Dis, Monsieur, dessine moi un rock critic Volume 3 : Mon interview avec Sakrifiss / My interview with Sakrifiss (Français/English)

INTERVIEW AVEC SAKRIFISS DE TRANSYLVANIE

Sakrifiss De Transylvanie


DIS MONSIEUR DESSINE MOI UN ROCK CRITIC VOLUME 3

"Le petit Sakrifiss rêvait de justice et d’égalité. J’ai toujours été attiré par le Bien. J’ai eu une éducation qui m’apprenait à respecter l’autre, à ne pas être égoïste, à avoir une morale. Et c’est ce qui m’a conduit au black metal bien entendu"

Finalement, Internet a du bon...Eh oui, sans ce bidule de réseaux et de moches tuyaux tu n'aurais pas connu Sakrifiss, ce fan de Black Metal qui nous donne du plaisir (mmmmmh) sur Youtube avec ses vidéos instructives et désopilantes sur le Black Metal et ses chroniques sur le webzine Thrashocore...Merci a lui de s'être prêté au jeu de l'interview "rock critic" du Scribe !



Bonjour Cher Sakrifiss...Qu’est-ce qui t’a amené, dans ta passion pour le metal, à choisir l’écriture journalistique ? Puis ensuite la vidéo sur Youtube ?

Malsoir, c’est Sakrifiss, de Thrashocore. J’espère que ça va... pas trop bien. Tu commences l’interview sans me demander de me présenter, comme si tout le monde me connaissait alors je suis flatté. Et pourtant regarde ! Il y a quelqu’un là-bas qui a des yeux tout ronds et semble se demander qui je suis ! Je suis Sakrifiss, un amateur de black metal lambda qui s’est retrouvé lentement, et naturellement, à écrire des chroniques puis à faire des vidéos sur sa passion, sur le fil conducteur de sa vie. Cela fait effectivement 25 ans environ que je suis plongé dans cet univers. J’ai d’abord été très indépendant et seul dans mes découvertes musicales étant donné que dans les années 90 je n’avais personne dans mon entourage qui appréciait le BM. Puis en 1999 je suis venu au Japon pour poursuivre mes études et j’ai eu accès à Internet quotidiennement pour la première fois. C’est là que je suis devenu Sakrifiss sur les sites qui réclamaient des pseudos, et en 2002 je me suis inscrit sur VS Webzine. Je n’avais nullement envie d’écrire à ce moment-là, je n’avais encore que quelques années d’expériences dans le black, et je trouvais même, à raison, que les Uriel et Prince de Lu étaient bien plus érudits et de bons raconteurs que ce que j’aurais pu faire. Cela ne m’éfleurait même pas l’esprit d’écrire. Pourtant, VS avait une rubrique Remember et je ne sais plus pour quelle raison j’ai tenté de parler d’un groupe qui fêtait les 10 ans de son album culte : MEPHISTOPHELES avec Landscape Symphonies. C’était donc en 2007 et c’était ma première chronique. C’est aussi l’année où j’ai migré de ce site / forum à un autre, plus consacré au black metal, et à mes envies de l’époque, à savoir Postchrist. Là, il y avait une dynamique de groupe, une envie très forte de partage entre passionnés exigeants, et cela a été un défi que de commencer à y faire des chroniques. Notre objectif sur ce site était d’être complets, de pouvoir couvrir le plus de sorties entre nous tous. L’euphorie était très forte. Mais des soucis sont apparus au bout de quelques années et il y a même eu des dissensions entre certains membres. J’ai aussi eu au bout de quelque temps une certaine frustration de n’écrire que pour un lectorat déjà très connaisseur. Je n’avais pas l’impression d’aider les groupes dans leur promotion, et même si cela peut paraître un peu prétentieux, j’avais à ce moment-là envie de mettre mes connaissances accumulées au fil des années au profit de la scène. Je ne me sentais pas musicien, j’étais satisfait de n’être qu’un auditeur, mais si je pouvais également permettre de faire le lien entre les artistes et le public, je me serais senti plus utile. Et puis soyons sincère, écrire des chroniques m’a toujours servi aussi à écouter mes albums de façon plus attentive. En devant écrire sur un album, je devais chercher l’histoire du groupe, le parcours de ses membres, les thématiques qu’il abordait. Et ne pas juger comme j’aurais pu le faire sinon sa musique sur deux ou trois écoutes uniquement. Et c’est bien pour cela que je continue maintenant de chroniquer environ 8 albums par mois... Mais je suis passé sur Thrashocore depuis 2012, afin donc de toucher un public plus varié, qui aurait peut-être eu besoin de mes expériences et de mes connaissances. Et j’ai commencé à faire des vidéos pour à la base atteindre encore un autre public, que je voulais sensibiliser à la lecture de Thashocore. J’avais conscience que les générations actuelles passaient directement par YouTube ou d’autres réseaux sociaux, et moins par les webzines. Une vidéo pouvait donner envie d’aller en savoir plus sur un album dont j’avais parlé. Ce format a duré le temps de 5 ou 6 vidéos, mes premières. Et ensuite j’ai évolué pour aborder certaines thématiques liées nécessairement au black...




C'est quoi ton parcours ? A quoi rêvait le petit Sakrifiss ?


