LES CROCS DU SCRIBE NUMÉRO 14 : BLATTE/HUNAB KU/STROMPTHA/ETNA/BUSHPIG SCAT BUTCHER/IN ARTICULO MORTIS/DEATH POWER

death power vivisection thrash/death france

Chères Scribeuses et Scribeurs, c'est donc en ce dur frimas hivernal prompt à nous donner ses miasmes scrofuleux que nous nous retrouvons, avec un Scribe bien mal en point au fond de sa grotte et sous sa couette de noir satin (kof kof !!). Malgré la fièvre et les bubons de peste commençant à faire leur apparition, le Scribe a tenu une fois de plus a vous faire partager ses découvertes récentes ou venant d'un lointain passé. Car qu'il s'agisse des excellents Grindcoreux de Blatte et de leur album mixant avec brio maints genres de Metal Extrême, ou encore de Hunab Ku et de son Black Metal Old School venu du Costa Rica, voire de Stromptha et de son Black Metal atmosphérique gorgé de Post-Punk, en allant même du côté de Bushpig Scat Butcher, ignoble entité venue d'Australie pratiquant un Horrorcore Rap plongeant ses racines dans le Goregrindcore et les lacs de sang, ou encore du côté non pas de chez Swan mais d'Etna, délicat projet d'Ambient Doom d'une grande beauté, que nous replongions dans un temps que les moins de quarante ans ne peuvent pas connaitre avec le Black Metal sulfureux des Avignonnais d'In Articulo Mortis ou enfin du Thrah/Death précurseur et sauvage de Death Power, tous ont un point commun : avoir su faire chavirer le vieux coeur déchiré de votre Scribe....Kof ! Kof ! Je vous laisse donc en infâme compagnie, avec ces musiques qui remuent, détruisent, émeuvent, violentent et jamais O Grans jamais ne laissent de glace....Allez, je retourne voir la sorcière du Bois Maudit pour lui acheter quelconque breuvage...Kof ! Kof !
Je ne vous fais pas de bise, je suis contagieux....
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BLATTE "The First Blattesphemy" (2017, Inhuman Homicide Records)

Le Genre : Grindcore meets Black Metal 


Enfantés par l'excellent label français INHUMAN HOMICIDE RECORDS (référence en matière de Grind, voir leur interview chez le Scribe ICI ), voici le premier rejeton de BLATTE. La blatte est ce charmant insecte qui peuple depuis plusieurs siècles les logements insalubres et se multiplie à la vitesse de la lumière pour le plus grand dégoût de tous. 
Ici point de cela. Généré par le seul Ré, homme à tout faire grindesque, cet EP de 6 titres nous propose différentes nuances du genre, à commencer par un Grindcore extrême virant sur le Noisegrind sur le premier titre "Welcome to our world". Après quoi les chèvres bêlantes et boucs sulfureux semblent vouloir nous donner un dernier avertissement avant l'annihilation pour un titre entre Grind et Black Metal noir comme la suie ("The Great Sheep"). Les vocaux sont sursaturés ou en version "débouche cuvette Goregrind" et musicalement, le monsieur maîtrise largement sa palette, se permettant de forts jolis apartés guitaristiques. "Famous" débarque et semble vouloir nous déboiter la tête avec quelques relents slam bien ajustés, avec une science du mid-tempo et des phrasés de guitares mélodiques qui donnent une vraie lourdeur et une variété absolument passionnante au son du groupe, moins monochrome que celui de bon nombre de formations. 

blatte grindcore goregrind band

Les cinq secondes de "Pas le temps de Niaiser" n'ont pas le temps de s'installer que débarque le Black Metal (parodique ?) grindifié de "Blattesphemy" et ses sonorités à la Mayhem, entrecoupées de plans Crust du meilleur acabit. Ré nous montre toute l'étendue de ses talents musicaux sur ce long titre (pour du grind) de plus de 3 minutes. Débarque le final "Treason" et son grindcore violent et Punk, rongé par les blattes du Deathgrind et du Goregrind poisseux et lourd. Bref, vous l'aurez compris, Blatte nous propose ici une version de ce genre très intéressante par la variété des titres et la grande musicalité de l'ensemble. Sachez que vous pourrez retrouver Ré en interview dans Le Scribe du Rock au mois de Février, donc très bientôt et que vous en saurez plus sur ce groupe vraiment à part dans le paysage Grindcore Made In France. PS : Les titres sont en téléchargement gratuit sur Bandcamp, profitez-en !

