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Sélection

Les Crocs Du Scribe Special Maltkross Label Volume IV - French + English Text - Indus/Noise/Black Metal underground - Le Scribe Du Rock

Ce n'est pas nouveau pour moi que de chroniquer les sorties du label Maltkross puisqu'il s'agit déjà du 4ème Crocs Du Scribe que je réserve au label sans compter les chroniques indépendantes et les interviews de ses groupes. Voici deux ans que je collabore avec le label de Clovis avec grand plaisir. Ce qui est nouveau pour moi dans cet article ce n'est pas le fait d'évoquer de nouvelles compilations du label, mais que je sois présent en tant qu'artiste (Punkosaur) sur le volume 6, réservé aux groupes affiliés à l'industriel, à la Noise et à la musique rituelle. Me retrouver sur la même galette que Melek-Tha ou Drowning Hope, entre autres, est pour moi un grand honneur. Voici donc deux compilations gorgées de groupes 100 % underground et sans compromis. La numéro 5 est quant à elle réservée aux groupes de black metal les plus old school du label. Encore merci Clovis pour ces piqûres de rappel qui nous permettent de ne pas oublier que sous la surface de la ter

LES CROCS DU SCRIBE NUMÉRO 9 : SUPPLICES/ECCLESIA/ACOD/WARDRUNA

LES CROCS DU SCRIBE NUMÉRO 9 : SUPPLICES/ECCLESIA/ACOD/WARDRUNA

Je m'intéresse à tout, je n'y peux rien.” Paul Valéry

Bonjour Chères Scribeuses et chers Scribeurs. Le mois de Décembre est solidement installé dans les chaumières, d'aucun déjà décorent le sapin et passent commande au Père Macron, pardon, Père Noël, pour avoir de quoi farcir la dinde. Pendant ce temps votre Scribe préféré s'affaire sur son pupitre, plume à la main et chandelle allumée, à retranscrire la vie et l'oeuvre des grands du Rock, cette épopée héroïque qui dure depuis déjà 60 ans. Encore une fois vous trouverez dans la hotte du Scribe une fournée de disques, avec par exemple le Death Metal des Marseillais d'ACOD, la première démo des occitans de SUPPLICES, préfigurant un album à venir dans le Black Metal de France, le Heavy/Doom Metal mystique d'ECCLESIA ou le Folk Scalde des déjà énormes WARDRUNA. Alors bonne écoute à toutes et tous, et n'hésitez pas à commenter, partager autour de vous, ça peut faire plaisir. Bises
LE SCRIBE DU ROCK



WARDRUNA SCALD NORWAY FOLK

SUPPLICES "DÉMO EPONYME" (2018 AUTOPRODUCTION) 

GENRE : Black Metal

Alors que le groupe Occitan (Perpignan) Supplices travaille sur un premier album qui a tout de prometteur, arrêtons nous quelques instants sur cette première démo cinq titres sortie cette année. De manière à nous étonner, la démo commence par un titre que l'on pourrait tout à fait qualifier de Folk, "La danse des Martyrs" où les arpèges nous transportent jusqu'à un chant presque murmuré, tant et si bien que la première fois que l'on écoute cette élégante complainte de trouvères on ne prête pas forcément attention au texte, qui, pourtant, vaut le détour :

"Danse, danse, petit cadavre. Chante, chante, de ta voix pourrave.
Tel le corbeau qui croasse,
Dévorant d'immondes carcasses. "

Supplices Black Metal français démo 2018

Et tout cela chanté avec la plus belle des voix, au sein d'un morceau très doux, jolie mise en bouche. Le deuxième titre, qui cette fois introduit le Black Metal du groupe, s'intitule "Ame Impie" et nous décrit les tourments d'un être détruit, rejeté d'un monastère dont il faisait partie et qui devient donc un porte-voix du malin. La voix, croassante, a tout du corbeau maléfique, osant parfois des suraigus plutôt bien maîtrisés. Musicalement le groupe alterne mid-tempo et tempi rapides avec réussite. Sur la suite, "Les Répurgateurs" nous faisons connaissance avec un groupe de personnes qui rappellent fortement l'inquisition catholique, et donc souhaitent beaucoup de bien à la populace (ironie). Les voix sont riches, avec des choeurs "monastiques" tout à fait prenant sur un lit de guitares et la batterie ne se sent pas obligée de blaster à tout va. "Corbeaux Vers Charniers" fait montre d'influences Death Metal (voire même Thrash) afin de nous embarquer au divin royaume des charognards de l'enfer, sans doute le titre le plus agressif et direct de la démo. Enfin, "Marcheurs des Cryptes" achève de nous convaincre avec toujours une musicalité affirmée et toujours cet "à cheval" entre Death et Black. Au final une démo plus que convaincante, et l'on se prend à espérer que le groupe tienne la même diversité sur un album (qui va arriver). Bravo pour les textes en français bien écrits (je suis un fervent défenseur du français dans le Black Metal) Seul bémol, une production un peu brumeuse qui ne valorise pas assez les instruments mais on ne va pas chipoter pour une démo. Au niveau du chant on sent les capacités du groupe, et, à titre personnel, j'espère entendre davantage de ce chant croassé d'"Ame Impie" que j'ai trouvé bien écorché et complété par le côté démentiel des cris en aigu et pas forcément trop de ce chant Death un peu générique. Un groupe à suivre de tout près, et c'est que je vais faire, pas vous ? De tellement près que vous les retrouverez bientôt en interview dans ces pages ...

