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Melancholy & Black Metal : interview with(avec) MORTIFERA - French & English text - Black Metal France

MORTIFERA : IV - Sanctii Tristhess by Apparitia Recordings "C'est un mouvement musical qui commence à avoir de la bouteille mais qui a su évoluer. Certains acteurs de cette scène sont encore là aujourd'hui, toujours actifs et fidèles à l'esprit de ce mouvement contestataire." A notre époque de fake news et de fake bands, il est plus important que jamais de remettre quelques pendules a l'heure. J'ai pu m'entretenir avec Mortifera, représentant depuis une vingtaine d'années d'un black metal authentique, à la fois fidèle à ses racines mais également doté d'une vraie personnalité, et notamment d'un sens mélodique très puissant. Merci a eux de revenir de temps a autre nous rappeler ce qu'est le black metal, et l'actualité chargée de Mortifera va nous délivrer des groupes en carton : un cinquième album en passe de sortir, et un sixième dont la musique est d'ores et déjà enregistrée ! Merci a eux ! Noktu, Spektor, bienvenue dans

Un Peu de Lecture nous rendra moins bêtes ? Interview avec François PICCA, auteur de thrillers ésotériques et métalleux !

"J’écoute constamment de la musique lorsque je lis ou écris. Est-ce que cela se ressent dans l’histoire, dans le style d’écriture ? Je n’en sais rien, mais c’est absolument fabuleux d’avoir une BO dans les oreilles lorsque tu parcours un bon roman d’horreur page après pages ou que tu essayes de poser sur papier une véritable boucherie." (François Picca)

Le Coffre par François Picca

En ces temps confinés il est un aspect positif : nous pouvons enfin prendre le temps de lire des livres ! C'est bon pour l'imaginaire, le cerveau, et c'est bon pour le moral. Aujourd'hui, en compagnie d'Adeline, nous avons le plaisir d'accueillir François Picca dans l'Antre du Scribe...Ce dernier a signé avec "Le Coffre" un splendide Thriller ésotérique de toute noirceur ! Nous parlons de son livre avec François, mais aussi de ses influences et du Metal, qui reste sa musique de chevet ! Bonne lecture et bonne lecture ! 


Questions par Adeline Wall & Pierre Avril pour Le Scribe du Rock

Le Coffre François Picca

Bonjour François, bienvenue chez le Scribe ! Première question concernant ton livre “le coffre”...Comment t'es venue l'idée de tourner ton histoire autour du Dieu Janus ?

Bien le bonjour cher Scribe ! Tout d’abord, merci à toi de me donner la parole avec Adeline. Pour comprendre mon choix de centrer une histoire sur Janus, il faut remonter à mes premiers pas dans l’écriture. Comme beaucoup d’auteurs, j’ai décidé de franchir le stade du « simple lecteur » en écrivant des nouvelles par-ci par-là. Et j’avais en tête cette intrigue de départ : un homme qui recevrait chez lui un petit coffre-fort (comme ceux que l’on trouve dans les hôtels et les hôpitaux) avec une combinaison que, bien sûr, notre principal protagoniste ignorerait. Je ne peux malheureusement pas en dire beaucoup plus car sinon je spoilerai le livre mais, il faut savoir que j’avais une idée précise de ce que contiendrai ce fameux coffre…. Et le rapport avec Janus était indissociable. Au final, c’est ce Dieu qui s’est imposé à moi et non un choix initial. Puis, l’histoire est devenue plus longue que prévu et s’est imposée à moi comme un roman. Ayant toujours été très attiré par la mythologie et ce, depuis mes jeunes années, ce fut un véritable plaisir de faire des recherches sur ce Dieu qui, on l’oublie souvent, est une pierre angulaire de la mythologie romaine ! 

Francois Picca


La structure du roman tisse une intrigue assez complexe, en plusieurs actes. Est-ce dû à un travail en amont ? Ou bien c'est ainsi que ton esprit fonctionne de façon naturelle ? 

