Nouvelle Interview avec Archvile King ! - Black Metal - Le Scribe Du Rock - Pierre Avril - Les Acteurs de L'Ombre Productions - Solstice Promotion
Bonjour Baurus ! Tu nous viens de Nantes avec ton projet Archvile King. Peux tu le présenter à nos lectrices/lecteurs ?
Salut tout le monde, salut Pierre, et merci pour cette interview ! Je suis Baurus, je suis le créateur et le seul membre d'Archvile King. J'ai commencé le projet en 2019, et le premier EP, VILE, est sorti en 2020, un genre de melting pot de toutes mes influences musicales, avec du Black, du Thrash, du Rock, le tout en anglais. J'ai ensuite sorti À La Ruine en 2022, qui déjà s'éloignait un peu du Thrash pour offrir quelque chose de plus sombre, plus narratif aussi, approfondissant les notions de world-building que j'abordais dans l'EP. Puis là je sors Aux Heures Désespérées, toujours chez Les Acteurs de l'Ombre, un album bien plus Black Metal dans l'âme, avec plus de tremolo picking, plus de blast beats, et un scénario encore plus approfondi.
Ta particularité est d'avoir débuté dans un registre clairement black/Thrash et d'avoir évolué vers un black metal plus « pur » par la suite. Comment s'est faite ton évolution ?
En réalité je crois que j'ai toujours voulu faire du Black Metal, mais pour moi c'était une entreprise un peu intimidante. Les instrumentaux sont parfois compliqués, le jeu de batterie est extrêmement impressionnant chez certains groupes (comme Fjellström par exemple qui m'a toujours mis sur le cul), sans oublier les vocalistes enragés, avec leurs styles distincts bien caractéristiques. Je pense qu'à la base Archvile King était un peu une façon pour moi de tremper le pied et de voir si j'en étais capable. Au fur et à mesure de mes expérimentations, j'ai su comprendre ce qui me plaisait, ce qui m'allait dans le genre, et y appliquer toutes mes inspirations, que ce soit le Heavy, le Punk, le Hardcore, et une ribambelles d'autres styles qui sont moins visibles mais toujours là, tapis dans l'ombre des nappes d'accords saturés. Le projet a donc commencé avec des inspirations comme Bathory ou même les premiers albums de Sepultura, mais ont vite glissé vers Darkthrone, Dark Funeral, et Mgla, pour n'en citer que quelques-uns. Ça a demandé du travail aussi, pour pouvoir apporter la technique nécessaire à mettre en forme les mélodies qui m'inspiraient, les travailler à la main, seul, et les transformer en quelque chose qui me plaise.
Avec ce nouvel album Aux Heures Désespérées tu nous entraînes dans un univers médiéval/fantasy.
Peux tu nous parler de l'histoire qui se cache derrière ?
L'univers de ma musique se passe dans un royaume damné appelé le Royaume Avili (comme narré par la talentueuse Andreea Dinag dans l'intro de À La Ruine). C'est un royaume abandonné par la lumière, dirigé par un squelette centenaire, général de guerre impitoyable, appelé le Roi des Vers. Il est tapis dans sa forteresse aux murs immenses, et par sa simple présence, il corrompt tout autour de lui. La nature se transforme en un marais abject, les animaux s'animent en carcasses pourries, et les humains deviennent des parodies, fous, cannibales, porteurs de maladies immondes, et venant sans cesse abreuver les rangs de son armée.
Dans VILE, on apprenait l'existence du Roi des Vers à travers l'invitation à son banquet. Dans À La Ruine on en apprenait un peu plus sur son royaume, sur son accession au pouvoir, et sur ses petites manigances. Ici, dans Aux Heures Désespérées, on se penche sur une bataille fatidique, celle qui va cimenter sa toute-puissance, dans la défaite de la dernière armée qui se tint face à lui. L'album est chronologique, donc les chansons avancent en même temps que le massacre. Il commence par les braves chants entonnés par les soldats aux armures rutilantes, passe par le massacre et l'humiliation, et finit sur le silence du champ de bataille. On y aborde des thèmes connexes, comme la responsabilité de continuer les batailles d'une génération antérieure, la guerre bien entendu, mais aussi l'amour d'un père pour son fils, et l'honneur.
Tu sonnes beaucoup plus sombre et moins rock'n roll que bon nombre de groupes estampillés black/Thrash. La mélancolie est aussi présente dans cet album. D'où cela t'est venu ?
