’ailleurs déjà débuté. La sortie est prévue pour l’automne 2019 et l’album comportera une reprise. Pour le reste, nous donnerons plus de détails en temps voulu !

Peux-tu nous donner tes 15 albums favoris de tous les temps dans tous les styles, et, éventuellement, ceux des autres membres ?

C’est une question assez large…pêle-mêle et sans compter forcément quinze, je te citerai me concernant « Killers » de Iron Maiden, « Melissa » de Mercyful Fate, « Master of Reality » de Black Sabbath », « Herzeleid » de Rammstein, « Anthems to the Welkin at Dusk » d’Emperor, « The Somberlain » de Dissection, « New Obscurantis Order » d’Anorexia Nervosa, « Sturm und Drang » de Forbidden Site, « Beneath the Remains » de Sepultura, « Opus Eponymous » de Ghost (hé oui !), « Epicus Doomicus Metallicus » de Candlemass, « The Carnival Bizarre » de Cathedral, « Eschatonizer » de Deathcode Society, « Dusk and Her Embrace » de Cradle of Filth » et « Metal Hurlant » de Misanthrope.
Concernant les autres membres, je ne pourrai pas trop répondre à leur place, d’autant que nous avons chacun des influences très variées, qui vont du metal extrême à la musique classique, en passant par des choses plus rock.

Comment vois-tu l’avenir du Metal, à l’heure où les « géants » de la scène (à commencer par Black Sabbath) tirent leur révérence ? Vois-tu des successeurs à la hauteur ?

Il est assez dur de dire à l’heure actuelle vers quoi tend de manière générale le Metal. Les Hellfest, Graspop et autres Wacken sont pleins, pendant que les petites salles sont assez souvent vides. J’ai l’impression que le Metal est devenu un produit de consommation comme un autre. Je remarque que beaucoup de gens prennent et jettent cette musique comme s’il s’agissait du dernier téléphone portable en vogue. Beaucoup se contentent de participer aux grands événements et d’écouter les mêmes grands groupes commerciaux pendant que beaucoup d’autres artistes moins médiatisés mériteraient tout autant. Après, je ne dis pas que le succès commercial est mal en soi, au contraire même si ça peut fédérer, mais je constate que beaucoup trop de monde ne voit pas au-delà, voire, concernant les musiciens, ont ce succès pour seul objectif, malheureusement souvent au détriment de la sincérité de leurs projets. Bref, c’est une question assez compliquée et qui mériterait qu’on s’y attarde bien plus longtemps qu’en quelques lignes. Je ne vois toutefois pas de successeur réellement à la hauteur aujourd’hui. D’un autre côté, le contexte n’est plus le même. Ecrire « Children of the Grave » en 1970 était novateur et les gens achetaient des disques, écrire le même morceau en 2019 n’a plus aucun intérêt et le public de toute manière l’écoutera sur Youtube ou Spotify.

Ecclesia Logo heavy doom occulte de france interview


Espace vierge : tu peux dire ce que tu veux, de la longueur que tu veux J

Je tiens à te remercier pour ton intérêt et ton soutien ! Pour le reste je me contenterai de vous exhorter à vous rendre à la messe et confesser vos péchés ! Deus Vult !

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