30 ANS DE MISANTHROPIE ! Interview Avec SAS de L'argilière (MISANTHROPE/ARGILE)


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MISANTHROPE 30 ANS DE METAL EN FRANCE


30 ANS QUE MISANTHROPE DISTILLE SON METAL A LA FRANÇAISE !


Bonjour votre Altesse sérénissime de l’Argilière ! Vous célébrez en ce moment les trente ans de Misanthrope ! Qu’est-ce que ça fait ?
Bonjour Pierre, merci de m'avoir proposé cette interview, c'est la première interview que je rédige depuis la sortie de "ΑXΩ (Alpha X Omega : Le Magistère de l'Abnégation)". Effectivement nous avons célébré les 30 ans du groupe le 27 octobre 2018 à Rennes et nous venons de lancer à Rouen et à Lille il y a quelques semaines, la tournée du "Show des 30 ans" que nous produirons sur toute l'année 2019. Qu’est-ce que ça fait ? C'était quelque chose d'inenvisageable pour moi, il y a encore quelques années, donc je suis plus surpris qu'autre chose. Je suis surtout heureux pour les fans qui peuvent "enfin" réentendre en Live des morceaux incroyablement ambitieux qui sont tirés de la jeunesse du groupe comme "Hater of Mankind", "And Also the Lotus", "Maudit sois-tu Soleil !" ou "Le Roman Noir".
J'avais aussi été très touché par la sortie de notre 10ème album "ΑXΩ (Alpha X Omega : Le Magistère de l'Abnégation)" en octobre 2017. C’est vraiment après ces journées auprès des fans, lors des dates de Rouen et Lille, sur le chemin du retour que tu prends conscience de la situation et que les émotions te submergent. Encore une fois c'est le contact avec le public de Misanthrope, par ses attentions touchantes, qui me fait réaliser que Misanthrope a 30 ans et que nous avons grandi, vécu et vieilli ensemble.
A titre personnel je vous ai découverts à l’époque de votre deuxième album, 1666 theatre bizarre en 1995 et quel album ! J’étais en pleine effervescence avec le black norvégien et je tombe là-dessus : quelle révélation ! Cela entraîne ma prochaine question : comment t’es venu tout le concept autour de Molière, d’Alceste (le misanthrope) et ce côté « XVIIème siècle » qui, à l’époque était totalement nouveau ?

C'est la force du chiffre 666 qui m'a poussé à me plonger dans cette brèche du "descendant de Molière" et à créer notre personnage "Alceste de Haine". Même si j'ai choisi le mot "Misanthrope" comme nom pour notre formation en devenir fin 1988, ce n'est que sur ce second album "1666... Theatre Bizarre" que le concept (tel que nous le connaissons aujourd'hui) prend vie. Oui il y a déjà des allusions à l'œuvre de Molière sur notre première démo de 1989 et sur "Miracles : Totem Taboo" en 1994, mais l’allusion à la date de 1666 est apparue comme une évidence (comme tout le monde le sait, ou pas, Molière a écrit sa pièce “Le Misanthrope” en 1666 sous le règne de Louis XIV). Pour rebondir sur le Black Metal, j'ai vu récemment un site BM valider notre titre de 1994 "L'Érotique Courtoise" comme un titre précurseur du Post Black romantique à la Française... cela m'a fait sourire. Pour le côté « XVIIème siècle »... c'est une inspiration intime et spécifique. Mes mots et notre style ne sont réellement pas de notre siècle ni de la fin de cette République que l'immense force des réseaux sociaux va faire sombrer. Nos Politiques Putes n'ont toujours pas compris que c'est "toujours" le peuple qui gagne. Marie-Antoinette en sait quelque chose.
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Avais tu conscience de faire partie d’un groupe complètement à part ?