Mon parcours musical n’a pas été bien compliqué. j’avais un groupe d’amis au lycée qui écoutait tout ce qui semblait “fun”. Les GUNS N’ROSES, NOFX, RAGE AGAINST THE MACHINE. Je suivait plutôt les tendances. Mais nos chemins musicaux se sont légèrement séparés. J’allais beaucoup dans des disquaires et c’est là que je faisais ma culture musicale. On pouvait à cette époque-là écouter ce qu’on voulait dans les magasins en demandant une borne et en présentant l’album qui nous intrigait. Je suis devenu fan de IRON MAIDEN, GWAR, MEGADETH, MANOWAR, PARADISE LOST, IN FLAMES, ANGRA. J’écoutais de tout à cette époque, et je voulais tout tenter des rayons hard-rock de la FNAC ou de Virgin. Je suis donc passé par l’achat d’OBITUARY, SLAYER, HELLOWEEN, FEAR FACTORY, MARILYN MANSON, KORN... Certains mêmes encore après avoir découvert le black metal. Et d’ailleurs je l’ai découvert un peu trop tard. En 96 avec CRADLE OF FILTH. Là aussi c’était chez un disquaire, et l’écoute a été une révélation. Je me souviens très bien avoir pensé : “C’est ce que j’ai attendu toute ma vie sans le savoir !”. J’ai tout de suite creusé le style, et je me suis peu à peu ouvert au black metal plus “représentatif”. J’ai effectivement mis du temps à apprécier ce qui n’avait pas de clavier. J’ai rattrapé mon retard progressivement, et c’est pour cela que j’ai mis du temps à pouvoir écrire sur le style. Je n’avais pas les bases et je ne voulais pas faire partie de ceux qui parlent en faisant semblant de savoir. Je voulais être légitime. C’est important la légitimité, et je ne l’avais pas à mes débuts.
Le petit Sakrifiss rêvait de justice et d’égalité. J’ai toujours été attiré par le Bien. J’ai eu une éducation qui m’apprenait à respecter l’autre, à ne pas être égoïste, à avoir une morale. Et c’est ce qui m’a conduit au black metal bien entendu. Parce que notre société n’a pas ces qualités. Ce qui ne serait pas un problème si elle ne prétendait pas les avoir. J’ai très tôt été surpris par les actes et paroles de façade de tous. Les gens étaient menteurs, trompeurs, corrompus. Ils se font beaux, ils ont les discours qu’il faut tenir, ils parlent toujours de ce qu’il convient de faire, et finalement ils vont haïr le laid, ils vont briser leurs promesses, ils vont tout faire pour anéantir celui qui ne leur convient pas.
J’observais beaucoup autour de moi, et j’étais déçu. Alors j’ai eu une attirance pour les Ténèbres. Si la lumière était fausse, l’obscurité l’était peut-être aussi ! Il y avait donc peut-être plus d’espoir, et un salut dans ce qui était plus sombre d’apparence. Le black metal me donnait l’impression de vérité, de liberté, de sincérité. Nous sommes laids, nous l’assumons. Nous avons des défauts, nous les utilisons comme des qualités...

sakrifiss de transylvanie


Quelle est ta vision de l’envers du décor ? « le milieu » du Metal (et notamment du Black )? Ça doit être moins fun dans les coulisses, non ?
Y'a pas des gens que tu as envie de baffer des fois ?

Je ne fais pas vraiment partie des coulisses. Je suis un observateur, un contemplateur. Ceux qui sont dans les coulisses, ce sont les musiciens eux-mêmes, ceux qui les entourent réellement, voire le public et les chroniqueurs qui se faufilent sur place. Moi, je suis à peine dans le couloir. Je vis au Japon, je n’ai toujours personne dans mon entourage qui écoute ce style, ni même le connait. J’applique d’ailleurs ce que je prône, et limite dans ma vie privée les contacts avec les autres. On me rétorquera que j’ai beaucoup de contacts via Internet. Oui, parce que sur Internet on peut garder le contrôle.  parce que là tu réponds quand tu veux, tu réponds si tu veux. Tu as le temps de réfléchir, de penser, de réagir. Certains aimeraient me rencontrer et discuter avec moi, je serais extrêmement décevant, parce que je manque d’envie de discuter, et puis de répartie aussi sans doute. J’ai donc ainsi pris les distances idéales qui m’empêchent de devenir blasé, de me retrouver dans une “scène musicale” éventuellement déplaisante. Le black est en grande partie pour moi quelque chose qui se vit en solitaire, donc je ne cherche pas de liens sociaux en particulier. Je répète juste qu’Internet permet à mon côté misanthrope de s’exprimer tout en pouvant éviter de fastidieux échanges de communication en présentiel.
J’ai un recul assez impressionnant depuis que je vis au Japon. 20 années dans le pays m’ont permis d’acquérir un bouclier anti-sentiments, rahahaahahahaah. Du coup, non, je n’ai pas envie de baffer qui que ce soit dans le milieu. Chacun a toujours des raisons d’agir comme il agit, et je ne suis pas placé pour juger. Je n’ai pas la faiblesse de me sentir concerné ou blessé par les actions d’autrui. Tu verras par exemple parfois des commentaires très négatifs sous mes vidéos, mais je comprends tout à fait. Même les insultes me glissent dessus. Au Japon on ne comprend pas les insultes du style “Va niquer ta mère” ou “Gros bouffon”, puisque nous n’avons aucune raison d’aller niquer notre mère ou de mettre un chapeau à grelots. C’est même plus ridicule qu’autre chose les insultes françaises. Du coup, les Japonais lancent plutôtdes critiques sur le physique, ou sur le caractère... des choses réelles qui blessent plus, parce qu’elles sont vraies. “Chauve”, “Radin”, “Gros” ou “Mocheté”. Mais là encore, en ce qui me concerne, la réalité non plus ne peut pas me blesser. Que tout le monde soit ainsi rassuré, je ne bafferai personne. Je reste à l’écart, je reste observateur.Je suis très bien là où je suis.


Tu fais aussi de la musique ? Est ce un vieux rêve que tu réalises ou un “à côté” par rapport à Thrashocore et ta chaîne ?

Alors c’est vrai que ça prend de plus en plus ces temps-ci. C’est vraiment très récemment que je me suis lancé dans la musique parce que j’ai toujours considéré que chacun devait être à sa place. Je n’avais rien à proposer qui permette de tenter la musique. Je suis un gros naze incapable de tenir un instrument. Mais voilà, il y a eu des rencontres ces dernières années qui m’ont naturellement amené à tenter. Des propositions qui m’ont titillé, et convaincu. Ca a commencé avec Nym, guitariste pro qui ne fait pas de black à la base mais qui a été séduit pas Satan. On a fait un groupe qui s’appelle LA FAIM D’ETANG, et le principe était là d’insérer de la “chanson” dans le black. On continuera sûrement, à notre rythme. Et plus récemment le musicien ERROIAK et moi avons créé ENTERRE VIVANT. Et on va vite. On a fait pour l’instant 4 morceaux, même si deux seulement ont été mis en ligne. Il a beaucoup de talent et il a la folie de me permettre d’ajouter ma voix sur ses compositions, là où je souhaite, et avec le timbre que je souhaite. Du coup il y a des surprises intéressantes. On a l’intention de sortir un album, on est trèèèèèès ambitieux. On espère même en vendre une dizaine. Tu en prendras un j’espère.




Si tu devais décrire les moments forts d’une rédaction telle que Thrashocore, au mois, à l’année ?

Ce sera très court à décrire. C’est simple puisque j’y vais, je dis ce que je voudrais chroniquer, si personne n’est déjà sur cet album je fais ma chronique et hop, deux fois par semaine en moyenne j’écris mon petit papier. Je suis presque frustré de ne pas avoir plus de choses à dire. C’est un webzine libre, dans lequel il n’y a aucun devoir. Tu chroniques ce que tu veux, quand tu veux. Tu peux même faire des fautes d’orthographe sans stresser, il y a un topic dans le forum qui permet à l’équipe de corriger les fautes des autres. Du coup j’ai même pas besoin d’un dictionnaire, j’attends que quelqu’un me dise ce que j’ai mal écrit.



