CIRCUS MAXIMUS BLACK METAL CE SOIR ! Interview avec PENSEES NOCTURNES



Pensées Nocturnes fait partie de ces groupes qui font avancer le Metal au sens large. Après des débuts dans un Black Metal d'une tristesse noire, le projet de Vaerohn a évolué pour faire découvrir un continent fait de musette, de cuivres, d'orchestrations raffinées, d'un humour noir très français pour en arriver aujourd'hui a un cirque noir et spectaculaire. La parole à Vaerohn !




Bonjour Pensées Nocturnes, et merci d'avoir accepté cette interview. Vous êtes un groupe parisien formé en 2008. Peux tu nous relater cette formation, la constitution du line-up d'alors et les objectifs qui étaient les vôtres ?

PN est initialement un projet solo, ce n'est qu'en 2017 que d'autres membres ont rejoint le projet pour les lives, le studio restant pour le moment un travail majoritairement solitaire. Le projet s'autorise toutes les libertés possibles et imaginables pour peu qu'une matière cohérente et logique résulte de ce travail De nombreux instruments et des influences diverses sont ainsi employés pour obtenir des effets relativement surprenants pour une musique ayant pour racine le Black Metal. Ayant débuté en 2008, la dernière sortie, Grand Guignol Orchestra, est le 6ème album de PN et développe une ambiance de cirque maudit.

Vacuum, votre premier album, sorti en 2009, baigne dans une atmosphère particulièrement triste et dépressive. Peut-on dire qu'à cette époque vous vous inscriviez dans ce courant nommé Depressive BM ou DSBM ? Néanmoins, l'utilisation d'instruments classiques et baroques vous distinguait déjà du lot commun. Vaerohn, apparemment, a quasiment tout fait sur ce disque, hormis quelques passages de piano. Quelle formation as tu Vaerohn ? Comment vous est venue cette idée détonante de mélange musical inédit ? Et pouvez vous nous en dire plus sur ce premier album ?

Une œuvre est toujours à l'image de l'artiste qui la compose, d'un point de vue culturel et technique évidemment mais aussi au niveau du plan des ambiances et émotions. Vacuum, est l'oeuvre d'une personne en recherche de définition de soi, des autres, il est l'expression d'un profond vide d'un être qui ressentait le besoin d'extérioriser puérilement ce sentiment.
Aujourd'hui j'ai clairement honte de cet album, beaucoup trop faible et pleurnichard, il m'est impossible de l'assumer. En grandissant on prend conscience du fait que les gens suivent ceux envers qui ils ont un intérêt, les leaders, les puissants, les gens forts, souriant et en bonne santé.
Ainsi, quitte à vivre, je trouve la réponse à ce vide existentiel dans le rire, la moquerie, la destruction des certitudes ancrées. Mais sans pour autant perdre de vue l'aspect vain de tout cela finalement, car on finira tous dans le même trou. D'où le fait que PN ait perdu depuis ces années l'étiquette de DSBM, tout en conservant malgré tout quelques bribes de ce genre ci est là.
Concernant la formation musicale, à l'exception de quelques années de piano trop vite oubliées, je n’ai jamais suivi d'éducation particulière ce qui m’a poussé à « apprendre » la musique seul. Cela a toujours de l'impulsivité, le besoin incongru d'essayer de nouveaux instruments qui m'a amené à tâter un peu tous les terrains. Il en est de même pour ce mélange de styles absurde.

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Grotesque est a nouveau un projet en « one-man band » de Vaerohn. Il est sorti en 2010. Il opère un changement assez net de style avec Vacuum même si le côté « déchirant » lui survit. Le chant « à la monsieur Loyal » fait son apparition, de même qu'un certain chaos rappelant l'univers du cirque. Par moments je trouve qu'on peut penser à un Mister Bungle Black Metal (c'est un compliment de ma part!) . Qu'est ce qui a déterminé le « virage musical » sur cet album et l'affirmation de ce style « grotesque » et très français dans l'âme ? Des influences peut être ?

Grotesque est effectivement à la fois proche temporellement de Vaccum mais aussi extrêmement éloigné de ce dernier d'un point de vue musical. Vaccum était un brouillon, un vulgaire ramassis d'idées assemblées à la hâte et nécessitait d'être rapidement dépassé.
Grotesque annonce avec plus de clarté ce qu'allait devenir PN. Une musique torturée, désabusée mais novatrice et complexe. Il développe en effet l'aspect spectacle et mise en scène avec ce chant clair qui a survécu jusqu'à aujourd'hui.