Je t’avoue travailler différemment selon ce que j’écris. Je l’ai compris avec mon second roman qui est en cours. A l’époque de l’écriture du Coffre, nous étions en 2015 ! Et dans mes souvenirs, j’avais ce prologue en tête (ainsi que l’élément déclencheur principal comme expliqué plus haut) et ce personnage de flic infiltré. Mais je ne savais absolument pas où j’allais atterrir ! Crois-moi ou non, je me suis mis à lister quelques personnages histoire de ne pas tout centrer sur nos deux principaux protagonistes (Guy et Sarah) et je me suis rendu compte qu’au fil des chapitres, ces personnages secondaires auraient fatalement leur utilité. En revanche, j’ai une façon de fonctionner qui est ainsi : c’est en avançant dans l’histoire et le nez à 200% dedans que les idées d’éléments qui vont venir perturber l’intrigue ou aider à résoudre ce puzzle du coffre se mettent en place. Je prends alors des notes à la suite de mes chapitres déjà rédigés, et petit à petit, je résume de manière très bas du front, avec mes propres mots, comme si je parlais à l’oral, ce qu’il doit se passer dans le chapitre suivant et les détails qui auront leur importance. Et ainsi de suite, jusqu’à la fin du roman. En gros on peut dire que c’est un résumé succinct qui se construit dans les grandes lignes au fil de l’écriture. 

Et parfois, il m’arrive même de revenir en arrière afin de rajouter un élément capital (ça m’est arrivé notamment pour la scène du prologue mais je n’en dis pas plus éhé) qui m’aidera à dénouer certains liens de l’intrigue. 

Et putain, cette sensation d’être Dieu en quelque sorte, c’est vraiment jouissif dans la passion d’auteur !! Je me sentais un peu comme Dewey dans Malcolm, tu sais ? Quand il bâti une ville en jeu de construction et crée son armée : « toi tu vis, toi tu vis, toi tu crèves ! » aha. 


Le Coffre François Picca

Parmi les auteurs que tu cites en références c'est avec Clive Barker et Graham Masterton que la lecture du livre m'amène à comparer ton style. Qu'en penses-tu ? 

Graham Masterton est en effet ma première inspiration car il mixe énormément ce côté horrifique avec du mystère, de l’enquête même parfois et parle souvent de divinités ! Le mec, je l’ai découvert durant mon adolescence. Lors de vacances estivales dans le Sud de la France, une cousine m’a donné Le maître des mensonges en me disant que ça l’avait dégoûtée des romans d’horreur. Inutile de te dire que, de mon côté, j’ai pris un pied pas croyable, aha ! Et, loin du côté répulsif, j’ai trouvé cette histoire fascinante. Et c’était bien avant de me plonger dans Stephen King ! 

Pour l’anecdote, en juin 2019, pour mon premier salon à Douai (Les géants du polar), il était parrain de cette édition et la veille, j’ai eu l’incroyable chance de manger au restau face à lui…Je te laisse imaginer l’émotion qui m’habitait, c’était un vrai rêve d’ado ! En plus, le salon tombait pile poil le jour de mes trente ans…. 

En ce qui concerne Clive Barker, je suis moins enthousiaste aujourd’hui concernant ses livres. Une bonne partie de ses œuvres est incroyablement longue et pourrait faire passer un épisode de Thalassa pour un blockbuster à succès aha. En vérité, je le préfère à l’écran et sur ses recueils de nouvelles. Et puis, Hellraiser quoi…. Rien que pour cet univers, il mérite de faire partie des influences de tout amateur d’horreur ! 

Enfin, pour finir, lors de l’écriture du Coffre, il faut savoir que je voulais ajouter quelque chose en plus pour ne pas en faire un énième roman d’horreur. Lorsque je l’ai écrit, je dévorais Maxime Chattam – d’ailleurs, le prénom Guy du Coffre est une référence à son incroyable diptyque Léviatemps/Le requiem des abysses – et mon roman à pris naturellement cette orientation très marquée par le Thriller contemporain. 