Certainement, j'ai très vite compris que nous ne serions pas des artistes "lisses" qui deviendraient copains avec tout le monde, aimés par tous, comme ces groupes intouchables qui n'ont pas de défauts. En fait, nous aimons ne pas être irréprochables, nous mettons nos défauts en avant car nous ne voulons pas tricher, notre morceau "Irrévérencieux" en parlait déjà en 1997. J'ai artistiquement très vite été "décalé" avec la scène car je déteste plus que tout l'uniformisation de la musique Metal et de ses thématiques. C'est tellement attristant de voir tous ces métalleux n'écouter que Mass Hysteria, Gojira, Dagoba et Ultra Vomit... il y a tellement d'autres bons groupes et tellement de richesse partout ailleurs. Trop de gens ne sont plus curieux, trop de gens se laissent porter, se laissent aveugler et manipuler par les "Professionnels du Milieu". Mais la vérité est ailleurs, vraiment.
Quelles ont été les premières réactions des critiques et du public à votre œuvre ?

Nous avons tendu le bâton pour nous faire battre les premières années. Nous avions déjà ressenti que le Death Metal à la Morrisound Studio terminait son premier cycle fin 1992. Alors nous avons enregistré un premier album en avril 1993 "Variation On Inductive Theories" à l'opposé de ce style, ne gardant que l'énergie du Thrash mais flirtant directement avec l’Avant-Garde Doom Death et les climats émotionnels. J'ai immédiatement chanté en Français sur quelques titres avec une voix Black Death et du chant plaintif/pleuré. Personne n'était prêt et encore moins en France... mais l'accueil à l'étranger fût bon. Nous avons encore creusé les écarts avec la compilation de 1994 "Miracles : Totem Taboo". Ce n'est qu'en 1995 avec notre second album, "1666... Theatre Bizarre", que les premières portes se sont ouvertes sur les créations artistiques du groupe. Cette difficulté à trouver notre public et les changements de line-up nous ont complètement vidés et je voulais vraiment arrêter la musique en 1996. Puis nous avons composé "Futile Future" en connaissance de cause et avons quitté la France pour enregistrer à Göteborg  en Suède au Fredman Studio. Puis le vent a tourné pour nous.

misanthrope variations on inductive theories

Au croisement du death , du doom, du black, avec du chant en anglais, en français, de la poésie ! Vous étiez des précurseurs ! Comment avez-vous reçu la nouvelle génération de groupes qui se sont mis à chanter en français et à développer des univers médiévaux, théâtraux et poétiques après vous ?

Je les regarde avec chagrin car je savais à l'avance que 90% des démos que je recevais ne déboucheraient jamais sur une carrière. J'aime beaucoup de groupes qui n'ont quasiment jamais marché. J'aime tellement la musique Extrême française, encore plus quand elle touche mes univers de prédilection, que le constat est difficile pour moi. J'espère juste qu'ils vont moins souffrir que nous. C'est vraiment très compliqué d'exister dans cette Europe (les jeunes générations sont perdues avec leur zapping constant) surtout si tu es "précurseur". Regarde Amon Amarth ou Alestorm : il n'y a rien d'original et ça marche. Les complications et les difficultés propulsent Misanthrope, c'est indéniable.
La première fois que je vous ai entendus, je crois que j’ai encore plus pensé au Marquis de Sade (dont je suis un grand fan) qu’à Molière, cela vous surprend-il ?

Non cela ne me surprend pas. Mis à part les mots Misanthrope, Alceste, Célimène, l'univers XVIIème et la farce,  il y a une inspiration circonstanciée à Molière chez Misanthrope. Je suis infiniment plus attiré par le côté obscur de Charles Baudelaire, Robert E. Howard, Victor Hugo et Arthur Rimbaud... et de milliers d'autres artistes. Je suis très curieux, j'aime apprendre et enrichir mes connaissances à tous les instants.

