RURAL BLACK METAL FROM BELGIUM ! INTERVIEW AVEC ORIFLAMME - MALTKROSS LABEL


S'il est plutôt rare qu'une démo suffise à avoir assez de matériel pour une interview les exceptions existent ! La preuve avec Oriflamme et leur première démo 5 titres qui vient de paraître chez Maltkross...Un vrai coup de tonnerre dans le ciel de Belgique ! Explications avec les deux loups du combo, Dyable et Arvak !

INTERVIEW ORIFLAMME LE SCRIBE DU ROCK


Bonjour Amis des ténèbres belges, bienvenue dans la grotte crasseuse du Scribe...excusez-moi je n'ai pas eu le temps de ranger...Oriflamme est une nouvelle formation de “rural black metal” mais Dyable nous est déjà connu pour ses prestations dans d'autres formations...Pouvez-vous nous parler de la formation de ce nouveau cortège maudit... 


Arvak : Bonsoir à toi ami des terres de l’Hexagone ! Pas de souci, on ne juge pas le bordel des autres ! 

Je vais te raconter comment on en est arrivés à monter Oriflamme et à sortir cette première démo. Tout a commencé en l’an de (ténèbres) grâce 2015, époque à laquelle j’avais quelques idées musicales qui vagabondaient dans un recoin de ma tête. L’ébauche d’Oriflamme s’appelait autrefois « Blasphème » et nous jouions ce que l’on aurait pu appeler une sorte de « Thrashened Black metal ». D’ailleurs, il en est ressorti de cette époque le premier titre de la démo, l’Amer monte, qui n’a de Thrash le beat de batterie. Et encore, je dirais plus punk que Thrash metal, mais passons. Nous répétions dans un local à Huy (région de Liège) chez les parents de notre bassiste JV qui fait toujours partie du projet actuellement. Après une année ou deux, et voyant que tout cela ne menait à pas grand-chose de convaincant au vu notamment de visions divergentes, a suivi une période de remaniement de l’effectif du groupe et du style visé. C’est dans cette période de transition que nous est venue l’idée d’appeler la formation « Oriflamme ». J’étais en plein travail de fin d’études sur la traduction et l’adaptation d’un documentaire sur les armes médiévales « Weapons that Made Brtain » de l’anglais vers le français et j’ai été amené à effectuer quelques recherches terminologiques. C’est ainsi que le terme a été proposé sur la table du groupe et il a été validé par tous. L’idée correspondait parfaitement à nos affinités personnelles que sont l’histoire, surtout le Moyen-âge et la culture. Est ensuite arrivé notre cher camarade Dyable qui nous a rejoint après une discussion lors d’un concert d’Arkona (les Polonais) et Batushka à Arlon. J’ignorais totalement qu’il était capable de vociférer dans un micro, ne le connaissant que pour ses activités de guitariste dans Zardens. 

DYABLE ORIFLAMME
DYABLE



Au niveau des influences, tout le monde en a, ce qui est normal...chez vous on entend que vous devez bien apprécier Peste Noire, Sale Freux (avec qui Dyable a partagé un split avec son groupe Eole Noir)...Je ne me trompe pas ? D'autres formations fondamentales pour vous ? 


Arvak : En termes d’influences musicales, je ne vais pas te cacher que Peste noire en fait partie même si concrètement le rendu d’Oriflamme en est assez éloigné. Cela dit, mes grosses influences sont le Black métal finlandais (Horna, Sargeist, Behexen, Goatmoon, White death, Beherit, ...and Oceans etc) et le Black métal français issu surtout de la scène toulonnaise dont Seigneur Voland. Mais il est aussi bon d’ajouter la scène Québecoise (Forteresse, Brume d’Automne, Neige éternelle, Frozen Shadows, Délétère etc.) et un peu de scène Slave (Kroda, Nokturnal Mortum, Szron, Mgla, Arkona (pl), Burshtyn, Graveland… Bon j’arrête avec les noms sinon on n’est pas sorti de l’auberge…). 