Il parait que tu vis chez les Geishas...As tu une carte d’abonnement chez elles ? Qu’est ce qui t’a poussé à foutre le camp ?

Comme je te le disais, j’ai trouvé que mon environnement en France était hypocrite, mais aussi très égoïste... Le Japon a beaucoup d’hypocrisie, mais elle se manifeste dans une sphère invisible. La gentillesse n’est peut-être pas innée non plus au Japon, mais elle est de rigueur. J’ai cru quand j’étais adolescent que le Japon était plus civilisé et plus proche de mon caractère que la France. J’ai donc commencé à étudier la langue en 1996, et de fil en aiguille je me suis pris au jeu. J’y vis donc sans interruption depuis 2001, après une année d’études en 1999. Et finalement, oui, le Japon est plus civilisé, et toujours plus proche de mon esprit que la France que je connaissais. N’ayant pas vécu de vie adulte en France, je ne suis pas non plus très objectif. Mais quand je vois des femmes se promener seules à minuit sans qu’elles aient peur de quoi que ce soit, quand je vois ces jeunes qui mettent leur gros portefeuille dans leur poche arrière de jean, quand je vois des collégiens serviables, je me dis que je suis mieux ici. Même si finalement je reste toujours à l’écart, dans mon rôle d’observateur...


As-tu un journaliste rock, Metal en particulier, qui a été un modèle, un mentor, ou a tout simplement déclenché le désir de faire comme on dit « le même métier que lui » ?

Pas plus que ça. J’ai des souvenirs de chroniqueurs que je lisais, et qui m’impressionnaient par leurs connaissances. Uriel sur VS Webzine en 2002-2003, et ensuite le Prince de Lu toujours sur le même site. Mais ils ne m’ont pas donné envie d’écrire. C’est bien sur Postchrist que l’envie est arrivée, entre autres grâce à l’esprit qui y rêgnait, et la volonté de tous de faire un site solide, complet sur le black metal. Je suivais aussi un blogueur il y a belle lurette, mais j’ai oublié son nom même si je crois que c’était un Ramon... Il postait sur son blog une chronique par jour, et des choses que je ne voyais pas ailleurs. Il m’a marqué oui, mais il a arrêté du jour au lendemain parce qu’il en “avait marre que ses écrits soient recopiés et copiés ailleurs”. J’aimerais bien relire ce qu’il faisait, mais vu que je ne suis même plus sûr qu’il s’appelait Ramon... Si quelqu’un comprend de qui je parle : Au secours !!!

Pour toi, un bon critique c’est quoi ? Un bon critique Metal, c’est quoi ?

Un bon critique... Je peux juste te dire quelles sont mes exigences personnelles. Ce qui me semble important de respecter personnellement quand j’écris une chronique :
1. Déjà, je ne refuse rien dans le black. Quel que soit le style de black je veux pouvoir en parler. Je ne vais pas refuser untel parce qu’il est NS, ou parce qu’il est sur un gros label, ou parce qu’il utilise de la harpe...
2. Je n’abandonne pas une chronique. Un album que j’ai écouté doit être chroniqué. Je ne comprends pas ceux qui disent : ”je vais pas le faire, il est pas bon”. SI tu ne chroniques que ce que tu as aimé, tu n’auras que des bonnes notes. Et surtout c’est que tu estimes que ton goût te donne le droit de parler ou de ne pas parler d’un album. “J’ai aimé ! Son Altesse moi-même va donc en parler !”. “Je n’ai pas aimé, donc cet album n’existera paaaaaas, rahahahahahah.”
3. Objectif et subjectif. Et donc ne pas chroniquer un album qu’on n’a pas aimé c’est montrer trop de subjectivité, et lui donner trop d’importance. On demande toujours au chroniqueur si “c’est possible d’être objectif ?”. Ou alors on discutaille de la valeur subjective d’un écrit. Comme si les deux n’étaient pas conciliables... Une chronique doit être composée de plusieurs parties : ce qui est objectif, et ce qui est subjectif. L’objectif, c’est tout le côté informel, ce qui est en rapport avec la réalité. “Il y a du clavier”, “la thématique est l’occultisme”, “Le chanteur utilise un chant raclé”. Et ensuite le subjectif est nécessaire pour que le lecteur qui te connaît sache s’il pourra être concerné par l’album dont tu parles. Attention, ça ne veut pas dire que le lecteur “aimera parce que le chroniqueur a aimé” ! Mais que s’il sait avoir des affinités avec toi, il sera curieux d’aller écouter. Ou au contraire, il sait que tes goûts et les siens sont généralement opposés, donc il sera tenté par un album que tu as déprécié.
4. Guider. C’est pour moi le maître-mot. Un chroniqueur a la tâche de guider le lecteur. Son opinion sera accessoire et permettra juste d’attirer, de faire une comparaison avec tes goûts, mais ce que devrait faire le chroniqueur, c’est présenter avant tout l’oeuvre pour qu’elle arrive auprès de son public. Tout album sera obligatoirement apprécié par quelqu’un, j’essaie de faire se rencontrer cet album et ce quelqu’un !
5. Noter avec un objectif. Du coup j’essaie de rappeler à quoi correspondent mes notes sur 10 données sur Thrashocore. Ce ne sont pas des valeurs ou indices de qualité de l’album. Ce sont des indications sur l’intérêt de l’album pour moi. Si je mets un 5/10, ça veut dire que je n’écouterai cet album que si je n’ai rien d’autre. Un 0/10, ça signifie qu’il va tout de suite être rangé dans un tiroir. Pas parce que c’est nul, mais parce que ça ne me concerne pas. Le contenu de la chronique pourait même avoir trouvé des qualités !
6. J’achète l’album soit à lavance, soit après. C’est pour moi important. Je ne suis pas devenu chroniqueur pour recevoir des albums gratuits, pour les réclamer aux groupes. Je suis toujours l’amateur de black qui veut soutenir les groupes. Que l’album soit bon ou pas, je l’ai écouté, encore et encore, c’est la moindre des choses de l’avoir ensuite dans la collection.

Ça fait quoi d'être Youtubeur comme Maxwell ?