Tu n'as pas peur de décrire une certaine cruauté. Tu ne tournes pas autour du pot quand il s'agit de scènes de violence. Ce n'est jamais gratuit cependant. Est-ce que ces scènes sont difficiles à écrire ? 

Ta question en implique une autre sous-jacente : qu’est-ce qui fait qu’on aime lire/voir des scènes bien thrash et comment y trouver du plaisir ? Le livre Le bel effet Gore de Jean-Philippe Mochon, qui décrypte le phénomène de la collection Gore chez Fleuve Noir édition dans les années 80, y répond de manière très succincte mais parfaite ! Pour résumer, le fait d’apprécier des choses qui, pour le citoyen lambda serait répulsif, est comme une catharsis personnelle. Evidemment que je ne souhaite pas voir dans la réalité des gens torturés à mort, la souffrance insoutenable d’une personne innocente (et même d’un ennemi…et pourtant, à mes yeux, ce ne sont pas les ennemis qui manquent aujourd’hui aha) ou même de tout être vivant ! Sinon, cela voudrait dire que je suis sociopathe ou psychopathe (fin bref, n’importe quel mot si cher à Esprits Criminels qui se finit en -pathe). A partir de ce postulat, et comme j’apprécie de la meilleure manière possible la violence, le gore et l’insoutenable, créer ce genre de scène devient un véritable plaisir ! 

Je vais faire une analogie avec le thème principal de ton webzine. Que répondrait un musicien de Black Metal ou de Brutal Death si on lui demandait pourquoi il joue de la musique aussi violente ? C’est brut de prime abord mais, quand on s’y intéresse, on y trouve une beauté et une échappatoire incroyable qui nous évite de péter les plombs dans ce monde de merde. Si je n’avais pas eu la musique et le fait de créer quelque chose comme écrire, je ne sais clairement pas où je serai aujourd’hui. 

Pour le français lambda adepte de bien-pensance et bien rangé dans ce que le système attend de lui, cette conception des choses est impossible ! Pour lui, les mecs qui se tournent vers l’extrême sous n’importe quelle forme sont des tarés bon à fusiller pour le bien de notre belle société…. Au final, qui est les plus dangereux si on suit ce raisonnement ? … 

Pour conclure sur ce sujet : non, ces scènes n’auront pas été difficiles. J’en suis même plutôt fier car c’est la concrétisation de quelque chose qui me parle et m’a toujours fasciné. Et voir que je suis capable de sortir ce genre de choses de mon cerveau, c’est gratifiant dans un sens. 


Tu ne cherches pas à te raccrocher à tout prix à une dénomination telle que “roman metal”, pourtant le Metal à une grande place dans ta vie et le sujet, comme l'univers du livre, peuvent vraiment concourir à créer une ambiance proche de celle que produisent certains groupes “metal”. Comment fais-tu converger concrètement l'écriture et la musique ? 

C’est quoi un « roman Metal » ? Un roman qui parle de ce genre de cette musique (La corde de Mi de Christian Guillerme par exemple). J’ai un peu de mal à saisir la dénomination. Après tout, il n’existe pas de « roman rap » ou de « roman musique des balkans » aha. Bon, j’avoue que je te taquines un peu, dans le fond je vois ce que tu veux dire, d’où les guillemets que tu utilises. 

La comparaison avec le Metal extrême est bien développée plus haut donc je ne reviendrais pas dessus. Mais pour ce qui est de la convergence… Je pense que le fan de Metal (et même le métaleleux de vitrine adepte du Hellfest, pour qui Arch Enemy, c’est une légende du Death mélo et Immortal, le vrai géniteur du Black, tout en allant commander une corne à boire chez H&M pour célébrer ses ancêtres Vikings en payant avec un compte paypal et parce qu’il a écouté la disco d’Amon Amarth) est un passionné de beaucoup de cultures diverses. On retrouve pas mal de geek, d’amateurs de musées, de friands de cinéma marginal etc. Et dans le tas, on a aussi pas mal de lecteurs assidus. C’est d’ailleurs pourquoi j’ai un deal avec celle qui tient Malpermisita records/bookstore. Si tu viens à des concerts Underground dans le Nord-Pas-De-Calais, tu pourras peut-être trouver Le coffre entourée d’autres romans et recueils de nouvelles touchant à l’horreur sous diverses formes. 