Je vois surtout Oriflamme comme un mélange finno-toulonnais à la sauce BM rural français. Mais bon ce n’est que mon interprétation personnelle de ce que nous produisons. Chacun ressent la musique par son vécu, son expérience, et j’estime que c’est ce qu’il y a de plus inhérent à l’écriture/l’écoute musicale. Pour ce qui est « l’appellation d’origine contrôlée » de BM rural, elle nous est venue lors de nos pérégrinations dans les milieux ruraux, qu’il s’agisse des Fagnes en Belgique ou des Montagnes valaisannes (« Souviens-toi de l’Edelweiss » nous cite d’ailleurs Dyable… nos amis helvètes comprendront l’allusion), ou de la forêt de Mormal dans le Nord français où j’habite depuis environ deux ans. Cette appellation ressort également de notre profonde aversion du milieu citadin et de ses mentalités « regressistes » que l’on travestit de « progressisme ». Je vis actuellement dans ce péril urbain que je subis au quotidien. Cela dit, tout n’est pas tout noir ni tout blanc et j’apprécie certains aspects des villes, notamment architecturaux, quand ceux-ci ne sont pas corrompus de modernisme… 

« Ses murs se dessinent pareils à une armée 

Et ce qui vient d’elle encore de brume et de fumée 

Arrive en appels clairs vers les campagnes. 

C’est la ville tentaculaire, 

La pieuvre ardente et l’ossuaire 

Et la carcasse solennelle. 

Et les chemins d’ici s’en vont à l’infini 

Vers elle. » 



Émile Verhaeren, la Ville dans les Campagnes hallucinées 



Dyable : Pour ma part, mais ça ne concernera que le plan de l’écriture, je dirais qu’on est forcément influencés par x ou y facteur. Le contraire est impossible vu que le monde qui nous entoure ne fait que nous influencer consciemment ou non. 

Mais (et bien que j’apprécie énormément le travail de SF ou de KPN) ce ne sont pas spécialement ces projets-là qui inspirent ma plume. Ni même un groupe en particulier. Ce seront plutôt les réflexions internes que j’ai en avançant dans la vie de tous les jours. Les rencontres, les confrontations, les échanges que je peux avoir avec les autres humains. C’est ça qui va inspirer mes textes. Ça me permet de mettre des mots sur mes maux, de mettre par écrit mes ressentis vis-à-vis des nombreuses déceptions envers le genre humain. 


ARVAK ORIFLAMME
ARVAK


“Murmures de L'Ourthe” est votre première démo...Pouvez-vous nous parler de la thématique et de l'Ourthe ? 


Dyable : Il y a une raison pour laquelle nous avons utilisé l’Ourthe et pas une autre rivière, mais celle-ci restera interne à Oriflamme. Toutefois pour ma part je suis relativement satisfait que le nom de cette démo suscite de la curiosité, que l’on se mette à chercher ce qu’est l’Ourthe et involontairement à en apprendre davantage sur le plat pays qu’est le nôtre. 

ORIFLAMME MURMURES DE L'OURTHE


C'est ce que j'appelle un démarrage en fanfare ! Pour tout vous dire, compte tenu de mon âge canonique, il devient rare qu'une première démo m'impressionne...pourtant, la vôtre m'a laissé sur le cul, et la tape de chez Maltkross ne cesse de tourner ! Comment avez-vous construit votre identité musicale, et quelle dose de travail cela a-t-il pu représenter ? 


Arvak : On va dire que le démarrage a été très laborieux, car il aura fallu le temps de trouver une osmose entre les membres. Comme dit plus haut, le groupe a vécu certains remaniements et j’ai souvent eu l’impression que j’allais raccrocher et arrêter le projet, ne le voyant pas avancer. Je crois que tout le monde connaît ce genre de phases, pour ma part elles n’ont jamais duré très longtemps. Pour moi, à chaque problème, il n’y a que des solutions alors autant agir, avancer, au lieu de se lamenter sur son sort. Je crois que c’est une philosophie de vie dominante dans l’équipe oriflammienne. Plus tard, j’ai fait la connaissance de notre ingénieur son à qui l’on doit les enregistrements et qui potentiellement deviendra le batteur officiel du groupe. Nous officialiserons probablement ce compagnon d’armes au prochain chapitre d’Oriflamme. 


Dyable : Merci de ta sincérité et de ton intérêt pour notre art, ce sont des mots qui font plaisirs à lire. 