Alors en fait je ne suis pas YouTubeur ! Maxwell si, parce qu’il en vit. Sakrifiss ne monétisera jamais ses vidéos,.donc c’est difficile de nous mettre dans la même catégorie. C’est comme s tu allais fair un jogging et que je te demandais ce que ça fait “d’être un sportif comme Teddy Riner. Ou alors ça peut avoir un sens un peu ironique soit moqueur pour l’une ou l’autre des parties. Comme si je te demandais Pierre : « ça fait quoi d’être un journaliste de metal... comme Philippe Manoeuvre ?». Une comparaison orientée, soit pour critiquer Manoeuvre, soit pour se moquer de l’appartenance gênante à un même milieu, soit pour insinuer que notre petite personne est encore loin de celle du « modèle ». Il y a beaucoup de gens qui parlent du metal sur YouTube. Et tu n’en as pas un seul sans audience. L’effectif n’est que secondaire, parce qu’en fait ça veut dire qu’ils répondent tous à une attente, plus ou moins forte. C’est comme les groupes de black metal. Tu as ceux qui attirent du monde et ceux qui en ont moins, mais si leur musique te plaît, tu ne te demandes pas combien il y a d’auditeurs. Lord Empuse, Read’em All et moi-même convenons à certains. Et c’était bien mon but aussi que de parler du lack tel que moi je le vis, tel que d’autres le vivent. Je le fais donc pour moi et ceux qui se plaignaient de ne pas retrouver ce qu’ils apprécient dans le black chez ceux qui en parlent sur YouTube. Cela ne veut pas dire que j’ai satisfait le monde entier qui n’attendait que ma venue, mais qu’une partie d’un groupe a trouvé chaussure à son pied. Voilà, nous sommes tous des pieds en fait, et nous n’avons pas tous besoin des mêmes pompes…





Quels ont été jusqu’ici, tes grands moments en tant que critique Metal ? Et tes plus grandes déceptions ?

 Là, je dois bien réfléchir à la manière d’expliquer ce que je veux dire… Parce que je n’estime pas avoir de « grands moments » ou de « déceptions »… Je suis trop compréhensif pour ça… Quand quelqu’un m’a promis de se filmer pour apparaître dans une de mes vidéos et que finalement il ne le fait pas… Bah tant pis, il a d’autres choses à faire et c’est tout à fait compréhensible. Ensuite je suis reconnaissant à celui qui le fait, mais je ne considère pas ça comme un moment de folie. C’est de la reconnaissance oui.

 Mais sinon, euh… oui peut-être que je pourrais parler d’un dossier que j’avais réalisé sur la scène black metal japonaise et qui était un petit événement parce qu’il était rempli d’interviews de groupes cultes, et des interviews que j’ai faites en japonais, ce qui a permis aux groupes de parler plus librement, plus à l’aise que lorsqu’ils le font avec un anglais qu’ils maîtrisent presque aussi mal que moi. Je crois que tous les groupes marquants ou presque du Japon y avaient participé. C’est à redécouvrir sur Thrashocore dans le dossier spécial Japon.

 Les déceptions, ce sont uniquement les groupes qui splittent alors qu’ils ont encore des choses à dire. Je suis orphelin à répétition à cause de WOODS OF INFINITY, HELLSAW, LUNAR AURORA , JUDAS ISCARIOT, NEHEMAH, DRAPSNATT, OBTAINED ENSLAVEMENT... Et c’est sans compter ceux que la mort a fauché pour telle ou telle raison, mais bon, ça dépasse la déception ça… MYSTIC FOREST, WINDIR, ENDLESS DISMAL MOAN, CELESTIAL BLOODSHED, LIFELOVER…



Tu préfères écrire ou faire des vidéos ?

Alors, avant, il y a le processus de réflexion de la vidéo. J’aime bien ça. Il y a plusieurs cas de figure :
a. J’ai envie de parler d’un groupe et du coup je vais me demander quelle thématique lui conviendrait. Pour faire simple je veux parler d’ENEPSIGOS, alors je me dis que je pourrais faire une spéciale « Les batteurs les plus occupés du Black Metal » vu que dedans il y a Gionata Potenti (alias Thorns) qui a joué pour BLUT AUS NORD, ACHERONTAS, MACABRE OMEN, GLORIOR BELLI, FROSTMOON ECLIPSE… Ou alors je fais carrément une spéciale autour de lui. Avec ENEPSIGOS je peux aussi partir sur le visuel et présenter « 5 groupes illustrés par Benjamin A. Vierling », et alors ce serait AOSOTH, NIGHTBRINGER, FYRNASK et CHRISTIAN MISTRESS qui complèteraient le tableau… C’est bien ça ! Si quelqu’un fait une spéciale « batteurs les plus occupés » ou spéciale « pochette dessinée par untel ou untel », tu es mon témoin et on lui criera que c’est un sale copiteur !!!
b. Un thème fort lié au black. Le BM a pas mal de thématique finalement. On a vu le loup, l’aigle, la forêt, le sperme… Il y en a encore à venir.
c. Un pays à explorer. Je suis un peu moins fan, mais c’est pratique pour parler de groupes qui ne rentrent pas dans certaines thématiques. C’est la facilité. Spéciale « Japon », « Grèce »…
d. Une des séries que j’ai entamées. Il y a les BM Awards tous les ans, mais aussi ma collection une ou deux fois par an, et puis « le top de… » qui laisse la parole à 4 ou 5 personnes par vidéo pour qu’il nous fasse part de ce qui l’a marqué. J’aime bien parce que ce n’est pas le mélange du top de tout le monde comme c’est souvent le cas sur YouTube, ni le top du gars qui fait sa vidéo. C’est le top tel qu’on le trouve dans les magazines, ou dans tes interviews aussi. Celui qui permet de découvrir une opinion, un point de vue !

Ensuite, le thème choisi l’écriture commence. Bon. Ça ne prend pas tant de temps que ça, c’est assez naturel, mais il y a parfois une part de préparation. Après je me filme. Une seule prise. Toujours une seule prise. On va pas se casser le cul à refaire encore et encore des prises hein. Donc aucun cut. Par contre je vieillis l’image au montage, avant de l’envoyer à mon cher Sagamore. Lui il fait le plus chiant : me regarder. Et le montage bien entendu. Il ajoute la musique, il met le générique, il écrit les noms de groupe et tout et tout. C’est lui qui travaille en fait.



Peux tu nous lâcher un ou deux scoops sur ta prochaine vidéo ?

Ce sera peut-être sorti au moment où cette discussion sortira, mais j’ai l’intention de présenter « mes pépites méconnues ». Et puis il y aura un spécial French Black Metal qui s’amusera à déterminer le plus gros connard de notre scène. Mais de manière affectueuse bien entendu.


Comment vis tu dans le privé ? Cadre sup avec une famille qui écoute du Black Metal en cachette, ou plutôt Black Metalleux qui vit dans une grotte ?