Vous symbolisez un lyrisme et une excentricité puissants, a-t-il été parfois difficile de faire accepter cela aux critiques, au public, et, si oui, comment l’avez-vous « géré » ?
J'entendais souvent ce terme "excentrique". Ce n'est pas qu'il me déplaît car même les termes "original" et "progressif" sont perçus de façon négative. Nous devons et voulons juste avancer dans un monde qui recule, mais pour moi c'est un atout. Je cherche constamment à trouver de nouvelles choses, de nouvelles musiques, de nouvelles sonorités, de nouveaux rythmes, de nouveaux mots pour Misanthrope. Je ne me satisferai pas de composer des titres avec les mots "Kill, Honey, Fuck, Babe, Die, Down". Il n'y a rien à gérer car je me suis habitué à en prendre plein la gueule en 30 ans de carrière ! Et c’est parce que je ne suis pas un acteur "neutre" de la scène Metal Française. Nous ne faisons de la musique que pour Misanthrope. Si cela plaît au public, et bien tant mieux, mais si ce n'est pas le cas nous n'en avons rien à branler pour parler vulgairement. Il y a mille autres groupes plus faciles d'accès derrière nous. Je ne recherche ni l'amour de masse, ni l'intérêt financier (et autre) maximal, nos motivations sont ailleurs. Nous sommes à la recherche d’une certaine vision artistique qui vise le dépassement de soi dans la création.

La première fois que j’ai entendu « courtisane syphilitique » j’ai pensé à Celtic Frost période Into The Pandemonium  (notamment le titre « mesmerized ») peux-tu nous dire quels sont les groupes qui ont le plus inspiré Misanthrope ?

Whaou, c'est formidable! Je suis un inconditionnel de Celtic Frost. Si nous avons réussi à provoquer ce genre de ressenti en 1995, c'est une véritable réussite artistique personnelle. Je viens de retrouver une chronique de 1995 d'un fanzine américain où toute la chronique de "1666... Theatre Bizarre" est une théorie selon laquelle cet album serait l'incarnation version 1995 de "Into the Pandemonium".
Pour l'anecdote sur le titre "Mesmerized", nous l’avons repris sur le second album d'ARGILE, "Monumental Monolith". J'ai même remis ce CD de la main à la main à Tom G. Warrior dans les backstage du Summer Breeze 2010. C'était un moment inoubliable.
Comment as-tu réussi à porter à la fois Misanthrope, tes autres projets (Argile, par exemple) et Holy Records aussi longtemps ?

C'est une question très complexe à laquelle je n'ai pas de réponse précise. Il y a plusieurs leviers qui dirigent ma vie. Avec le recul, je pense que l'union fait la force. Ma rencontre avec Séverine Foujanet qui a mené à la fondation de Holy Records a été un événement majeur. La mobilisation de Jean-Jacques Moréac au sein de Misanthrope début 1993, puis l'intégration de Gaël Féret et Anthony Scemama il y a 17 ans ont considérablement développé, arrimé et stabilisé le groupe. J'aime à le préciser : même si j'insuffle la vie et le style à Misanthrope et Argile, sans Séverine, Jean-Jacques, Gaël et Anthony, la qualité des constructions serait bien différente... voire même inexistante. Je ne suis pas seul à bord, nous sommes une petite équipe qui réalise une partie de mes "visions" en apportant une certaine clairvoyance. Notre secret c'est la passion, l'amour, la fraternité et la complémentarité. Je l'ai très souvent dit, nous sommes une entité, une sorte d'iceberg avec une importante partie invisible. Si j'étais seul, il n'y aurait ni groupe, ni label, ni réalisations. Le secret de la réussite de Misanthrope c'est la fidélité, l'entraide, la bienveillance, le discernement et savoir desceller le talent de ceux qui t'entourent. Il n'y a pas de locomotive sans braises. Si un groupe reste uni, il ne peut avoir d'embûches insurmontables.


HOLY RECORDS INTERVIEW MISANTHROPE METAL FRANCAIS




Trente ans, dix albums aussi singuliers que réussis, tu as de quoi être fier. Quels conseils donnerais tu à un jeune groupe qui se lancerait dans une démarche aussi unique que la vôtre, avec le recul ?