La Note du Scribe : 8,5/10



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HUNAB KU "Dematarialising the Essence" (2017, Autoproduction)

Le Genre : Black Metal Old School du Costa Rica


Votre scribe a été contacté par Lord Eythraz, étrange et sombre entité costaricaine oeuvrant (au noir) derrière tous les instruments et vocaux de Hunab Ku. Rencontre étrange avec un Lord Eythraz faisant un bel effort pour me contacter EN FRANCAIS s'il vous plait. Sa musique m'a tout de suite envoûté, et je me suit dit tout de suite que je souhaitais vous la faire connaitre. L'EP Dematarialising The Essence, dont il est question ici, est sorti en 2017 au Costa Rica en autoproduction et nous propose quatre titres d'un Black Metal Old-School infecté par la première vague du genre, et en particulier Bathory, qui saute rapidement aux oreilles. Le groupe ne cherche pas la surenchère de vitesse mais déploie une atmosphère noire aux guitares de tronçonnant comme un Darkthrone réincarné dans ses habits du début des années 90. Raw, Sale et puant tel le bouc, le Black Metal de Hunab Ku respire la sincérité et l'authenticité de ceux qui n'ont cure des modes. A cheval donc entre le proto-Black des 80's et le TRVE Black des 90's, Hunab Ku ravira toutes celles et ceux qui ne cherchent pas un groupe qui veut expérimenter avec le genre, au risque parfois de le détruire, mais plutôt à perpétuer une abomination malsaine établie par les canons d'une certaine époque. Néanmoins, réduire Hunab Ku à un énième groupe "à l'ancienne" serait un peu court, car le groupe possède une réelle personnalité, et un morceau tel que "Fight with Ancient Blood" et ses choeurs d'esclaves de l'enfer est absolument saisissant. 

hunab ku dematerialising the essence black metal costa rica

Noble et majesteux, le Black Metal pur et sans tâches de Hunab Ku est un ravissement pour le coeur de ceux qui apprécient l'art noir, le vrai...

La Note du Scribe : 8,5/10

LE BANDCAMP DU GROUPE


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STROMPTHA "Odium Vult" (2018, Ossuaire Records)

Le Genre : Black Metal Atmosphérique Occulte de France


Voila encore une de ces belles découvertes que le Scribe a le plaisir de recevoir du fin fond de sa tanière. 
Pratiquant une musique fort originale, qu'il décrit lui-même comme "Métal noir occulte médiéval à résonance urbaine"le one-man band Stromptha, porté par l'étrange Cardinal Doom, venu de la belle Occitanie, nous propose ici sur quatre longues plages (trois de plus de neuf minutes, sans jamais que le petit doigt du moindre ennui ne se fasse jour) un Black Metal raffiné, tout en atmosphères, qui, bien que noir comme le corbeau, sait se montrer musical et majestueux. Les vocaux de Cardinal Doom oscillent entre cris Black personnels, lourds de chagrin et de souffrance,et chant clair en voix plus grave, donnant une couleur Post-Punk à l'ensemble. Bien entendu, l'ombre de mon groupe préféré, Blut Aus Nord, vient à l'esprit par instants, sans que pour autant Stromptha ne soit un quelconque plagiaire. Car il s'agit ici tout au plus d'une inspiration (et autant prendre les meilleurs pour s'inspirer, non ?), on pense aussi parfois au Shining de Niklas Kvarforth (l'aspect mélodique et mélancolique et ce chant déchirant, entre le hurlement de douleur et la haine et ces guitares œuvrant à de sombres mélopées dont la mélodie n'est pas absente).

Stromptha Black Metal Atmosphérique Occulte

Attention, toutefois car, à l'instar des pré-cités Shining et Blut Aus Nord (revendiqués par Stromptha en tant qu'influences, ce à quoi ils ajoutent Godspeed you ! Black Emperor, Gorgoroth et le "Renewal" de Kreator) Stromptha a beau nous donner de la beauté, elle n'en n'est pas moins bien sombre et vénéneuse. Occulte et hypnotique, la musique du groupe ne nous transporte pas vers les côtes du Paradis, mais plutôt vers les tourments de l'enfer éternel. A la fois authentique et originale, puissante et mélodieuse, la musique de Stromptha est une invitation au voyage non sans risque pour l'esprit faible. Jamais démonstrative ou vulgaire, ici le venin opère en se distillant de plage en plage (essayez "Durh", deuxième plage du disque et son mid-tempo quasi tribal et ce passage de basse absolument inédit). Je le dis souvent, mais, au risque de me répêter, la France possède un vivier de groupes de Black Metal absolument incroyable qu'il nous faut chérir, encourager, faire vivre, et Stromptha fait parti des priorités. Pour mois une de mes plus belles rencontres musicale de ce début d'année. Et le plaisir se prolongera par une interview dans ces colonnes, qui nous donnera l'opportunité de mieux connaitre Stromptha, belle promesse du Metal français, qui a déjà un nouvel album "sur le feu"... 