Justement, en parlant d'influences, quels sont les groupes et/ou artistes qui ont eu le plus d'influence sur PN ?
En terme d'écoute tout y passe : Classique, Black Metal dans toutes ses formes, Death, Blues, Jazz, Post-Rock, Variété, Rap, etc... Néanmoins pour cet album mon écoute c'est de plus en plus orientée vers les musiques de cabaret / Jazz / cirque dont l'incarnation parfaite est à mon sens endossée à merveille par Circus Contraption.

La folie semble assez centrale dans votre approche musicale, avec des passages dignes d'un hôpital psychiatrique dans lequel les patients auraient monté un groupe de BM. Cette question de la folie est-elle importante pour vous ?
J'ai toujours été fasciné par les éléments qui font sens envers et malgré tout. Le premier concerto pour violoncelle de Shostakovitch a été une véritable révélation pour moi alors qu'il a tout d'une cacophonie organisée. J'écoutais à longueur de temps ce déroulé robotique, comme hypnotisé par cette dissonance prépondérante alors que tout est fait pour rebuter le commun des mortels. Cette différence, cette recherche envers le cours du temps est typiquement ce que je recherche en composant. Qualifie-t-on cette différence de folie ? Je ne suis pas trop à même de me prononcer sur la question...
PN aborde néanmoins de temps en temps la question avec notamment Deux bals dans la tête sur le dernier album. Il s'agit d'entrer dans la tête d'un schizophrène qui cherche à ne pas laisser s'échapper la petite lumière au fond du couloir... Cela reste en toute honnêteté une image relativement amatrice de la question.


Va suivre un vrai disque fou et ambitieux : un seul long titre de 55 minutes nommé Ceci est de la musique. On comprend dès la pochette (un clown triste avec un accordéon) et le titre-référence au surréalisme (René Magritte si tu nous entends) que vous plongez encore plus loin dans l'avant-garde et l'expérimentation. Le disque est, parait-il, tiré à 60 exemplaires et aujourd’hui introuvable. Quelle était l'intention derrière ce projet ? Est-ce en quelque sorte votre « everest » de l'expérimentation ?

CEDLM est une réponse à l'irrespect total envers les artistes qui prédomine sur la toile. Grotesque s'était en effet retrouvé sur le net avant sa sortie et en ayant insulté comme il se doit les relayeurs de lien, j'avais été traîné plus bas que terre. En réponse à cet acte relativement déplaisant, j'ai décidé de ne distribuer le troisième opus du groupe qu'à des connaissances proches et dignes de confiance, de sorte que l'album n'atterrisse jamais sur la toile. Je suis extrêmement fier de pouvoir dire qu'aujourd'hui c'est toujours le cas.
Musicalement parlant, CEDLM est une sorte d'opéra néoclassique d'une heure, restant tout de même assez logiquement assez proche de Grotesque mais décrivant un récit un peu à l'image de Nom d'une Pipe!.

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Nom d'une Pipe ! (Magritte encore et toujours ) va lui succéder en 2013 et vous amener une vraie notoriété underground ainsi qu'une reconnaissance des « connaisseurs » mais aussi au-delà. Le disque introduit une dimension « musette » et Jazz plus prononcée à votre œuvre, ainsi qu'un aspect « vieille france » et nostalgique (l'intro de Coluche, super idée). Vous continuez à jouer avec les genres (enfin Vaerohn) avec maestria. On est bluffés par une telle maîtrise musicale et une liberté de ton aussi importante. Comment vous faites ? (lol) et peux tu revenir sur cet album charnière ?

Concernant la composition, je dirais que la trame des morceaux est en générale définie par la place qu’ils tiennent dans l’album mais que les détails sont eux pensés secondairement, durant la composition : un peu comme un peintre tracerait les gros traits de son tableau avant d’emprunter les pointes fines. Pour schématiser la destination est connue mais pas forcément les chemins à emprunter, le parcours se dessinant au fur et à mesure. L’expérimentation étant prédominante dans PN il est pratiquement impossible de savoir à quoi ressemblera un morceau et c’est d’ailleurs tout ce qui fait le charme du projet : le fond est déjà pensé, ne reste plus qu’à lui trouver la forme la adéquate.
Pour GGO par exemple, certains passages datent de plus de deux ans. Fidèle à mon habitude, je pétris, travaille, retouche et remodèle sans arrêt les différents passages. PN est une pâte feuilletée que je ne cesse de plier, les couches s'empilent et s'additionnent sans répit. Jamais un morceau ne tombe du ciel tout cru, tout est le résultat d'un travail de tous les instants. La conséquence en est une densité certaine mais également un contrôle parfait de chaque détail. Tout est traité, jaugé, écouté et réécouté des dizaines de fois.
La majorité des instruments sont joués par moi-même ou d'autres musiciens, comme pour le live. Il reste néanmoins un petit nombre d'ambiances ou d'instruments trop exotiques qui restent de la programmation. Le nombre de ces derniers diminue d'album en album.
A mon sens NDP! dépasse un chouille les bornes de la cohérence que j'abordais en introduction et qu'il est indispensable de respecter selon moi. Il s'autorise un peu trop de liberté et aurait mérité de légères reprises sur les passages beaucoup trop avant-gardistes et ambitieux. On ne peut se permettre d'enchaîner les styles sans aucun rapport sans prévoir suffisamment de liant.