Je ne sais pas si je suis fier, mais je ressens un sentiment de plénitude artistique. Si tout devait s'arrêter demain, en regardant derrière moi je ne pourrais qu'être ravi de l'aboutissement de l'œuvre de Misanthrope. Il n'y a pas que 10 albums, il y a aussi 3 coffrets de compilation d'inédits, un split CD et deux albums d'Argile... c'est abondant eheheh. Et je n'ai aucun regret.
Mon conseil pour les jeunes groupes : croyez en vos rêves, travaillez dur à l'école et étudiez (cela sert même si vous donnez votre vie pour le Metal Extreme). Apprenez les langues étrangères, ne copiez pas sur votre voisin, concentrez-vous, ne perdez pas votre temps avec les réseaux sociaux et les jeux chronophages, apprenez à communiquer, lisez des livres et n'oubliez pas le passé de la culture française car il y a tellement à y puiser. Travaillez votre instrument, votre style, votre créativité, vos connaissances... et préparez-vous  à en prendre plein la gueule car il n'y a pas de place pour vous. Personne ne vous attend, même dans la scène underground.

Quel est ton « bébé » préféré de Misanthrope ? Et pourquoi ?
Je ne peux pas choisir, ils représentent tous un moment intense de ma vie. Il y a eu des albums chaotiques, voire presque impossibles à boucler comme "1666... Theatre Bizarre" et "Sadistic Sex Daemon". Des albums enregistrés avec plénitude et satisfaction : "Misanthrope Immortel" et "ΑXΩ (Alpha X Omega : Le Magistère de l'Abnégation)". Mais surtout, ils sont tous tellement différents les uns des autres... c'est à chaque fois une véritable envie de dépassement. J'ai beaucoup d'affection pour "Visionnaire" : je n'avais que 27 ans, je pensais que ma carrière de musicien était derrière moi, c'était notre première production internationale en Suède au Fredman Studio, Jean-Jacques Moréac s'est transformé en quelques mois en un redoutable directeur artistique... et il y a notre morceau emblématique "Bâtisseur de Cathédrales".


MISANTHROPE VISIONNAIRE INTERVIEW LE SCRIBE DU ROCK METAL FRANCAIS

Beaucoup de membres sont passés par Misanthrope, pourtant la fidelité de ton duo avec Jean Jacques Moréac est incroyable, depuis Variation on inductive theories, votre premier album. Est-ce le secret de votre longévité ?
Beaucoup de musiciens sont passés dans le groupe, oui. Mais en réalité, nous avons le même line-up depuis 17 ans. Il fallait juste trouver les bonnes personnes et ce n'est pas simple d'allier talent, patience et compréhension autour d'un projet artistique aussi dense. Cela demande énormément de sacrifices pour jouer dans un groupe comme Misanthrope où les exigences sont grandes.
En 1992 j'ai eu plusieurs fois Jean-Jacques Moréac au téléphone à l'époque de la première démo de Krakkbrain. Il avait choppé le numéro de téléphone de chez mes parents via Didier Chesneau, le gérant du Melody Studio de Dreux. Je l'ai rencontré à un concert de Thrash à l'Élysée Montmartre fin 1992. A l’époque, nous n'étions pas du tout sur la même longueur d'onde : il était à fond Techno Thrash européen alors que moi j'étais déjà au-delà de la scène Death Metal de Floride. En Janvier 1993, je l'ai vu sur scène cette fois avec Krakkbrain et je ne pouvais plus éviter la confrontation. J'ai tellement été bluffé par son jeu que je suis monté sur scène à la fin du show (dans un club obscur de Pigalle) pour lui demander de rejoindre Misanthrope et de me rappeler le lendemain. 4 mois plus tard nous enregistrions " Variation on Inductive Theories" chez Didier Chesneau au Melody Studio. Il m'a dit bien plus tard qu'il avait accroché sur le fait que je réalisais mes projets et que je n'étais pas un "mytho" comme la plupart des zicos de la scène underground de l'époque. Avec du recul, le secret de notre longévité c'est certainement la complémentarité et la fraternité qui nous lie. Nous sommes tous les deux des gamins de banlieue parisienne, moi le 93 et lui le 78. Nous venons tous les deux d'une famille nombreuse avec 2 grands frères et grandes sœurs. Nous avons appris dès notre plus jeune âge les valeurs que sont le partage, l'équité et le travail. Nous savons rester à notre place tout en faisant toujours le "job". Entre nous il y a ni jalousie, ni compétition... c'est même l'inverse : nous nous épaulons toujours pour trouver une solution aux problématiques du groupe. Aujourd'hui avec Gaël, Anthony et Jean-Jacques nous avons une véritable solidarité intelligente. Je sais que cela ne se voit pas beaucoup de l'extérieur, mais la fraternité est ce qu'il y a de plus important dans Misanthrope... une fois le résultat artistique atteint bien sûr.