La Note du Scribe : 9,5/10

LE BANDCAMP DE STROMPTHA

LE SITE D'OSSUAIRE RECORDS

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ETNA "Fides" (2018 pour la version digitale, 2019 en physique)

Le genre : Ambient Doom Metal Onirique


Connaissez vous l'Ambient Doom ? A l'instar du Funeral Doom, avec lequel il partage des traits communs, ce sous-continent du Doom Metal offre une musique d'une rare beauté, forte de paysages alanguis comme autant de modèles nues dans l'atelier du Caravage. 
C'est toujours en France, et du côté de Nantes plus précisément, que nos pas nous conduisent, pour aller à la rencontre d'ETNA, volcanique one-man band porté par le seul Kaelig Cornec. Encore une belle découverte pour moi, et un artiste passionnant qui m'a contacté et donné à entendre sa magnifique création. J'ai vraiment beaucoup de chance !
Au menu de ce déjà troisième album d'Etna, après "Ascension" et "II", une (faussement) douce musique qui va vous bercer tout en vous crevant l'âme de manière immensément subtile. Je parlais plus avant de Funeral Doom, et il est vrai que la musique déployée par Etna a en commun avec le sombre courant initié par les finlandais de Thergothon de se déployer sur un temps long (deux titres dépassant les quinze minutes et une fort belle reprise d'"Ascension" de Dead Can Dance) a un tempo viscéralement lent (parfois à la limite du statique. Plus proche d'un Shape of Despair que de Tyranny, l'Ambient Doom ici proposé nous emporte aussi tel le reflux avec de larges riffs de guitares mélancoliques à la limite du Drone, mais toujours dans un univers musical mélodique, et Ambient, avec parfois même une disparition de la batterie pour ne plus laisser que quelques phrasés de guitare beaux à pleurer nous conter fleurette. Car si les nappes synthétiques nous guident, ici point de voix ni de chant, la musique est instrumentale, atmosphérique au sens le plus strict du mot. 

ETNA AMBIENT DOOM BAND

Amateurs de musiques de films, d'ambiances oniriques rêveuses et sombres (mais pas toujours, la lumière pointe souvent au loin) et d'un voyage musical en forme de trip, vous serez comblés par Etna, qui, tel le volcan duquel il tire son nom, n'entre pas forcément en éruption, mais menace en permanence de le faire. On pense parfois aux passages les plus atmosphériques de Blut Aus Nord, encore eux, sans que jamais ici le risque de confusion ne fusse possible. 
Etna, volcan musical, a une belle personnalité, et forte aussi, une identité bien ancrée et me permet de partager encore une belle découverte. Vous retrouverez bientôt Kaelig ici pour une interview qui promet d'être passionnante, et qui nous donnera, peut-être, quelques pistes supplémentaires pour suivre la trace de ce magma sonore. L'album est en téléchargement gratuit sur le Bandcamp du groupe, dont le lien est ci-après...

La Note du Scribe : 9,5/10

LE BANDCAMP D'ETNA


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BUSHPIG SCAT BUTCHER "The Art of Gore" (2018, Butchers Harem Productions)

Le Genre : Horrorcore Gore Rap


Oh ! Je vois déjà vos têtes, et leur grimace peu gracieuse, renforcée par vos yeux, perplexes et emplis de terreur : DU RAP ? QUOI !!! MAIS CA VA PAS ???

Eh oui mes chers enfants, il faudra vous y faire, mon outing étant fait depuis les années 80 : j'ai toujours beaucoup aimé le Rap. Attention, le bon ! Celui qui a une âme et remue les tripes. Ainsi fut il de Public Enemy au Wu-Tang Clan en passant par Eminem, NTM, IAM, les premiers Booba et la nouvelle scène Noise Rap/Punk Rap/Trap Metal que je trouve VRAIMENT innovante et excitante. Bushpig Scat Butcher, venu des antipodes (l'Australie pour être précis) est le fruit du travail et de la folie de son géniteur, ancien musicien de Grindcore "reconverti" en rapper Gore et Horrorcore. L'horrorcore étant ce genre de rap sombre et sanglant, traitant de joyeusetés comme les tueurs en série, la torture, le viol, le meurtre et même le satanisme depuis ses débuts avec le groupe Gravediggaz (lancé à l'époque par l'éminent RZA du Wu-Tang Clan). En bref, un rap noir comme la mort, violent et lourd, malsain à en étouffer. On est ici fort loin de Big Flo & Oli, rassurez-vous. Nécro a été (et est toujours) un des grands noms de cette scène qui n'a rien à envier au Punk et au Metal en matière d'extrémisme.
Mais revenons-en à Bushpig Scat Butcher. Le bien nommé "The Art of Gore" nous pose dès les premières secondes dans une ambiance macabre et sombre, digne du Gaspard Noé d'Irréversible. On sent vite que l'on n'est pas ici pour s'amuser. Le beat arrive, lourd comme un 38 tonnes, entouré de sonorités musicales dignes du meilleur film d'horreur (réminiscences de John Carpenter ici ou là). La voix, grasse et à la limite du Grunt DeathGrind, nous raconte des horreurs dignes du Cannibal Corpse des débuts ou de Carcass (intestins molestés, execution anale, massacres de masse d'innocents enfants, tueurs fous ou démons sortis des enfers) avec un souci du flow et du groove qui reste constant, renforçant l'impact macabre de la bête. 