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A boire et a manger ! Sort en indépendant (comme Ceci est de la musique) en 2016. Quel est le but de le sortir sans la logistique de LADLO ? Le disque continue votre route vers toujours plus de liberté, avec du Jazz Nouvelle Orléans et cette ambiance années 20 toujours plus nette. Etes vous nostalgiques d'une époque révolue de la France ? Et, plus largement, peux tu revenir sur cet album en particulier ?

La sortie en autoprod est plutôt une décision commune avec ladlo qui souhaitait se concentrer sur la vague de Post Black Metal très en vogue à l'époque, à contre-courant de ce que PN pouvait proposer. Cela a été une expérience très enrichissante notamment pour le contact direct avec les auditeurs.
ABEAM est en effet une marche arrière et un retour à la "normalité" en comparaison avec NDP!. Il entérine l'emploi du vieux jazz déjà très présent dans NDP! mais avec beaucoup de cohérence dans le mélange avec le Black Metal. Il fait également référence à de nombreuses reprises à une France révolue, avec une nostalgie parfois un peu niaise mais qui fonctionne terriblement bien.

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Votre label Les Acteurs de l'Ombre (LADLO) basé sur Nantes, vous soutient depuis le début. Ils semblent vous donner une totale liberté artistique et ont un catalogue d'une très grande qualité. Comment se passe votre collaboration ?

Gérald, le président de LADLO prod, est un très bon ami et il nous a semblé naturel de débuter l'aventure ensemble. Ladlo a clairement contribué a faire de PN ce qu'il est aujourd'hui. Nos chemins se sont un brin éloignés pour ABEAM ensuite avec l'orientation de Ladlo vers les branches plus modernes du black metal, PN restant lui ancré dans le passé. Il a néanmoins été tout à fait naturel de travailler à nouveau ensemble sur GGO.
D'un point de vue artistique ladlo ne s'autorise aucun droit de regard ou d'avis quelconque. Je suis totalement libre de choisir la direction artistique que je souhaite apporter au projet : c'est l'intérêt recherché en travaillant en one man band et il aurait été de fait un peu incongru que le label s'immisce dans le procédé de création.

Retour au présent/futur avec « Grand Guignol Orchestra » eu j'ai eu la chance de pouvoir écouter en entier (et chroniquer) et qui verra le jour début février (interview réalisée en Janvier NdA) C'est le premier album de PN comme « groupe réel » non ? Et aussi celui qui va vous permettre de mettre en place un show qu'on imagine grandiose ! Peux tu nous parler de ton rapport au « Grand Guignol » historique et de l'acception que tu en as dans PN ? De même, ce disque apparaît comme toujours aussi fou et libre, mais donne à entendre un ensemble presque « accessible » (si le mot est possible avec vous). Je l'ai dit dans ma chronique, je le considère comme un chef d'oeuvre, une synthèse de votre œuvre et une excellente porte d'entrée dans votre univers. Qu'en penses-tu ? Peux tu nous en dire plus sur ce disque fort attendu ?

A l'inverse des précédents opus dans lesquels le concept du cirque était subtilement insinué, cette production assume pleinement cette influence tant musicalement qu'au niveau de l'imagerie. Il fourmille également de cuivres en tout genre et le chant a été travaillé au pied à coulisse avec de multiples variantes. C'est à ce jour le meilleur album de PN.
Le théâtre du Grand Guignol est plus une référence à l'aspect gore et grivois de cette institution du passé qu'un véritable hommage. C'est une sorte de pensée nostalgique envers cette vieille France qui joué à se faire peur.
Nous jouons déjà plusieurs morceaux de cet opus en live. Néanmoins en opposition avec nos confrères et les attentes du public métal en général, nous ne recherchons pas une retranscription fidèle du studio sur scène avec l'usage de samples ou autres artifices surannés mais bien une adaptation libre et fluide. Une place importante est d'ailleurs réservée à l'improvisation sur scène.
Le studio reste toujours un effort solitaire et c'est ensuite un gros travail de réécriture qui permet l'adaptation pour le live. Cette démarche permet également de ne pas compromettre la composition en raison de l’évolution live car c’est à mon sens ce qui castre aujourd’hui toutes les formations classiques et aseptise les tonnes de productions pondues tous les jours. Vouloir se cantonner à composer pour le live stérilise la créativité et invite beaucoup trop à se vautrer dans la facilité pour pouvoir être digne d’écoute. Il est largement préférable de travailler à retranscrire une compo injouable, d’autant que l’exercice est rendu assez excitant lorsque les musiciens sont prompts à improviser.