Sakrifiss est ma vie dans le privé. Tout le reste est en arrière plan. Je ne suis pas du tout actif socialement. Je le dis à nouveau, moi je suis un observateur. Je me suis créé l’environnement qui était nécessaire pour être libre de vivre cette vie. J’ai un emploi que j’ai choisi, un style de vie que j’ai choisi, le pays que j’ai choisi. Et surtout l’emploi, le style de vie et le pays qui me permettent de me concentrer sur le black metal. Quand j’étais au lycée, un prof a dit un jour « Vous rigolez bien en classe, mais moi aussi je rigole tout le temps. Parce que j’ai fait ce qu’il fallait pour qu’une fois adulte je puisse rigoler. ». C’est très simple et évident, mais j’ai compris qu’aujourd’hui prépare demain. J’ai fait les Sakrifiss qui m’ont donné la liberté.


Toi, qui, comme moi, a une certaine “expérience” derrière lui, comment vois-tu le Black Metal en 2020 ?

Il continue de vivre avec de nouveaux groupes qui perpétuent la tradition. D’anciennes formations continuent aussi leur travail, et finalement il brûle toujours autant. Ceux qui  critiquent le black en 2020 avouent aussi généralement qu’ils n’en écoutent plus, ou alors qu’ils n’écoutent que les vieux albums. Donc je suis surpris qu’ils sachent que ce qu’ils n’écoutent pas est mauvais… sans l’écouter.
Ce qui me manque un peu c’est une nouvelle tendance. On a eu l’apparition de beaucoup de branches, que ce soit le sympho, le dépressif, le pagan, et le plus récemment le post BM, mais ça commence justement à tarder. Il y a pourtant des pistes, avec des groupes qui trouvent une particularité, mais il y a moins de suiveurs des nouvelles tendances. On aurait pu avoir du Cowboy Black Metal, du Canne à sucre BM, ou encore du Satanic Pop Black Metal, mais la brèche n’a pas été agrandie. Ce n’est pas gênant ? On a assez de branches pour l’instant ? Oui, mais bon, ça marque des périodes aussi les tendances, ça me permet d’avoir des dates et des générations à l’esprit…  

Peut on imaginer Sakrifiss sortir un bouquin, un album ? Les deux ?

Un bouquin, il faudrait que ce soit pas pour me la ramener. Tu ne trouveras pas un livre dans lequel je raconte l’histoire du black, ou si dans le black il vaut mieux porter un slip kangourou ou un string. Il faudrait que cela fasse sens. J’ai une idée derrière la tête, mais il faudrait aussi que soit ce soit gratuit, soit que les bénéfices soient versés aux véritables acteurs du black metal. Je ne veux pas me faire de l’argent avec le black metal. Jamais et pour toujours.
L’album est envisageable, avec ENTERRE VIVANT. Encore quelques pistes et on est bons… Et ensuite on fera la tournée mondiale.


Tu as quelque chose à ajouter ?

Je te malmercie d’abord, c’est le moment pour.
Le black metal permet d’accompagner l’âme. J’en entends beaucoup critiquer le milieu. Ils sont trop dans le côté humain. Le black metal n’a rien à voir avec les relations humaines qu’il peut entraîner. Ça n’est pas la faute du black metal si tu vas trop sur FB et que tu te frittes avec un individu qui a une attitude qui ne te convient pas. Cette personne n’existe pas si tu ne vas pas voir FB. Tout ce qui te semble exister existe par ta faute. On me demande si je ne suis pas blasé par la place du black metal devenu trop accessible. Il ne l’est pas puisque j’ai un entourage limité, et qu’en plus il ne connaît pas le black metal. Va faire du golf, va regarder Oui-Oui à la télé, tu verras que le black metal n’est pas surreprésenté. Tu es responsable de cette impression. Comme si je reprochais qu’il n’y ait que des filles asiatiques autour de moi ! Oui, bah c’est parce que j’ai choisi cet environnement.
Aussi, il ne faut pas dire que le black sympho est de retour parce que VARGRAV a percé en 2018. Il continuait d’exister mais il n’était pas mis en valeur. Les recherches permettent de s’en rendre compte, mais beaucoup se limitent à ce qui leur arrive directement dans la bouche. Ce qui n’est pas grave, mais dans ce cas-là il ne faut pas trop faire des déclarations fausses… En 2016 et 2017 - et donc avant VARGRAV - plus de 100 albums de black symphoniques sont sortis…
Et puis je profite de ta connivence avec Metallian pour en parler. Le magazine a accompagné mes débuts, comme pour beaucoup de jeunes des années 90. Je me sens redevable envers lui, et je te confie la tâche d’aller lui proposer les sévices de Sakrifiss pour une vidéo spéciale tous les trois mois sur leur site dans laquelle Sakrifiss reviendra sur le numéro daté d’il y a tout juste 20 ans. Voilà, ils vont sûrement me jeter même si c’est une participation bénévole que je propose, mais ça fait un moment que je pensais à ça, rahahahaha. Et s’ils refusent, bah je garde le concept pour ma chaîne, ouin ouin.

Voilà, je m’arrête là ! Malut Pierre !


INTERVIEW WITH SAKRIFISS DE TRANSYLVANIE

"Little Sakrifiss dreamed of justice and equality. I've always been attracted to good. I was brought up to respect others, not to be selfish, to have morals. And that's what led me to black metal of course"

Sakrifiss De Transylvanie


Finally, Internet has some good stuff...Yes, without this network gizmo and ugly pipes you wouldn't have known Sakrifiss, this Black Metal fan who gives us pleasure (mmmmmh) on Youtube with his instructive and hilarious videos on Black Metal and his reviews on the webzine Thrashocore...Thanks to him for playing the game of the Scribe's "rock critical" interview !


Hello Dear Sakrifiss...What led you, in your passion for metal, to choose journalistic writing ? Then the video on Youtube ?