Quand on y regarde de plus près, ce n’est un secret pour personne : le gore a bien souvent une place de choix dans le Death Metal et tous ses dérivés. Prends ensuite le Black : on parle de Satan et de rituels la plupart du temps. Certains cas peuvent même carrément être définis comme de l’horror black metal symphonique (Coucou les premiers Cradle of Filth et Carach Angren !). Il y a même des groupes de BM qui y rajoutent une bonne touche de Dark Ambient (The Axis Of Perdition, misant tout sur le concept de Silent Hill, Vomit Orchetra, Lurker of Chalice, entre autres) et le Dark Ambient est une grosse source d’inspiration lors de mes lectures et écritures (mais j’y reviendrai dans les questions suivantes). 

Et puis, pour finir, j’écoute constamment de la musique lorsque je lis ou écris. Est-ce que cela se ressent dans l’histoire, dans le style d’écriture ? Je n’en sais rien, mais c’est absolument fabuleux d’avoir une BO dans les oreilles lorsque tu parcours un bon roman d’horreur page après pages ou que tu essayes de poser sur papier une véritable boucherie. Mais c’est clair que ça demande un tant soit peu plus d’efforts que de se poser devant un film d’horreur ou un Thriller ! 

Donc le Metal et même la musique en général est tout simplement parfait pour s’immerger lors de l’écriture, et beaucoup d’auteur le font ! 

Dernier élément important : tant que je suis en auto édition, je compte faire appel à des illustrateurs pointus qui taffent au sein de la scène. La couverture du Coffre a été produite par CLLK Artwork. Ce dernier a fait le design des premiers T-shirt de Nornes et a pas mal collaboré avec le Tyrant Fest. Et, pour un recueil de nouvelles que je sors cet été, c’est Came : Roy de Rat qui s’en charge. Il a, entre autres, travaillé avec Les feux de Beltane, Pensées Nocturne, Antiq label et abat un très beau taff ! 

Quels groupes ont ta faveur ? 

Je ne vais pas être très original en te disant qu’il y en a tellement aha ! On va dire que 60% de mes écoutes quotidiennes sont Black Metal. Je suis un gros aficionado de notre scène locale (Dark Managarm, Excruciate 666, Hats Barn, Antilife…) mais il y a deux scènes qui me retournent les tripes, et c’est la scène finlandaise (Sargeist, Havukruunu, Satanic Warmaster, Goatmoon, Angelscourge, Aegrus…) et québécoise (sérieusement, faudra me donner un nom de mauvais groupes de BM provenant de là-bas). 

Du reste, pour un style si riche, je vais forcément en oublier mais comme ça, les groupes qui me viennent en tête seraient Summoning, Alcest, Amesoeurs, KPN, Aorlhac, Belphegor, Darkspace, Véhémence, Conquerors (les français), Forteresse, Urfaust, Cult of Fire, Plaga, Darkened Nocturn Slaughtercult…. Aaaargh, c’est frustrant de ne pas pouvoir citer les 666 groupes manquants mais que veux-tu, je suis un putain de bouffeur de nouveautés donc… Sinon, du reste, je pense qu’il y a du bon dans tous les styles. Je suis juste un poil allergique au Metal Progressif mais je sais apprécier un bon vieux Opeth ou Enslaved. 

Mais sinon, en vrac, en matière de Metal, je prends plaisir à écouter du bon (Funeral) Doom (Nornes, Esoteric, Evoken, Skepticism), du Death sous beaucoup de formes (Cytotoxin, Chapel of Disease, Sepulchral), du Thrash (les fabuleux Vektor !). 