Mais pour être honnête… Je ne sais pas réellement te répondre. Je n’estime pas pour ma part avoir une identité musicale et je n’ai pas cherché à construire quelque chose destiné à entrer dans telle ou telle case ou tel genre musical. J’écris et chante juste avec autant de sincérité que possible sans chercher à ressembler à quelqu’un d’autre. 

Mais j’ai conscience qu’une fois qu’on crée quelques choses, qu’une fois qu’on fait naître une œuvre et qu’on la laisse en pâture au monde les gens vont se l’approprier, s’identifier à elle ou non, l’aimer ou la haïr et inévitablement comparer ça aux autres références qu’ils connaissent. 

Je dirais donc en définitive que l’identité musicale publique qu’on m’attribuera sera finalement la création des autres et non la mienne. 



Il y a du Punk Hardcore dans certaines de vos chevauchées (j'adore le Punk Hardcore !) ça vous parait étrange que je vous dise ça ? 


Arvak : Absolument pas. Il faut savoir que j’ai mon petit passé dans le Hardcore old school mais surtout dans le punk des années 1980. Madball a été une grosse claque à l’époque pour moi. Mais j’ai passé plus de temps à écouter les vieux vinyles trouvés dans les archives parentales comme the Exploited, the Stooges, the Sex Pistols, GG Allin. D'ailleurs, j’écoute toujours the Exploited, les vieux titres surtout. Je suis moins fan des dernières sorties virant Punk Hard Core. Je suis également passé pas mal par la case grunge et la scène des 1990 en écoutant Soundgarden, Alice in Chains (que j’ai repris pas mal étant adolescent), les Meat Puppets, Pearl Jam, Sonic Youth, Mudhoney etc. J’ai pas mal appris à jouer de la guitare sur du Led Zeppelin grâce à mon père qui joue dans un cover band du groupe en question justement (c’est d’ailleurs l’un des premiers groupe de cover de Belgique) depuis 1993. Tout cela a très certainement une influence, aussi infime soit-elle, dans ma façon de composer les riffs. 


“J'en peux plus de vous, je sature ! Ma chair n'est que mélancolie” voici un extrait de votre morceau “Le dernier loup des fagnes”...L'humanité vous donne envie de vomir ? 


Dyable : L’humanité... C’est mon terrain d’écriture de prédilection. 

Mais pour répondre à ta question, je dirais “oui” et “non” à la fois. 

J’ai l’impression que plus j’avance dans la vie et plus je prends volontairement de la distance par rapport à l’humanité, mais en même temps sans avoir le choix d’en faire partie, car à notre époque vivre totalement en ermite reste quelque chose de très complexe à réaliser. 

Je reste donc très contemplatif vis-à-vis du genre humain. J’analyse, m’analyse, m’interroge sur ce qui m’entoure et à chaque fois j’en arrive à un constat et il n’est que peu ragoûtant. L’humain est la médaille et le revers de la médaille. Capable de prouesses mémorables et d’actes de bonté désintéressés mus par de l’altruisme pur, mais en étant capable dans la même journée d’atrocités monstrueuses que même un animal fou ne produirait pas. La médaille et le revers de la médaille... J’ai à travers mes errances eu l’impression que nous sommes constamment en combat contre une dualité interne, un combat entre des valeurs (nées de dogmes monothéistes ou éducationnels... Choisis ton poison...) et des pulsions monstrueuses. 

C’est donc à travers ces réflexions que je peux te dire que oui l’humanité me donne envie de vomir, mais qu’en même temps parfois cette dernière parvient à me surprendre sans crier gare. 

TEXTES ORIFLAMME
Textes de Dyable pour Oriflamme





D'ailleurs, sur le même thème, ne trouvez pas que le côté “dépressif” prend le dessus sur le côté “guerrier” du Black Metal ? 


Dyable : À cela j’aurais envie de dire que cela dépend de quelle branche du BM tu parles. Si on se dirige vers les fervents défenseurs du True BM tel qu’Hats Barn ou Shadows Ground là je ne vois aucune forme de “dépression” dans leur art. Par contre pour le côté “rural”, je ne dirais pas que le terme “dépressif” serait le mieux employé. Peut-être plus vite “mélancolique” ou encore “désespéré” ou même “nostalgique” mais “dépressif” ça non pas à mes yeux. 