Hello, this is Sakrifiss, from Thrashocore. I hope it's alright... not too good. You start the interview without asking me to introduce myself, as if everybody knows me, so I'm flattered. And yet look! There's someone out there with round eyes who seems to be wondering who I am! I'm Sakrifiss, an ordinary black metal lover who found himself slowly, and naturally, writing reviews and then making videos about his passion, about the thread of his life. I've been immersed in this world for about 25 years now. At first I was very independent and alone in my musical discoveries, since in the 90s I didn't have anyone in my entourage who appreciated the BM. Then in 1999 I came to Japan to continue my studies and I had access to the Internet daily for the first time. That's when I became Sakrifiss on the sites that demanded pseudonyms, and in 2002 I registered on VS Webzine. I had no desire to write at that time, I still only had a few years of experience in the black world, and I even thought, rightly so, that Uriel and Prince de Lu were much more erudite and good storytellers than I could have been. It didn't even occur to me to write. However, VS had a Remember section and I don't know why I tried to talk about a band that was celebrating the 10th anniversary of its cult album: MEPHISTOPHELES with Landscape Symphonies. So it was in 2007 and it was my first review. It's also the year I moved from this site / forum to another one, more dedicated to black metal, and to my desires at the time, namely Postchrist. There, there was a band dynamic, a very strong desire to share between demanding fans, and it was a challenge to start writing reviews there. Our objective on this site was to be complete, to be able to cover as many outings as possible between all of us. The euphoria was very strong. But after a few years, some worries appeared and there were even dissensions between some members. After a while, I also felt a certain frustration to write only for a readership that was already very knowledgeable. I didn't feel that I was helping the bands in their promotion, and even if it sounds a bit pretentious, I wanted to put my knowledge accumulated over the years to the benefit of the scene. I didn't feel like a musician, I was satisfied to be just a listener, but if I could also help to make the link between the artists and the audience, I would have felt more useful. And let's be honest, writing reviews has always helped me to listen to my albums more attentively. When I had to write about an album, I had to look for the history of the band, the career of its members, the themes it dealt with. And not to judge as I could have done otherwise than just listening to their music over two or three listenings. And that's why I'm still reviewing about 8 albums a month now... But I've been on Thrashocore since 2012, to reach a more varied audience, who might have needed my experience and knowledge. And I started making videos to basically reach yet another audience, which I wanted to raise awareness about reading Thashocore. I was aware that today's generations were going directly through YouTube or other social networks, and less through webzines. A video could make people want to find out more about an album I'd been talking about. This format lasted the time of 5 or 6 videos, my first ones. And then I evolved to address certain themes necessarily linked to black metal music...



What's your background? What did little Sakrifiss dream about?

My musical background wasn't very complicated. I had a group of friends in high school who listened to anything that sounded "fun". The GUNS N'ROSES, NOFX, RAGE AGAINST THE MACHINE. I was more of a trendsetter. But our musical paths diverged slightly. I used to go to record stores a lot and that's where I did my musical culture. At that time, you could listen to whatever you wanted in the shops by asking for a terminal and presenting the album that intrigued you. I became a fan of IRON MAIDEN, GWAR, MEGADETH, MANOWAR, PARADISE LOST, IN FLAMES, ANGRA. I listened to everything at that time, and I wanted to try everything from the hard-rock departments of FNAC or Virgin. So I bought OBITUARY, SLAYER, HELLOWEEN, FEAR FACTORY, MARILYN MANSON, KORN... Some of them even after having discovered black metal. And besides I discovered it a little too late. In '96 with CRADLE OF FILTH. Again it was in a record shop, and listening to it was a revelation. I remember thinking: "This is what I've been waiting for all my life without knowing it!". I immediately dug into the style, and gradually opened myself to more "representative" black metal. It actually took me a while to appreciate what didn't have a keyboard. I caught up gradually, and that's why it took me a long time to be able to write about the style. I didn't have the basics and I didn't want to be one of those people who talk and pretend to know. I wanted to be legitimate. Legitimacy is important, and I didn't have it when I started.
Little Sakrifiss dreamed of justice and equality. I've always been attracted to the good. I was brought up to respect others, not to be selfish, to have morals. And that's what led me to black metal of course. Because our society doesn't have those qualities. Which wouldn't be a problem if it didn't pretend to have them. I was surprised very early on by everyone's front actions and words. People were liars, deceitful, corrupt. They make themselves look good, they have the right speeches, they always talk about what should be done, and finally they will hate the ugly one, they will break their promises, they will do everything to destroy the one that doesn't suit them.
I looked around a lot, and I was disappointed. So I had an attraction for the abyss. If the light was wrong, maybe the darkness was wrong too! So maybe there was more hope, and salvation in what was darker in appearance. Black metal gave me the impression of truth, freedom, sincerity. We're ugly, we assume it. We have flaws, we use them as qualities...

sakrifiss de transylvanie

What is your vision of the backdrop? How do you see the "middle" of Metal (and especially Black)? It must be less fun backstage, right?
Aren't there people you want to slap sometimes?

I'm not really part of backstage. I'm an observer, a contemplator. Those who are backstage are the musicians themselves, those who really surround them, even the audience and the columnists who sneak in. I'm barely in the corridor. I live in Japan, I still don't have anyone around me who listens to this style, or even knows it. In fact, I apply what I preach, and limit my private life to contact with others. I will be told that I have a lot of contact via the Internet. Yes, because on the Internet you can keep control. Because there you answer when you want, you answer if you want. You have time to think, to think, to react. Some people would like to meet me and discuss with me, I would be extremely disappointing, because I lack the desire to discuss, and then to spread out as well, no doubt. So I've taken the ideal distances that prevent me from becoming jaded, from finding myself in a possibly unpleasant "musical scene". For me, black music is for the most part something that I experience alone, so I don't look for social links in particular. I just repeat that the Internet allows my misanthropic side to express itself while being able to avoid tedious face-to-face communication.
I have a rather impressive perspective since I've been living in Japan. 20 years in the country have allowed me to acquire an anti-feeling shield, rahahaahahaah. So, no, I don't want to slap anyone in the middle. Everyone always has reasons to act the way they act, and I'm not in a position to judge. I don't have the weakness to feel concerned or hurt by the actions of others. For example, you will sometimes see very negative comments under my videos, but I completely understand. Even insults just slip out at me. In Japan we don't understand insults like "Go fuck your mother" or "Big fool", since we have no reason to go and fuck our mother or put on a bell hat. French insults are even more ridiculous than anything else. As a result, the Japanese tend to criticize the looks, or the character... real things that hurt more, because they are true. "Bald," "Skinflint," "Fat," or "Ugly." But then again, as far as I'm concerned, reality can't hurt me either. Rest assured, I won't slap anyone. I'll stay out of the way, I'll stay observant. I'm fine where I am.


You are also making music... Is it an old dream you're having or a "side" to Thrashocore and your channel?

Then it's true that it's taking more and more these days. It's really very recently that I got into music because I've always considered that everyone should be in his place. I didn't have anything to offer that would allow me to try my hand at music. I'm a big loser who can't hold an instrument. But I've had a few encounters over the past few years which naturally led me to try. Some proposals that titillated me and convinced me. It started with Nym, a professional guitarist who doesn't play black guitar but who was seduced by Satan. We made a band called LA FAIM D'ETANG, and the principle was to insert "song" into the black. We'll surely continue, at our own pace. And more recently the musician ERROIAK and I created LIVING ENTERRE. And we're going fast. So far, we've done 4 songs, even if only two have been put online. He's very talented and he has the madness to allow me to add my voice on his compositions, where I want, and with the timbre I want. So there are some interesting surprises. We're planning to release an album, we're very ambitious. We even hope to sell about ten of them. You'll take one, I hope.