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En tant qu’auteur, je suis forcément fasciné par les groupes « littéraires ». Quels conseils de lecture, récents ou pas, pourrais-tu donner à nos lecteurs ? Et quels auteurs t’ont le plus influencé ?
Ahahah j'aime cette appellation de groupe "littéraire", c'est pour moi le compliment ultime. Au niveau lecture je suis enraciné dans les vieilleries d'un autre siècle. Les auteurs contemporains sont tellement pénibles et hors de mes sujets. Même le roman "Sérotinine" de Michel Houellebecq bien que correct est véritablement surcôté. J'aime principalement la poésie de Paul Verlaine, Stéphane Mallarmé, André Breton, Tristan Corbière, Victor Hugo et les maîtres : Charles Baudelaire et Arthur Rimbaud. Et les récits épiques bourrés de descriptions d'auteurs comme Stendhal, Honoré de Balzac, Robert E. Howard, Guy de Maupassant, Joris-Karl Huysmans, Boris Vian, Jules Barbey d'Aurevilly, Howard Phillips Lovecraft, Théophile Gautier, François-René Chateaubriand, John Steinbeck, Marcel Proust, Frank Herbert, Michel Tournier, Georges Bataille, Franz Kafka, Gérard de Nerval et Louis-Ferdinand Céline. Je suis d'un hyper classicisme, c'est effrayant.

Vous êtes, avec Loudblast, le plus grand groupe de Metal encore en activité en France. Quel est ton regard sur la génération suivante, celle de Gojira par exemple ?
Il y a eu plusieurs générations dans le Metal, celle des années '80 avec Trust, ADX, Sortilège, Vulcain, Killers, Blasphème, Morsüre, Warning et une ribambelle d'autres chef-d'œuvres du même genre. Je suis fan et pour te faire la confidence, je collectionne même les vinyles de Hard Français des années 80 ce qui est un vilain défaut. Puis la claque est arrivée entre 1986 et 1989 avec le Thrash à la Française : Agressor, Massacra, Loudblast, Nomed, Mulitator… C'était jouissif et ils ont ouvert une voie royale pour Misanthrope de 1995 à 2000. Puis Anorexia Nervosa est arrivé, les Mass Hysteria, les Gojira etc... et ces jeunes artistes nous ont dépassés à partir des années 2003-2004. La roue tourne, et même si contrairement à l'adage "il n'y a vraiment pas de place pour tout le monde", l'écrémage se fait avec le temps, les efforts, la motivation, les financements, le lobbying et surtout l'inspiration et le talent (du moins j'ose encore l'espérer).
Question « ritual » du Scribe du Rock : tes 10 albums essentiels, tous styles confondus ?
En date d'aujourd'hui le mercredi 23 janvier 2019 car je change souvent d'avis en voici 18 :
CELTIC FROST Into the Pandemonium
KREATOR Endless Pain
MYLENE FARMER Anamorphosée
BATHORY Under the Sign of the Black Mark
IRON MAIDEN Live After Death
AC/DC Highway To Hell
MORBID ANGEL Blessed are the Sick
PARADISE LOST Gothic
METALLICA Master of Puppets
HELLOWEEN Walls of Jericho
SLAYER Show No Mercy
DARKTHRONE A Blaze in the Northern Sky
DEATH Scream Bloody Gore
VOIVOD Killing Technology
KING DIAMOND Abigail
OBITUARY Slowly We Rot
CANDLEMASS Epicus Doomicus Metallicus
THE GATHERING Always