Et je suis énormément attiré par des scènes hors sphères Metal comme le Dark Ambient (Desiderii Marginis, Atrium Carceri, Aghast, Raison d’être, Treha Sektorih), le folk (Wardruna, Acus Vacuum, Heilung, Danheim), le Post-Rock (Russian Circles, Mono, Immanu El, Halocraft) ou encore certains artistes plus grand public ou alors totalement indie. En vrac : Anathema, Matt Elliott, Seasick Steve, Johnny Cash, Little Big (les deux premiers albums, faut quand même pas déconner !), Die Antwoord, Mùm, Daughter, Killing Joke… Bref, désolé pour le développement mais il est toujours très difficile de faire le tour du sujet et, en général, on oublie toujours plein de choses. La liste est longue en tout cas ! Et 24h, c’est trop peu dans une journée… 

Si tu devais citer une influence musicale pour “le coffre”, ce serait laquelle ? 

Tout simplement les CDs que je conseille en préambule du bouquin. En effet, j’invite mes lecteurs à se plonger dans l’album d’Aghast (Hexerei im Zwielicht der Finsternis), Deadbeat de Desiderii Marginis et Requiem for abandonned souls de Raison D’Etre. J’aurai pu également rajouter Black One de Sunn O))) ou encore tous ces groupes de Dark ambient que je cite dans la question précédente, mais cela aurait trop surchargé l’avant-propos du livre. 

Il y a deux groupes de 3 personnages dans le roman : 

Les héros : Guy/Sarah/Philippe (et Claire) et les antagonistes qu’on découvrira au fil du roman. 

De plus, trois beaux personnages de femmes : 

- la victime (soeur/claire) 

- la compagne (sarah) 

- la femme aux deux visages adepte de Janus (l'amante) 

Le chiffre trois correspond il a quelque chose de particulier pour toi en littérature ? Est-ce un moyen d'échapper à un certain manichéisme représenté par Janus le Dieu aux deux visages ? 

Je t’avoue que c’est une question que je ne me suis pas posé. On peut interpréter les choses de la sorte en effet. Mais de manière plus générale, aujourd’hui, les gens voient tout en noir ou en blanc. C’est en effet très manichéen et le citoyen lambda est tellement obtus qu’il n’arrive pas à voir une troisième solution à ses problèmes. C’est du pain béni pour notre système qui cherche à diviser pour mieux régner et ça se vérifie chaque jour pour le peu qu’on réfléchisse un peu. Et crois-moi, je n’allume jamais les chaines de télévision ! 

La façon binaire de raisonner des gens est incroyable de connerie aujourd’hui ! Soit t’es rangé, soit t’es marginal. Soit tu es de gauche, soit tu es de droite. On divise, on crée des problèmes là où il n’y en a pas, on retourne ces mêmes problèmes pour faire culpabiliser les gens et au final on crée des extrêmes. 

Tu vois, inconsciemment, peut-être que cette ambivalence me gêne tellement que je l’ai intégrée dans mon roman, incarné par le divin qui est mauvais. Tandis que les humains de l’histoire fonctionnent par triptyque. Mais ces triptyques forment deux camps. On retombe donc dans une sorte d’ambivalence. Donc franchement, j’en sais rien du tout. Je laisse ce genre de débat aux amateurs de philosophie de comptoir ! 

Sans déflorer l'intrigue, le roman s'assoit sur une construction assez osée. La seconde partie, presque “psychédélique” est assez surprenante. Qu'est ce qui t'a amené à opérer ce qui pourrait sembler être a priori une rupture de style ? 