La Note du Scribe : 8/10



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ECCLESIA 

"WITCHFINDING METAL OF DOOM" (2018, AUTOPRODUIT)

LE GENRE : Heavy Doom/Metal Grégorien


Avec Ecclesia nous changeons totalement de registre avec un Doom Metal qui renvoie vers les cadors du genre comme St Vitus ou Black Sabbath bien sûr, mais mixé avec des couleurs largement Heavy Metal (dont le chant mélodique particulièrement réussi du chanteur de session Arnwhald R. franchement Hard Rock/Heavy (alors que le gars est habituellement derrière le mike d'un groupe de Black Sympho, Deathcode Society). On oublie très vite qu'on a affaire à une démo tant la production est réussie et que le tout tient bien debout. Autre point très intéressant : le concept. Le groupe nous informe, en avant-première, du retour de l'inquisition catholique (ça va chauffer pour nos fucking matricules !) et les chants grégoriens disséminés ça et là nous poussent à y croire. La batterie n'existe pas puisqu'il s'agit d'une boite à rythmes (on se plait déjà à imaginer tout cela avec un vrai batteur).
Ecclesia Doom Metal Witchfinding Metal of Doom

Alors, bien sûr, c'est lourd et gras (essayez donc "God's Trial") et les atmosphères sont abouties, même si l'on aimerait les voir aller vers davantage de noirceur mystique, ce qui servirait leur propos. Le chant est vraiment bien, et sait même se montrer un peu plus agressif par moments, ce qui ne gâche rien. Du coup l'interrogation est la suivante : quel chanteur sera sur l'album ? Garderont t'ils ce cap Heavy/Hard au niveau des vocaux ? Vous aurez des réponses car chez le Scribe on ne fait rien à moitié et qu'une interview avec le groupe est déjà dans les tuyaux.
Une démo plus que prometteuse, comme une réponse française aux Ghost et compagnie, avec cette petite touche plus extrême que j'espère voir grandir personnellement. Dixit Dominus.

La Note du Scribe : 8/10



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ACOD "THE DIVINE TRIUMPH" (2018 Sony Music)


LE GENRE : Death/Black Majestueux


Avec A.C.O.D (je n'ai pas encore déchiffré l'acronyme, mais j'y arriverai) on rentre dans la "cour des grands". Il s'agit déjà du 4ème album des Marseillais (qui ont également sorti deux EP et un single) et existent depuis 2006. Pas exactement des débutants donc. D'emblée on est saisi à la gorge par la production, dantesque, digne des meilleurs Behemoth (on y pense souvent) et Dimmu Borgir. Car le trio de Marseille la belle ne fait pas dans le Post-Core intimiste, non, ici les choses sont plutôt du genre pharaonique. Il est rare que je parle d'un groupe produit par une major (Sony en l’occurrence) et le mix de Linus Corneliusson est tout simplement énorme. Si l'on replonge plus en arrière dans la discographie du groupe, dès le premier album Point Zero on avait affaire avec des musiciens maîtrisant fort bien leurs instruments et leur propos, mais là, ils sont indéniablement passés plusieurs crans au dessus. Ca blaste a vous décrocher la nuque, les guitares sont ciselées, le chant est parfait, avec son grunt pas si loin d'un Nergal, à cheval entre Black et Death, même si les phocéens ont plutôt pour coutume de se présenter comme un groupe de Death Metal. 