Je pense que les coupables sont mes inspirations principales : la littérature dark fantasy et les histoires de chevaliers. On évolue dans des univers sombres, marécageux, les forteresses de pierres froides, et les histoires d'héroïsme détaché. J'aime à penser que je parviens à faire transparaître une trame sombre et profonde (la même qui sert de canevas à mon univers) à ma musique, mais que j'arrive à y moucheter des moments où d'autres émotions transparaissent, comme la fierté, la peur, la joie, la mélancolie. Je crois que sur cet album, la musique est guidée par la narration, et étant donné le thème, la mélancolie était un peu de rigueur !
Même si je disais que tu t'es rapproché d'un black mélodique et moins thrash qu'à tes débuts, on entend encore ici des influences heavy et thrash, notamment dans les guitares. Cela fait il partie de ton ADN ?
Comme disait l'autre, « nous sommes les mosaïques de tout ce que nous aimons ». J'ai écouté de la musique toute ma vie, suis passionné par le medium, et il me serait impossible de choisir un seul genre. J'aime le Stoner (Electric Wizard, Fu Manchu), le Thrash (Power Trip, Sepultura), j'aime le Heavy, j'aime la Bossa Nova, la Drum'n'Bass, et je pense que peu importe à quel point je tente de m'enfermer dans un style, les autres referaient surface irrémédiablement. Ce qu'on entend dans Aux Heures Désespérées est mon estocade, ma botte, un essai vers un Black Metal plus approfondi, presque pur, et voyez le résultat ! On y entend quand-même du Heavy, du Thrash, on entend des parties plus calmes, et même des moments de musicalité plus orchestrale. Ces influences font partie de l'ADN d'Archvile King, et font partie de mon ADN à moi.
Tu avais fait un split avec le groupe bordelais Simulacre. Peux tu nous parler des groupes qui te branchent, tes coups de cœur récents et les albums qui ont été fondateurs pour Archvile King ?
Je pense que dans mes plus grosses inspirations, il faut compter Mgła, pour leurs instrumentaux extrêmement efficaces et qui restent dans la tête. J'ai été obsédé par le son d'Exercises In Futility II que je trouve virtuellement parfait. Bon, j'en écoute moins maintenant du Mgła, pour des raisons politiques assez évidentes. Il faut compter aussi très largement Kvelertak avec leur Black'n'Roll super dansant, bien groovy, toujours teinté d'un Black Metal un peu pernicieux. Dans les toutes premières inspirations, il faut parler de Falkenbach (Bluot Fuër Bluot, un amour infini), et Enslaved, qui ont été tout deux des groupes charnières entre ma période un peu plus Folk et mon envisagement (apparemment c'est un vrai mot) du Black Metal. Mais le tout départ, ce qui m'a poussé à la musique, aux albums concept, à la narration, et à la poésie, c'est Nine Inch Nails, aussi étonnant que ça puisse paraître.
Dans les coups de cœur récents, il faut compter Wiegedood qui sont absolument déchaînés, furieux, sauvages, incisifs, et qui m'ont beaucoup inspiré pour les parties du point de vue du Roi des Vers, et aussi Akhlys avec leurs instrumentales complètement folles, étouffantes, omniscientes, comme la track "Maze of Phobetor" dans laquelle on se retrouve enfermés, poursuivis, et harcelés. C'est un giga trip duquel je suis extrêmement fan.
Si Archvile King devait être une citation ou un proverbe ça donnerait quoi ?
Un jour un de mes meilleurs amis m'a dit « quand c'est la fin des haricots, c'est le début des coquillettes », j'ai jamais su ce qu'il voulait dire par là, j'ai jamais compris l'expression non plus, j'ai juste trouvé ça très poétique et plein d'espoir alors je vais rester là-dessus. Je vous promets que j'ai essayé de trouver un truc un peu plus classe, mais j'ai pas réussi.
As tu un message à faire passer à nos lectrices/lecteurs ?
Je tiens à remercier tous ceux qui ont écouté ma musique, tous ceux qui ne l'ont pas encore écouté, et ceux qui comptent même pas y toucher ! Continuez à lire, à écrire, et gardez les yeux ouverts parce que les fans de jeu de rôle auront peut-être un truc à se mettre sous la dent, en rapport avec le Royaume Avili 🖤💀
Enfin, grand merci à toi Pierre pour cette interview, longue vie au Scribe du Rock !
MERCI !
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