Arvak : Je pense comme Dyable qu’on devrait plutôt parler de nostalgie en effet. Il nous arrive d’apprécier certains groupes de DSBM. J’ai tendance à comparer Oriflamme à Kalmankantaja pour le côté un peu plus « nostalgique » et j’aime bien alterner entre les morceaux plus pêchus et les morceaux plus calmes. Ce qui je crois apporte un certain équilibre général dans la démo, et nous allons continuer sur cette voie pour les prochaines sorties. 


J'imagine que vous devez nous préparer un album ? À quoi peut-on s'attendre ? Sortira-t-il aussi chez Maltkross ? 


Arvak : En ce qui concerne le prochain opus du groupe, la confiance que nous avons envers Maltkross nous pousse à poursuivre notre collaboration avec le label. Par conséquent, nous travaillons actuellement sur une démo II qui sortira au format cassette également, histoire de sortir la petite sœur des murmures de l’Ourthe. S’ensuivra sans doute une compilation CD des deux démos. Un split avec un projet français du Sud-ouest est également en cours de préparation, mais je n’en dirai pas plus pour le moment. 

maltkross label


Vos albums préférés de tous les temps ? 


Dyable: Honnêtement, je n’en ai pas, car cela dépend énormément de l’humeur dans laquelle je suis, mais là actuellement en écrivant ces lignes je suis d’humeur à me plonger dans mes premiers classiques à savoir “Dusk and Her Embrace” de CoF et “Filosofem” de Burzum. 

Arvak : Pareil que Dyable, tout dépend de l’humeur du moment et mes goûts évoluent même si je reste sur mes fondamentaux du BM finlandais. Par contre, je devrais citer l’un de mes tout premiers albums qui m’a plongé corps et âme dans le Black métal : « Enthroned Darkness Triumphant » de Dimmu Borgir dernier album avant que le groupe ne parte en clownerie grotesque… Ahah mais ce n’est qu'un avis qui n'engage que moi. 

Sinon mon petit plaisir du moment, c’est l’album Alkemia du groupe Finlandais Hämys dont on remarquera aussi un certain côté « punk » dans les rythmiques. Je recommande ! 

Si Oriflamme devait être une citation, un proverbe ? 


Dyable : “Lire n’est pas un but, mais le moyen pour chacun de remplir le cadre que lui tracent ses dons et ses aptitudes.” 

Arvak : Juste une externe parce qu’Émile Verhaeren a tout compris : « Homme, tout affronter vaut mieux que tout comprendre. La vie est à monter, et non pas à descendre » 

textes oriflamme



La Belgique n'a jamais produit une grande quantité de groupes de BM malgré une qualité évidente des formations. Où en est la scène actuelle ? 


Dyable : Elle en est au même stade que d’habitude à savoir que la Flandre est un terreau bien plus fertile à la naissance de l’art noir, mais quelques étendards commencent à se dresser également en terre wallonne avec des groupes comme Heinous ou encore avec le label Medieval Prophecy Records proposant des productions de bonnes qualités ! 

Arvak : Je trouve que la scène belge a sa propre culture du Black Métal et qu’elle a réussi à se démarquer par son style. Et le pays a vu naître pas mal de projets originaux et de très grande qualité : Enthroned, Ancient Rites !!!! Ou encore Anguynguerran, Paragon Impure, Huldrefolk, Possession, Wiegedood… La liste reste quand même bien longue pour un si petit pays quand on la connaît. 


À vous de finir : remplissez le vide comme vous le souhaitez : 

Nous (l’humanité) méritons d’être jugés, mais lorsque ça arrivera ce ne sera pas en tant qu’individus que cela se fera, mais en tant que (sous) merdes et le constat ne sera pas joli du tout et nous paierons tous pour les erreurs de chacun. 

Merci Messieurs ! 


If it is rather rare that a demo is enough to have enough material for an interview the exceptions exist! Proof of this is Oriflamme and their first 5-track demo which has just been released by Maltkross...A real thunderbolt in the Belgian sky! Explanations with the two wolves of the combo, Dyable and Arvak!