ACOD The Divine Triumph Death Metal France

C'est toujours un vrai bonheur de voir des compatriotes arriver à ce degré d'excellence, avec un potentiel international évident, à l'instar d'un Gojira ou de leurs collègues de Marseille de Dagoba. Le Black/Death à tendance symphonique vous emporte vers un ailleurs dont on se fiche comme une guigne de savoir s'il est positif ou négatif, il est un ailleurs, et c'est aussi une des fonctions essentielles de l'art. D'ailleurs il est important de souligner que l'album tourne autour d'un concept, celui d'une personne ayant perdu sa femme et sa fille d'horrible maladie et qui va sombrer dans les ténèbres.  Des mélodies qui ne manquent pas à l'appel (l'excellent "Broken Eyes", véritable tube) non plus, malgré la brutalité de l'ensemble et leur donnent parfois un petit quelque chose des géniaux Septic Flesh (dans le genre grandiose dur de faire mieux). Alors d'aucun vont sans doute hurler au "commercial" (on est en France ! le succès des étrangers nous plait mais pas trop le nôtre, allez comprendre) mais on s'en fout, car A.C.O.D est tout simplement un GRAND groupe qui vient de nous pondre un putain de grand album de Metal dont on doit s’enorgueillir, quand bien même nos inclinaisons naturelles nous pousseraient vers des choses plus Raw. Grande claque dans la gueule en tout cas que cet album, qui vous retourne de bout en bout, même si parfois un petit sentiment de répétition peut poindre (l'album parfait n'existe pas) mais le groupe déploie une telle énergie, et sa violence est si contagieuse que l'on succombe. Nergal, Shagrath et les autres, vous pouvez commencer à flipper gentiment, car, maintenant, la France a un groupe qui peut vous mettre à l'amende comme on dit dans le Sud. Bon, je sais pas vous, mais moi je retourne me faire botter le cul avec ce The Divine Triumph qui porte si bien son nom. Bientôt en interview chez Le Scribe.
Et vive Marseille bordel !!

Le clip du tube "Broken Eyes" 

La Note du Scribe : 9/10

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WARDRUNA "SKALD" (2018 NORSE MUSIC)

LE GENRE : FOLK SCALDE

Wardruna fait partie de ses groupes qui donnent un sens nouveau à la musique folk scandinave, en y insufflant tout le poids des légendes et de l'histoire viking et en narrant les diverses sagas de ce peuple. A l'instar de leurs quasi-homologues d'Heilung, ils nous font voyager dans un lointain passé où le paganisme nordique régnait en maître et où la religion était d'abord d'essence chamanique, impliquant la transe et le voyage hors de soi-même.
Ainsi, après une trilogie absolument somptueuse (les trois volets de Runaljod) mettant en scène cette magnifique musique folk enrichie de belles orchestrations, Wardruna a cette fois joué une toute autre carte, celle du dénuement total. Ainsi Einar Selvik s'est-il enfermé en studio pour enregistrer seul et en conditions live une série de poèmes tirés de l'Edda scandinave et, en particulier, le Sonatorrek et Voluspa. Utilisant l'ancienne langue nordique (ancêtre de l'islandais), Einar Selvik s'est donc transformé en Scalde, c'est à dire en barde scandinave, pour nous narrer histoires de Trolls, de Dieux du Nord, mais aussi plus intimistes, comme le sublime "Sonatorrek" qui narre la douleur d'un père ayant perdu son fils. 
WARDURNA SKALD FOLK NORWAY
La sensation est saisissante : dès le début de l'album, on a le sentiment que le scalde est dans la pièce avec nous, déclamant ses poèmes avec quelques instruments anciens, et l'on oublie immédiatement 2018 et toute sa laideur pour un voyage immobile vers des contrées blanchies par le froid mais d'une beauté majestueuse. Avec cet album, Wardruna pousse le côté authentique au bout, cet enregistrement live, sans effets, sans fioritures, renforce ce sentiment. 
Essayez "Vindavla" et son ambiance hypnotique et vous verrez, vous n'êtes plus vraiment là. Les instrumentations, minimales, sont de toute beauté, de même que le chant d'Einar, habité et comme transcendé par la puissance des mots. Mots que nous ne comprenons pas, et au début, cela ne pose aucun problème, et puis l'on s'aperçoit que le groupe a eu l'intelligence de glisser dans le livrer le texte en islandique certes mais aussi en traduction anglaise, ce qui nous aide à mieux comprendre l'univers campé. Les morceaux sont hantés par ces sagas, l'émotion est à fleur de peau (on entend même Einar respirer). Les quinze minutes de "Sonatorrek" a cappella doivent s'écouter avec le livret sous les yeux, tant on entend la douleur de ce père venant de perdre son fils, ce qu'Einar arrive à incarner avec une profondeur inouie. 15 minutes acappella et l'on ne s'ennuie jamais, c'est un prodige, un peu comme si le magnifique "the wind that shakes the barley" chanté par Lisa Gerrard dans Dead Can Dance durait trois fois plus longtemps. Ecoutez cet album au casque, au calme et vous partirez dans un voyage dans le temps et dans l'espace.
Pour moi, c'est clair, Wardruna vient de nous pondre un chef d'oeuvre absolu, qu'il sera difficile à dépasser, d'ailleurs le groupe en est conscient puisqu'ils ont d'ores et déjà annoncé que ceci resterait un one-shot et que le groupe allait revenir au style de la trilogie dès le prochain album. Un des plus beaux disques de l'année, si ce n'est le plus beau, une acquisition indispensable, pour toutes celles et ceux qui sont en quête de pureté musicale. 


La Note du Scribe : 10/10

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