If you had to describe the highlights of an editorial staff such as Thrashocore, by month, by year?

It will be very short to describe. It's simple because I go there, I say what I would like to review, if nobody is already on this album I do my review and then, twice a week on average I write my little paper. I'm almost frustrated not to have more things to say. It's a free webzine, in which there's no homework. You column what you want, when you want. You can even make spelling mistakes without stress, there's a topic in the forum that allows the team to correct other people's mistakes. So I don't even need a dictionary, I just wait for someone to tell me what I wrote wrong.


I heard that you live with the Geishas...Do you have a membership card with them? What made you decide to leave?

As I was saying, I found my environment in Francce to be hypocritical, but also very selfish... Japan has a lot of hypocrisy, but it manifests itself in an invisible sphere. Kindness may not be innate in Japan either, but it is de rigueur. When I was a teenager, I believed that Japan was more civilized and closer to my character than France. So I started to study the language in 1996, and one thing led to another and got into the game. I have been living there without interruption since 2001, after a year of study in 1999. And finally, yes, Japan is more civilized, and always closer to my mind than the France I knew. Not having lived an adult life in France, I'm not very objective either. But when I see women walking alone at midnight without being afraid of anything, when I see young people putting their big wallets in their back jeans pockets, when I see schoolboys who are sevitable, I tell myself that I'm better off here. Even if in the end I always stay away, in my role as an observer...


Do you have a rock journalist, Metal in particular, who has been a model, a mentor, or has simply triggered the desire to do what they say is "the same job as him"?

No more than that. I have memories of columnists that I read, who impressed me with their knowledge. Uriel on VS Webzine in 2002-2003, and then the Prince de Lu always on the same site. But they didn't make me want to write. It's of course Posthrist that the desire came, among other things thanks to the spirit that dreamed of it, and the will of all to make a solid, complete site on black metal. I was also following a blogger a long time ago, but I forgot his name even though I think he was a Ramon... He was posting on his blog one column a day, and things I couldn't see anywhere else. He marked me yes, but he stopped overnight because he was "fed up with his writings being copied and copied elsewhere". I'd love to reread what he was doing, but since I'm not even sure his name was Ramon anymore... If anyone understands who I'm talking about, help!!!

What do you think a good review is? What is a good Metal critic?
A good review... I can only tell you what my personal requirements are. What I think it's important to respect personally when I write a review:
1. First of all, I don't refuse anything in the black. Whatever the style of black I want to be able to talk about it. I'm not going to refuse so-and-so because he's NS, or because he's on a big label, or because he uses the harp...
2. I'm not giving up a column. An album I've listened to needs to be reviewed. I don't understand people who say: "I'm not going to do it, it's not good". If you only review what you liked, you'll only get good grades. And above all, it's because you feel that your taste gives you the right to talk or not talk about an album. "I liked it! His Highness myself will talk about it!". "I didn't like it, so this album won't exist, rahahahahahah."
3. Objective and subjective. And so not to review an album you didn't like is to show too much subjectivity, and to give it too much importance. We always ask the reviewer if "it's possible to be objective". Or we discuss the subjective value of a piece of writing. As if the two were not reconcilable... A chronicle must be composed of several parts: what is objective and what is subjective. The objective is the informal side, which is related to reality. "There's a keyboard", "the theme is occultism", "The singer uses a scraped song". And then the subjective is necessary so that the reader who knows you will know if he can be concerned by the album you're talking about. Careful, that doesn't mean the reader "will like it because the reviewer liked it"! But that if he knows he has affinities with you, he will be curious to go and listen. Or, on the contrary, he knows that your tastes and his are generally opposed, so he will be tempted by an album that you have belittled.
4. Guide. That's the key word for me. A columnist has the task of guiding the reader. His or her opinion will be incidental and will just help to attract, to make a comparison with your tastes, but what the reviewer should do is to present the work first and foremost so that it reaches its audience. Every album will necessarily be appreciated by someone, I try to make this album and this someone meet!
5. Note with an objective. So I try to remember what my notes correspond to out of 10 data on Thrashocore. They are not values or indices of the album's quality. They are indications of the album's interest for me. If I put a 5/10, it means that I will only listen to this album if I don't have anything else. A 0/10 means that it will be put in a drawer right away. Not because it sucks, but because it doesn't concern me. It might even have found some qualities!
6. I buy the album either before or after. It's important to me. I didn't become a columnist to get free albums, to ask for them from bands. I'm still the black fan who wants to support the bands. Whether the album is good or not, I've listened to it over and over again, it's the least I can do to have it in the collection afterwards.


How does it feel to be a YouTubeer like Maxwell?

So I'm actually not YouTubber! Maxwell is, because he lives off it. Sakrifiss will never monetize his videos, so it's hard to put us in the same category. It's like you go for a jog and I ask you what it's like to be a jock like Teddy Riner. Or it could be a little ironic or mocking for either party. As if I was asking you Pierre: "what's it like to be a metal journalist... like Philippe Manoeuvre?". A directed comparison, either to criticize Manoeuvre, or to make fun of the embarrassing belonging to the same milieu, or to insinuate that our little person is still far from the "model". There are a lot of people talking about metal on YouTube. And you don't have one without an audience. The audience is only secondary, because in fact it means that they all respond to an expectation, more or less strong. It's like black metal bands. You have the ones that attract people and the ones that don't, but if you like their music, you don't wonder how many people are listening. Lord Empuse, Read 'em All and I suit some people. And it was also my purpose to talk about lack as I live it, as others live it. So I do it for me and for those who complained about not finding what they appreciate in the black in those who talk about it on YouTube. This doesn't mean that I satisfied the whole world that was just waiting for me to come, but that part of a band found the right shoe. Here we are, we are all feet in fact, and we don't all need the same shoes?





What have been so far, your great moments as a Metal critic ? And your biggest disappointments?

 Well, I have to think about how to explain what I mean... Because I don't think I have any "great moments" or "disappointments"... I'm too understanding for that... When someone promised to film himself to appear in one of my videos and then he doesn't... Well, he has other things to do and it's quite understandable. Then I'm grateful to whoever does it, but I don't consider it a moment of madness. It's gratitude, yes.

 But if not, uh... yes maybe I could talk about a dossier I made on the Japanese black metal scene which was a small event because it was full of interviews of cult bands, and interviews I did in Japanese, which allowed bands to speak more freely, more comfortable than when they do it with an English they master almost as badly as me. I think almost every major band in Japan had participated. You can rediscover it on Thrashocore in the special Japan feature.