Stephen King avait dit quelque part qu’on mettait toujours une partie de soi dans un livre. J’ai, en effet opéré une rupture de style via cette seconde partie, bien qu’oscillant entre paysages surréalistes et enquête dans la continuité de ce qui a été abordé en première partie. J’avais ce besoin d’offrir quelque chose de surprenant pour le lecteur et, bien souvent, on me dit que c’est un des points forts de la construction…ou au contraire, une partie un peu longuette. Ça passe ou ça casse en somme. Mais ce qu’il faut savoir, c’est que cette sorte de rite intérieur, cette recherche afin de comprendre les épreuves du passé, ce sont des choses qui, après coup, auront un peu dépend mon vécu également. Tout du moins, de la façon de voir et de comprendre ce qui a pu m’arriver. J’ai bossé durant un an sur un second roman que j’ai dû laisser en stand-by. Tout simplement parce que j’y insufflais énormément de mon vécu dedans via mon personnage principal. A partir du moment où tu mets beaucoup de toi dans une œuvre, c’est toujours un processus difficile. J’avais parlé de catharsis plus haut ? Bah tu vois, cette seconde partie aura été le début de la compréhension de ce phénomène salvateur via l’art. 

Penses-tu écrire encore des thrillers que l'on peut qualifier d'horrifiques ou surnaturels ? 

C’est une certitude ! J’ai le pitch d’un prochain roman mais pour l’instant, je me concentre sur un livre musical (on en parle après), un court roman dans la lignée de la collection Gore des années 80 et la reprise de mon second gros roman. Il s’agira d’un drame social doté d’une belle part de Thriller pour la violence et le mystère, sur fond d’anticipation. Une fois tout ceci fini, je pourrai alors continuer à retourner dans cette petite niche qu’est l’horreur et le Thriller. Je pense en effet en faire mon style principal. 

Connaissais-tu la fin du roman avant de l'écrire ? 

Absolument pas. Est-ce que tout ceci se finira bien ou dans un bain de sang ? Seul le déroulement de l’intrigue tel que décrit à la question 2 me laisse découvrir plusieurs scénarii possibles. Et je t’avoue que pour la scène de fin, j’ai eu vraiment du mal à trouver les idées. Au final, je me suis pris la liberté de revenir en arrière pour rajouter des éléments qui m’auront servi afin d’écrire le bon dénouement. D’autant plus que je déteste lire des scènes d’action, donc inutile de passer 30 pages sur un dénouement. Je pense que le suspense régulier au fil de la lecture suffit à créer un terrain propice au final d’une histoire. 

Je trouve ton roman assez cinématographique. As-tu des influences de ce côté-là ? 

Oh que oui ! Je ne dis pas que j’imagine les choses comme dans un film lorsque j’écris, mais j’ai fatalement les idées en tête. Je me fais une certaine visualisation des lieux, des personnages etc. Ce genre de choses, chacun en fait son interprétation. C’est pourquoi je suis un peu avare en détails : je ne décris que ce que j’estime important. L’imaginaire fait le reste. 

Du reste, je matte énormément de films et j’ai une affection pour l’horreur encore une fois. Je me rappelle une période de plusieurs mois de chômage en 2011. Ce temps libre a été mis à contribution car je suis tombé sur une liste WIKIPEDIA recensant les principaux films d’horreurs ayant marqué chaque année depuis le début des 1900’s. Eh bien, crois-moi ou non, j’ai quasiment tout maté aha. Et, à l’instar de la musique, j’adore fouiller toujours plus pour découvrir toujours plus. Putain, je crois bien que je fais de la boulimie culturelle ! Du coup, ça a forcément une influence inconsciente ! Tout comme la musique m’aide à me mettre dans le bain lorsque je lis ou j’écris. 

Certaines œuvres cinématographiques sont aussi visuellement merveilleuses ! Je pense aux œuvres de Terry Gilliam, Tim Burton, Gaspard Noé ou Darren Aronofski (The fountain ! Une de mes plus grandes claques visuelles). Mais de là à tenter de décrire un univers similaire, je ne m’y risquerai pas. Je pense me contenter de continuer à écrire sous l’influence de l’horreur et le drame sous toutes ses formes. 