INTERVIEW ORIFLAMME LE SCRIBE DU ROCK

Hail my dear friends from the shadows of Belgium. Welcome in the Scribe’s filthy lair… Sorry but I haven’t got the time to tidy the place. Oriflamme is a new “Rural black metal” band but we already know Dyable for his work in others bands… Could you please tell us how this new cursed gathering of musicians came into being? 


Arvak: Good evening, friend from the lands of the “Hexagone”. No problem at all, we’re not here to judge your messy place! 

I am going to tell you how we came to create Oriflamme and to release our first demo. It all began in the year of our (dark) Lord 2015. By that time I had a few ideas in terms of music writing developing in my mind. The band in his earlier formation was in the past called “Blasphème” and we used to play some kind of “Thrashened black metal”. Moreover, the first title of our demo, “l’Amer monte” dates back from that era. However, it only has the “Thrash metal” style in the drum beat. I’d even say it has a “Punk” more than “thrash” drum style, but nevermind… We used to rehearse our songs at our bass player JV’s place in Huy (Close to Liège) by that time he was living with his parents. He is still a member of the band nowadays. After a year or two, the band faced a few changes in terms of line up and music style mostly due to different opinions and behaviours and to the fact that the band wasn’t going anywhere so far. The name Oriflamme was given to the band during that era of changes. The idea came when I was working on my end of studies’ work which consisted in the translation and adaptation (subtitling) of a documentary called “Weapons that Made Britain” from English into French. Part of the work also consisted in some terminology research. So that’s how I came across the idea of Oriflamme as a band name and it was approved by everyone in the band. The concept matched perfectly to our personal hobbies which are history, mostly from the middle ages, and culture. Then came our dear comrade Dyable after a talk during a show in Arlon (Arkona pl + Batushka). I was totally unaware that he was able of such vociferations in a microphone and I only knew him for his work as a guitar player in a band called Zardens. 

DYABLE ORIFLAMME
DYABLE


Let us talk about influences. Everyone have their influences, which is normal. We can hear in your demo, if I am not mistaken, that you enjoy listening to Peste noire, Sale freux (Sale freux did a split with dyable’s band Eole noir). Are there any other bands that had a great impact on your music and that you would like to mention? 


Arvak: I am not going to lie by saying that Peste noire had an impact in our personal musical experience even though I think Oriflamme is very far from what Peste noire is doing. That being said, I can talk about Finnish Black metal as a major musical influence (Horna, Sargeist, Behexen, Goatmoon, White Death, Satanic Warmaster, …and Oceans) and about French Black metal from Toulon, mostly Seigneur Voland. But I think it would also be relevant to mention the BM scene from Québec (Forteresse, Brume d’Automne, Neige éternelle, Frozen Shadows, Délètère and so on) and the Slavic scene (Kroda, Nokturnal Mortum, Szron, Mgla, Arkona (pl), Burshtyn, Graveland… but enough with names or we won’t see the end of the tunnel…). I consider Oriflamme mostly as a mix of Finnish/Toulon style BM with a twist of French rural BM. However, that’s my personal interpretation of our music production. I believe that everyone has his own interpretation of music according to a personal experience. I consider that as an inherent part of music production/consuming. As far as the “protected designation of origin” of rural BM is concerned, it came from our wanderings in the rural environment in the Belgian High Fens or in the Mountains of the Swiss canton of Valais (“Souviens-toi de l’Edelweiss” as Dyable says in the last track of our demo. Our Swiss friends will understand) or in the Mormal Forest in Northern France where I moved to, two years ago now. The designation is also a symbol of our profound aversion of the urban environment with its spiritual “regressive” atmosphere today disguised as “progressism”. I currently am at the centre of that urban madness on a daily basis. However, everything is not black or white and I can enjoy the view of a few urban elements, mostly architectural, when not corrupted by modernism… 



« Ses murs se dessinent pareils à une armée 

Et ce qui vient d’elle encore de brume et de fumée 

Arrive en appels clairs vers les campagnes. 

C’est la ville tentaculaire, 

La pieuvre ardente et l’ossuaire 

Et la carcasse solennelle. 