 The disappointments are only the bands that break up while they still have things to say. I am repeatedly orphaned because of WOODS OF INFINITY, HELLSAW, LUNAR AURORA , JUDAS ISCARIOT, NEHEMAH, DRAPSNATT, OBTAINED ENSLAVEMENT... And that's without counting those who died for this or that reason, but well, it's beyond disappointment... MYSTIC FOREST, WINDIR, ENDLESS DISMAL MOAN, CELESTIAL BLOODSHED, LIFELOVER...


Do you prefer to write or make videos?

Well, first there is the process of thinking about the video. I like that. There are several scenarios:
a. I want to talk about a group and then I'll ask myself which theme would suit it. To make it simple, I want to talk about ENEPSIGOS, so I'm thinking I could do a special "The busiest drummers in Black Metal" since it features Gionata Potenti (alias Thorns) who played for BLUT AUS NORD, ACHERONTAS, MACABRE OMEN, GLORIOR BELLI, FROSTMOON ECLIPSE... Or I'll do a special around him. With ENEPSIGOS I can also go on the visual and present "5 groups illustrated by Benjamin A.". Vierling ", and then it would be AOSOTH, NIGHTBRINGER, FYRNASK and CHRISTIAN MISTRESS who would complete the picture... That's right ! If someone makes a special "Busiest Drummer" or "So-and-so's cover" special, you're my witness and we'll shout that he's a dirty copycat !!!
b. A strong black theme. The BM has a lot of themes after all. We've seen the wolf, the eagle, the forest, sperm... There's more to come.
c. A country to explore. I'm a bit less of a fan, but it's useful to talk about groups that don't fit into certain themes. That's the easy part. Special "Japan", "Greece"...
d. One of the series I started. There are the BM Awards every year, but also my collection once or twice a year, and then "le top de..." which lets 4 or 5 people speak per video to tell us what has marked it. I like it because it's not the mix of the top of everyone as it is often the case on YouTube, nor the top of the guy who makes his video. It's the top as it's found in magazines, or in your interviews as well. The one that allows you to discover an opinion, a point of view!

Then, the writing begins. All right, then. It doesn't take that much time, it's quite natural, but sometimes there's a bit of preparation. Then I film myself. Just one take. Always one take. We're not going to bust our asses doing more and more takes, are we? So no cuts. On the other hand, I age the image in the editing, before sending it to my dear Sagamore. He does the most annoying thing : looking at me. And the editing of course. He adds the music, he puts the credits, he writes the band names and everything. He's the one who actually does the work.


Can you give us a scoop or two on your next video ?

It might be out by the time this discussion comes out, but I intend to present "my unsung nuggets". And then there will be a French Black Metal special that will have fun figuring out the biggest asshole on our scene. But in an affectionate way of course.


How do you live in private ? Executive with a family who listens to Black Metal in secret, or rather Black Metalleux who lives in a cave ?

Sakrifiss is my private life. Everything else is in the background. I'm not socially active at all. I'll say it again, I'm an observer. I created the environment for myself that was necessary to be free to live this life. I have a job that I chose, a lifestyle that I chose, the country that I chose. And above all the job, the lifestyle and the country that allows me to focus on black metal. When I was in high school, a teacher once said, "You have a good laugh in class, but I have a good laugh all the time. Because I did what I had to do so that when I grew up I could laugh. ». It's very simple and obvious, but I understood that today prepares for tomorrow. I did the Sakrifiss that gave me my freedom.


You, who, like me, has a certain "experience" behind him, how do you see Black Metal in 2020?

It continues to live with new bands that carry on the tradition. Old bands also continue their work, and in the end it still burns. Those who criticize black metal in 2020 also generally admit that they don't listen to it anymore, or they only listen to old albums. So I'm surprised that they know that what they don't listen to is bad... without listening to it.
What I kind of miss is a new trend. We've had a lot of branches, whether it's the symphony, the depressive, the pagan, and most recently the post BM, but it's just starting to take off. There are still some tracks, with bands that find a particularity, but there are less followers of the new trends. We could have had Cowboy Black Metal, Canne à sucre BM, or Satanic Pop Black Metal, but the gap hasn't been widened. Isn't that embarrassing? Do we have enough branches for now? Yes, but hey, it marks periods as well as trends, it allows me to have dates and generations in mind?  


Can we imagine Sakrifiss releasing a book, an album ? Both?

A book, it wouldn't have to be to bring it back to me. You won't find a book in which I tell the story of the black man, or if in the black man it's better to wear kangaroo briefs or a thong. It would have to make sense. I have an idea in the back of my mind, but it should also be either free or the profits should go to the real black metal actors. I don't want to make money from black metal. Never and forever.
The album is possible, with LIVING ENTERTAINMENT. Just a few more tracks and we're good... And then we'll tour the world.


Do you have something to add ?

I'd like to thank you first of all, it's time to.
Black metal is a way to go with the soul. I hear a lot of criticism from the scene. They're too much on the human side. Black metal has nothing to do with the human relationships it can lead to. It's not the fault of black metal if you go too much on FB and you get into a fight with someone who has an attitude that doesn't suit you. That person doesn't exist if you don't go to FB. Everything that you think exists exists because of you. People ask me if I'm not jaded by the place of black metal which has become too accessible. He is not, since I have a limited entourage, and he doesn't know black metal. Go play golf, go watch Yes Yes on TV, you'll see that black metal is not over-represented. You're responsible for that impression. As if I blame it on the fact that there are only Asian girls around! Yeah, well, that's because I chose this environment.
Also, don't say that the black symphony is back because VARGRAV broke through in 2018. It continued to exist but it was not highlighted. Research shows this, but many are limited to what happens to them directly in their mouths. In 2016 and 2017 - and therefore before VARGRAV - more than 100 black symphonic albums were released....
Besides, I'm taking advantage of your collusion with Metallian to talk about it. The magazine accompanied my debut, as it did for a lot of young people in the '90s. I feel indebted to it, and I entrust you with the task of going to it to propose Sakrifiss' abuses for a special video every three months on their site in which Sakrifiss will return to the issue dated just 20 years ago. There, they'll probably throw me out even if I volunteer, but I've been thinking about it for a while, rahahahahahahaha. And if they refuse, well, I'll keep the concept for my channel, boo-hoo.

That's it, I'm done! Malut Pierre !





ÉPISODES PRÉCÉDENTS DE "DIS MONSIEUR DESSINE MOI UN ROCK CRITIC :






Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

INTERVIEW AVEC FAMINE DE KPN DEPUIS KIEV

Du Porno, du Grind et de la déconne ? Interview de GRONIBARD !!!

Dark Dandy : Une interview avec Rose Hreidmarr (ANOREXIA NERVOSA/BAISE MA HACHE)