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Vous évoluez dans un genre inclassable que, faute de mieux, on peut ranger dans la grande boite de « l'avant-garde ». Peux tu nous citer les mouvements d'Avant-Garde t'ayant le plus marqué (depuis Dada, allons-y!) et les groupes d'Avant-Garde dans le BM que tu apprécies le plus ?

Pour les groupes de Metal, je dirais Diapsiquir, Peste Noire, UneXpect, La Rumeur des Chaînes, Deathspell Omega, ... Pour le reste la question est si diverse que j'aurais du mal à y apporter une réponse légitime.

Enchainement nickel : tes 20 albums préférés de tous les temps, dans tous les styles musicaux (pas simple, je sais)

Alors pèle-mèle :
Diapsiquir - Anti
Arkhon_Infaustus-Orthodoxyn
Peste Noire – L'ordure à l'état pur
Deathspell Omega - Paracletus
UneXpect - In a Flesh Aquarium
Circus contraption – Tout
Matt elliott – The broken man
Prokofiev – 3ème symphonie
Shostakovitch – 1er concerto pour violoncelle
Stravinsky - Sacre du printemps
Vald - Xeu
Banda Ionica - Passione
Verdi – Requiem
John Williams - Return Of The Jedi
Igorrr – Nostril
Windir – Arntor
Chet baker - My funny valentine
Dvoräck – 9ème symphonie
Kickback-No_Surrender
Godspeed You Black Emperor! - Lift Yr.Skinny Fists Like Antenna


Tes films et livres préférés ?

En film : The Lobster, Asylum Seekers, The Gift, Identity, C’est arrivé prêt de chez vous, Interstellar, les derniers aliens, Tarantino, In Bruges, Simon Pegg, etc...
En bouquin : Rabelais !


A quoi peut-on s'attendre avec le show de PN en mode Grand-guignol ?

Nous ne jouerons pas tous les morceaux de GGO car comme abordé précédemment ils ne sont pas tous réellement taillés pour la scène. Néanmoins Deux bals dans la tête, Poil de lune et Les valseuses ont été accueillis chaleureusement par le public lors de nos dernières prestations. Les ruptures de rythme, variation d'ambiance et de style, une fois parfaitement maîtrisés ont un impact très fort sur le show et l'auditoire.
En terme de mise en scène, nous avons travaillé sur le peaufinement de pas mal de détails avec des intervenants extérieurs.


Ta vision du BM en 2019 ? Et de ses sous-genres comme le Blackgaze, Post-Black, Blackcore, Dsbm...

J'ai beaucoup de mal à suivre l'évolution de la scène BM sans sombrer dans un profond ennui. Trop rares sont les formations capables d'apporter un véritable souffle de renouveau sur la scène. Les styles que tu cites débordent déjà tous de formation se recopiant les unes aux autres...

PN est-il toujours un groupe de BM à tes yeux ?

Non évidemment pas. Ni au sens conceptuel, ni musicalement parlant. PN se joue du Black Metal, le tourne en dérision comme tout ce qui est empli de certitude.
La majorité des groupe de BM appellent à une espèce de divinité mystique, une puissance supérieure de la musique qui les guiderait dans leur approche artistique. Comme s'ils n'étaient que les pantins de cette divinité supérieure. J'estime pour ma part être le maître absolu de mes choix et un simple artisan de vibrations acoustiques.
PN est une musique matérialiste, à boire et à manger, ici et maintenant.


Je sais que tu aimes la liberté artistique et moi aussi, mais que penses tu de ces groupes de BM qui font de la politique (de gauche comme le RABM et de droite comme le NSBM ) ? Idem pour le côté spirituel « sataniste », païen ou autre, ou te situes tu par rapport à cela ?

Je suis un passionné des gens emplis de certitude. Et les Black metalleux en sont fourrés, et d'autant plus dans les extrêmes. PN a toujours existé grâce aux gens sûrs d'eux, ceux qui ont un combat à mener, une cause à défendre. Ils sont mon pain quotidien et je préfère prendre le partie de l'amusement plutôt que celui du combat frontal. Ce dernier n'a aucun intérêt puisque sans aucune chance de faire plier, même avec des arguments sans appel. PN c’est la moquerie dans tout ce qu’il y a de plus facile et de plus bas, sur tous les sujet et en particulier dans le Metal où l'autodérision est relativement rare.

Espace vierge, libre, anarchiste : dis ce que tu veux, en prenant l'espace que tu veux : 
 
Merci pour ton travail de recherche et d'analyse, qui peut sembler naturel pour tout critique musical se respectant mais malheureusement bien trop tard sur la toile...