Et les chemins d’ici s’en vont à l’infini 

Vers elle. » 

Émile Verhaeren, extract from the city, the hallucinated countryside 



Dyable: As far as I am concerned, and it will only concern my lyrics writing, I would say that everyone is inevitably influenced by factor x or factor y. The opposite is not possible. The world that surrounds us is constantly influencing us. Yet, even though I really enjoy listening to KPN and Sale freux, they don’t have any influence on our lyrics. Not even any band in particular. The lyrics are mainly influenced by my meditations on my personal experience of every day’s life. The encounters, the confrontations, the interactions that I have with other human beings are the main driving force behind the lyrics. It allows me to put words on negative thoughts, on my personally-experienced disillusion of the human kind’s deeds. 

ARVAK ORIFLAMME
ARVAK



« Murmures de L’Ourthe » is your first demo. Would you mind telling is more about its themes and the Ourthe? 


Dyable: There’s a reason why we chose to mention the Ourthe and not another river. But we would like to keep it secret. Yet, I am quite satisfied that the demo’s title generates curiosity. By searching what the Ourthe is, people will learn more about our “plat pays”. 

ORIFLAMME MURMURES DE L'OURTHE


This is what I call a great start! To be honest, and taking into account my canonical age, it is rare that I am so impressed by a first demo. Yet, it has left me dumbfounded and I keep playing the tape again and again. How was your musical identity formed? What amount of work did it require? 


Arvak: I’d say that the start was a bit rough. On one hand because it has required some time to strike a balance between the band’s members. As I told you earlier in this interview, the band faced an uncertain era of changes and I often had the feeling that I was about to give up the project as I couldn’t see the end of it. I think loads of musician have experience the same feeling at some point but I was lucky it never lasted very long in my case. I consider that every problem has its solutions. So the only thing to do is act, and progress instead of whining. This is the dominant philosophy of the “Oriflammian” crew. I later met our sound engineer who worked on the recordings of the first demo and will potentially become our drummer in future releases. He will probably become an official member of the crew in Oriflamme’s next chapter. 


Dyable: Thanks for your honesty and your interest in our work. It’s a real pleasure to read such words. But frankly speaking, I don’t really know how I can answer your question. I don’t feel I have a musical identity and I haven’t sought to build any in order to fit into one or another category or enter into one or another music style. I just write and sing with as much sincerity as possible without trying to create anything that is similar to someone else’s work. Yet, I am aware that once you have produced some artistic work and serve it up to the world, people will get to grips with the music, identify to it or not, hate it or love it and inevitably compare it to other bands they know. In conclusion, I’d say that the musical identity I’ll be given won’t be built from my own initiative but by other’s. 


There’s some Hardcore punk vibe going on in some of your titles (I love Hardcore punk!) Does it sound strange to you? 


Arvak: Not at all! I have myself made a quick step into Old school Hardcore, mostly into punk music from the 80’s. Madball was a major slap in the face back then. I spent my younger days listening to old LP’s from my parental archives by bands like, the Exploited, the Stooges, the Sex Pistols, GG Allin. I still listen to the Exploited nowadays even though I prefer the old releases. I don’t really like their evolution into a more Hardcore style. I have gone through the 90’s grunge scene with bands like Soundgarden, Alice in Chains (which I used to cover a lot when I was a teenager), the Meat Puppets, Pearl Jam, Sonic Youth, Mudhoney and so on. I have also learnt to play the guitar playing some Led Zeppelin tunes thanks to my father who is playing in a cover band (one of the first to do that in Belgium) since 1993. All of that most certainly had an impact, even very minor, on my way of producing riffs. 


“J'en peux plus de vous, je sature ! Ma chair n'est que mélancolie” meaning “I can’t take it anymore of you, I’m fed up. My flesh is melancholy”: here’s a sample of the track entitled “Le dernier loup des Fagnes” (the Last Wolf of the Fens). Does this world make you sick? 