Bushpig Scat Butcher The art of Gore Horrorcore Gore Rap


CE DISQUE N'EST PAS DESTINE AUX ENFANTS ABREUVES A LA MERDE INFÂME DE JUL !!!
Métalleux et Punks, Coreux et Grinders allergiques au rap, essayez de prêter une oreille sans apriori sur cette galette ténébreuse, digne d'un Bernard Hermann (oui le Mr Musique d'Hitchcock), violente et teigneuse comme un loup-garou biélorusse qui s'attaque à votre mollet devant un gang de Skinheads avinés. 
Maniant le mic avec dextérité, Bushpig Scat Butcher ne dévie pas de son objectif : la destruction massive ! Nous retrouverons bientôt les australiens en interview, afin d'essayer de mieux comprendre leurs cerveaux de psychopathes...Hannibal Lecter peut aller se coucher ! Rap with Blood and Genital torture : Bushpig Scat Butcher !

La note du Scribe : 9,5/10

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IN ARTICULO MORTIS "Testament" (2016, Herbert West Productions)

Le Genre : Black Metal Mélodique Vauclusien


La scène underground française est remplie d'exemples de groupes qui auraient pu percer, ou tout au moins faire "carrière" car ils en avaient le potentiel et suffisamment d'originalité pour sortir du lot. Nous parlons d'un temps ou Internet n'était pas encore devenu cette immense machine à diffuser de l'information et de la musique, entraînant une inflation de groupes et de sorties (pour le meilleur et pour le pire). Car In Articulo Mortis est un groupe disparu il y a fort longtemps. Fondés à l'Isle Sur La Sorgue (Vaucluse) en 1992, le groupe va sortir une cassette promo en 1994 et une deuxième démo baptisée "Sombre Mélancolie" en 1995. Ils vont ensuite travailler sur ce qui devait être leur premier album "Anthems Of The Sons Of Dusk". Mais, comme cela arrive souvent dans le cas des groupes du royaume de France, et encore plus dans le Sud maudit pour le Rock'n'Roll, le groupe va splitter avant d'avoir pu aller au bout de cet album. Une vraie aura de mystère planait pourtant autour du groupe, en ces années où le Black Metal faisait peur, et l'on ne connaissait pas ses membres (même si j'en ai côtoyé trois à titre personnel mais chut ! certaines légendes sont plus belles quand elles restent légendes). Le groupe déployait un Black Metal fort mélodique, agrémenté de claviers et d'ambiances "à la suédoise" (plus Dissection que Mayhem). C'est donc en 2016, et à la surprise générale, que les ex-membres, retirés de la scène BM depuis les années 90, vont remettre le couvert et enfin enregistrer cet album, qui devient "Testament" (titre de circonstance) et reprend plusieurs titres des deux démos. Les musiciens sont bien meilleurs qu'à l'époque, le son aussi, et leur Black mélodique lorgnant parfois sur des sonorités New Wave/Post-Punk ("My Underwater Queen") réveille en nous un sentiment de nostalgie. A l'écoute de cet album, sur lequel on entend aussi les influences du Celtic Frost de "Into The Pandemonium", on se dit qu'on tenait quelque chose. 