Comment vois-tu la scène Metal française actuelle ? Quels groupes ont retenu ton attention récemment ?
J'aime la scène dans sa globalité, il y a de très bons artistes un peu partout dans le monde. J'ai bien accroché sur cette nouvelle scène avec Sólstafir, Alcest et Tribulation ainsi que les derniers albums d'Orphaned Land, Deicide, Anaal Nathrakh et Septicflesh... mais il y a tellement de richesse que nous sommes tous déboussolés par l'incontrôlable production musicale de ces dernières années. Honnêtement tout ce foutoir ne rime plus à grand-chose. Je plains énormément les nouvelles générations élevées avec YouTube, le streaming et la musique compressée comme une boite de conserve incrustée dans un smartphone. J'ai peur que cet accès illimité à la musique soit plus nuisible qu'autre chose. Survoler sans approfondir n'est pas connaître.
Attention je ne suis pas passéiste et je ne vis pas dans le passé. J'ai un smartphone, un Ipod, une tablette, un laptop mais j'écoute des vinyles, des CDs et parfois des cassettes. Avec ces supports l'approche d'un album et de la musique n'a rien à voir avec le support dématérialisé.
Autre « Ritual » : la carte blanche : ceci n’est pas une question c’est un espace libre : exprimes toi aussi longuement et librement que tu le veux auprès des lecteurs du Scribe du Rock :
Avec trente ans de carrière au compteur pour Misanthrope, je m'aperçois dorénavant de beaucoup de choses. Finalement cette vie passée dans, et pour la musique extrême a été plus enrichissante que prévu. Cette musique qu’est le Metal Extreme n'est pas une sous-culture ! Notre carrière en dents de scie aurait brisée plus d'une formation. Mais nous sommes toujours là, debout, vivants et hyper créatifs. Pour être honnête cela me pose énormément de questions. C'est seulement aujourd'hui que je peux regarder derrière moi, avec un sourire, et que j'ai plus que jamais une effrayante envie d'avancer. Une fureur de partager sur scène des titres de Misanthrope composés durant 30 années troublées. Ce qui est frappant lors de nos "shows des 30 ans", c'est que les morceaux qui s'enchaînent sont très différents dans le style et l'approche... mais putain, il se passe vraiment quelque chose ! C'est cela pour moi l'Avant-Garde Black Thrash Death. Parfois, je suis là à me demander si nous avons composé toutes ces chansons, tous ces albums et coffrets, pour le public et les fans… Alors oui, bien sûr. Mais aussi secrètement, pour nous, poussés par une force tyrannique invulnérable. Nous avons cette ferveur de l'obsession de l'effort, du dépassement de soi-même. Misanthrope est une force incroyable qui dirige ma vie depuis 30 ans. Misanthrope est mon carburant, sa survie est un réflexe morbide... la musique et les textes de Misanthrope sont mes bourreaux.
Je ne peux que remercier les fans qui ont soutenu le groupe et permis d'alimenter cet effort perpétuel. Je ne remercierais jamais assez Jean-Jacques Moréac, Gaël Féret, Anthony Scemama et Séverine Foujanet pour leur audace, leur confiance, leur folie, leur talent et la pureté de nos relations artistiques. Je voudrais aussi remercier dans ces dernières lignes la vie et vous, les auditeurs et amis pour vos encouragements, pour votre énergie, votre vitalité et pour l'essence de vie que vous nous insufflez depuis 1988. Même si nous avons mis en oeuvre tous les efforts possibles pour ne jamais vous décevoir, même si nous ne sommes pas grand-chose, nous existons et c'est quand même bien ça le plus important. Avec passion en 2019, cette route ininterrompue continue pour Misanthrope... MERCI.

S.A.S de l'Argilière, Angers, le mercredi 23 janvier 2019

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