Revenons à ton actu récente : je sais que tu travailles sur un nouveau livre au sujet de la scène Metal du Nord de la France. Peux-tu nous en parler ? 

Merci de me laisser présenter un peu le projet ici-même ! Il s’agit, plus précisément, d’un livre sur le Metal Extrême du Nord-Pas-de-Calais uniquement (Death, Black, Grind, Thrash et Doom). L’idée a germé dans ma tête courant Octobre 2019 alors que je rentrais du taff. Des fois, t’as des pulsions comme ça qui viennent te bousculer les neurones et tu sens que tu tiens un gros projet de passionné ! 

Et si je rendais hommage à ma scène locale du Nord-Pas-De-Calais (ouais, j’emmerde totalement cette nouvelle appellation de Hauts-de-France) ? J’ai bien dû réfléchir durant une heure pour savoir comment m’y prendre. Je ne me sentais pas d’écrire une étude sous la forme d’un essai sociologique. Et puis bon, c’est un peu la mode de décrypter des mouvances ou des groupes en mode branlette intellectuelle et je ne voulais pas tomber là-dedans. 

Donc j’ai décidé de référencer un max de groupes locaux, de labels, d’orgas, de zine et de radios afin de leur balancer une interview basée sur l’évolution de notre scène, et d’en faire un état des lieux. 

Le tout sera entrecoupé de présentations des structures interviewées, de constats que j’en retire et d’illustrations. Inutile de dire que c’est un travail de titan ! Dans la même veine, j’en profite pour faire un petit coup de pub à Jérémie Grima et Sam Guillerand et leur Enjoy the Violence. Un livre traitant du Death/Thrash Français. 

Du coup, à ce jour, j’ai balancé plus de quarante interviews, j’ai dépassé la moitié de cette première phase de taff. Je me donne jusque Juin pour finir les envois puis je pense donner une Deadline fin août pour les réponses. Ce qui me laissera le temps des vacances pour écrire mon court roman hommage à la collection Gore. 

Je pense finir ce projet d’ici janvier/février. En tout cas je suis vraiment heureux de voir l’engouement de toutes ces personnes ! 

En revanche, ce que je ne supporte pas, ce sont ces petits mecs qui existent depuis moins de 10 ans qui se la jouent rock star et ne prennent pas la peine de venir te donner une réponse négative. Je m’en tape : chacun à droit d’accepter ou de refuser de participer à mon projet. Mais la moindre des choses quand on s’intéresse à eux pour un tel bouquin, c’est de donner un minimum de respect envers leur public en répondant. Et même un refus sans explication je m’en tape : le minimum c’est de répondre… Ce qui me fait marrer, c’est qu’à côté, j’ai du Loudblast, Agressor ou encore Belenos qui sont super réceptifs ! Enfin, après tu connais la rengaine : il y a des cons partout. Le Metal extrême c’est comme un zoo : y’a de tout et on en tient de sacrés spécimens ! 

A toi d'ajouter ce qui te semble important

Eh bien écoute, un grand merci pour l’intérêt que tu as porté au Coffre ! C’est quand même assez ouf de pouvoir avoir un droit de parole au sein d’un webzine qui prend de plus en plus d’ampleur, d’autant plus un zine qui sait prendre des risques en interviewant des groupes sulfureux comme KPN, Dark Fury et Maléfices au milieu d’autres formations plus classiques (entendre par là : non politisées) ! 

Je voudrai aussi remercier en particulier mes amis proches, car c’est grâce à eux que je me suis remis à écrire après une grosse période à vide. Du reste, restez à l’affût : je sors mes Chroniques Macabres cet été, un recueil de nouvelles qui reprend des histoires écrites sur plusieurs années. Au programme : huit récits gores, macabres ou dramatiques. 

Et enfin : il existe plein de bons groupes et de concerts Underground partout en France donc bougez-vous pour votre scène locale ! De toutes façons, on ne pourra bientôt plus assister à de grosses dates avec leur connerie de Coronavirus ! 

Merci François ! 

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