In articulo mortis black metal france

Alors oui, tous les titres ne sont pas égaux en qualité (le contraire serait étonnant) mais certains sortent vraiment du lot, comme ce "Succubus" à la limite de l'expérimental, et l'ensemble s'écoute avec un réel plaisir, pour peu que l'on soit sensible à ce BM mélodique et truffé de claviers (parfois mixés très en avant). Pour autant, le chant reste agressif et presque "Nécro", ce qui insuffle une morbidité certaine dans ce climat mélodieux. Merci à Herbert West Productions d'avoir permis l'exhumation de ce groupe qui en avait marqué certains en ces lointaines années (ou ils faisaient partie des pionniers) et qu'enfin voit le jour de cet album maudit, qu'il aurait été dommage de ne pas entendre. Même si l'on sait que les chances sont nulles, on se prend à rêver à un groupe ressuscité d'entre les morts travaillant sur du nouveau matériel...AMSG 

La Note du Scribe : Je ne note pas la nostalgie ou les groupes surgis du passé

LE BANDCAMP DU GROUPE

LE SITE D'HERBERT WEST PRODUCTIONS





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DEATH POWER "Vivisection" (démos 1987) (Facthedral's Hall/The Ritual Productions)

Le Genre : Speed/Thrash Metal du Vaucluse

Aaaaah...Death Power ! Que de souvenirs remontent dans mon petit cerveau de groupie du Metal (en tout bien tout honneur, hein) à l'évocation de ce nom. Vauclusiens, comme In Articulo Mortis (DP étant basés à Orange) ils ont sévi entre 1986 et 1991. Madeleine de Proust personnelle, les deux cassettes dont il est question ici ("Speed Thrash Core Machine" et "Keep it, fuck more...") apparurent comme par magie dans mes jeunes menottes par la grâce du tape trading alors en exercice. Je me souviens, je fus emmerveillé par l'extrémisme de l'ensemble (la vulgarité visuelle des graphismes, la violence musicale d'une puraté remarquable) moi qui cherchais à cette époque le groupe le plus ultime (et je venais successivement de me prendre Slayer, Venom, Celtic Frost, Bathory et Napalm Death dans les gencives).
Dire que Death Power, maudits parmi les maudits de cette Provence qui n'a jamais réussi à ses ressortissants (sauf quelques exceptions, comme Famine) jouait du "thrash" ne veut plus rien dire en 2019, ou le genre est revenu avec ses vestes à patches par le biais d'un revivalisme douteux, figeant un genre qui ne l'était pas à l'époque (figé). A l'écoute de Death Power, et des deux cassettes réunies ici en particulier, on ne pensait pas comme cela : on y entendait certes du Thrash extreme presque Death, mais avec un son clairement Punk et crade comme il se doit : Speed Thrash Core Machine ! C'était ça Death Power, un groupe violent et sale, dangereux, dont on se foutait de quel style ils pouvaient se revendiquer : ils faisaient peur, on était heureux de les connaitre, comme un secret bien gardé. En ces temps reculés ou le terme Speed Metal signifiait encore : tu vas te prendre une mandale et pas, tu vas écouter Grave Digger ou du Power allemand chiant comme une pluie froide. 

death power vivisection speed thrash metal

Réunies ici par l'accouplement monstrueux de deux labels que je chéris particulièrement, le hollandais The Ritual Productions  et le français Facthedral's Hall ces deux démos sont présentées sous le titre "Vivisection", ce qui n'est pas du tout un hasard ou un nom ayant pour but de choquer : le trio (dont le batteur Stéphane Guegan, également frappeur chez Agressor, nous a hélas quittés en 2018) avait en horreur la vivisection animale contre laquelle il s'élevait avec force. Eh oui, venus d'un temps où le Metal pouvait être militant comme le Punk sans être chiant pour autant ou moralisateur comme les antifas des années 2010, Death Power semblent appartenir pour toujours à ce passé révolu, mais la grâce de cette sortie peut permettre aux plus jeunes d'entre vous de les découvrir, et d'entendre un vrai putain de groupe de speed/thrash méchant comme la teigne à l'oeuvre, tandis que les vieux putois de ma sorte se replongeront avec délice dans ces morceaux sans âge, le temps de revivre pour quelques minutes leur adolescence. INDISPENSABLE !!!!

LE BANDCAMP DE DEATH POWER


DEATH POWER SUR FACTHEDRAL'S HALL


LE FACEBOOK DE THE RITUAL PRODUCTIONS



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Et voila pour ces "crocs" remplis jusqu'à la gueule. En espérant, chères scribeuses et cher scribeurs, que vous aurez trouvé de quoi faire votre marché et découvrir, qui sait, de nouvelles saveurs musicales...Nous nous retrouvons donc la semaine prochaine pour de nouvelles chroniques dans lesquelles j'évoquerai un autre récent coup de coeur (quel début d'année !) avec le belge MOYEN et sa "Variété Sombre"....Petit teaser avec le Bandcamp de ce personnage haut en couleur et hors normes : https://moyen.bandcamp.com/album/moyen-pas-mal

Salut !

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