Dyable: Humanity is my field of predilection in terms of lyrical writing. To that question I have two answers: Yes and No. I feel that as I am getting ahead in my life, I distance myself from humanity without willing to be a part of it. Today, living completely alone like a hermit is a very complex thing to achieve. Thus, I keep a contemplative glance at humanity. So I analyse people, myself. I am wondering about aspects of the world that surrounds us and I always come to an unpleasant conclusion about them. The human being is the upside and the downside of the coin. Capable of memorable prowess and selfless acts of grace powered by pure altruism on one hand and of immense acts of atrocity that even a crazy animal would refrain to do on the other hand. All of that in the same day. The upside and the downside of the coin… Through my life wanderings I have come to the feeling that we are constantly at war against our own spiritual duality, confronting values (born from monotheistic dogmas and education… choose your poison) and repressed impulses. These considerations make me tell you that, yes this world makes me sick but at the same time it sometimes surprises me without warnings. 

TEXTES ORIFLAMME
Textes de Dyable pour Oriflamme


On the same subject, don’t you feel that the « depressive » side of your music takes over the « warrior » side of Black metal? 


Dyable: It all depends on what branch of Black metal you are referring to. If you refer to great names of True Black metal like Hats Barn or Shadows Ground I don’t feel any form of “depressive” style in their work. However, as far as the “rural” side of the music is concerned, I wouldn’t say that the term “depressive” might be appropriate in this case. I would rather use the terms “melancholic”, “desparate” or even “nostalgic” but not “depressive”. 


Arvak: Like Dyable, I feel that “nostalgic” might be a more appropriate term. We are fans of some DSBM bands. Speaking of nostalgia I tend to compare Oriflamme to Kalmankantaja and I like to keep a balance between tracks with more energy and intensity and tracks that are cooler which we largely did for the first demo and we will stay on the same course in future releases. 


I suppose you are working on a full-length release, right? What could be our expectations? Will it also be release on Maltkross? 


Arvak: Concerning our future releases, they will also be release on Maltkross for a simple question of trust between the band and the label. As a consequence, we are currently working on a second demo that will also be release on MC format which will be considered as the sister of our first demo. Both demos will then be reunited in a CD release. There’s also a split with another project from South-western France, but I won’t tell more about it for now. 

maltkross label




What are your favorite releases of all time? 


Dyable: To be honest, I don’t have any. It all depends on the mood I am in. But as I am writing these lines, I am in the mood of rediscovering my old classics such as “Dusk and her Embrace” by CoF and “Filosofem” by Burzum. 

Arvak: I feel the same way as Dyable, all depending on my current mood and developing tastes even though I remain a big fan of classical Finnish Black metal. But I should maybe mention the album that made me the great fan of BM that I am today: “Enthroned Darkness Trimphant” by Dimmu Borgir which was the last album released by the band before turning into some ridiculously grotesque band… ahah But it is only my personal opinion. Also, I’d like to mention an album that I currently enjoy listening to: “Alkemia” buy the Finnish band Hämys from which you can sense a certain “punk” vibe going on in their musical rhythmic. A must! 


If there was a quote, a proverb for Oriflamme, what would it be? 


Dyable : “reading is not a purpose but the mean for each one to fill the space shaped by his talent and skills” 

Arvak: Let me add one more by Emile verhaeren, who rocks but I’ll leave it in French: “Homme, tout affronter vaut mieux que tout comprendre. La vie est à monter, et non pas à descendre.” 

textes oriflamme


Belgium has never produced loads of BM bands despite the obious quality of the formations. What is going on today in the Belgian scene? 


Dyable: It is going on as usual. The Flemish land is much more fertile in terms of the rise of new pieces of dark art but a fews seeds are also growing in Wallonia with bands like Heinous, or labels like Medieval Prophecy Records offering today good quality stuff! 

Arvak: I consider that the Belgian scene has its own culture of Black metal and it succeeded in distinguish itself from others scenes in terms of genre. Belgium is the cradle of loads of remarkable bands such as Enthroned and Ancient Rites, but also Anguynguerran, Paragon Impure, Huldrefolk, Possession, Wiegedood, The list is quite long for such a small country as ours when you get to know it. 


Any words to conclude with? 


We, as humanity, deserve to be judged. By the time this will happen, we won’t be judged as individuals but as pieces of shit and the outcome of it won’t be rejoicing and we will all pay for everyone’s mistakes. 



Thank you guys! 










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